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Elle déboule sur le rooftop de l’hôtel Aston, à Nice, longue silhouette élancée. Et s’empare de la commande des rafraîchissements avec une énergie digne du commandant de gendarmerie Lea Soler… Personnage qu’elle incarnait dans la série policière « Tandem », diffusée sur France 3 de mars 2016 à janvier 2024.
A Nice, Astrid Veillon se sent dans son élément: «  Je suis déjà venue au Festival des mots, notamment pour lire des extraits d’un livre de Raoul Mille », rembobine la comédienne. « Ce sont des moments que j’apprécie beaucoup, parce qu’ils se déroulent dans des lieux retirés, des villages absolument sublimes. J’ai une véritable affection pour Nice et le pays niçois. Où j’aurais adoré pouvoir présenter ma pièce, mais ça n’a pas pu se faire, faute de théâtre disponible. »
La première fois qu’elle a foulé les pavés de la cité de Garibaldi, c’était en 2008, pour présenter, au Festival du livre, son premier roman, « Pourras-tu me pardonner? » (Plon), sur le thème de la quête d’identité. Car, non contente d’avoir manié le revolver lorsqu’elle endossait l’uniforme de Lea Soler, Astrid Veillon possède aussi une plume affûtée.
Dans ses romans, l’autrice nous embarque parfois dans un torrent d’émotions, comme elle l’a fait encore avec « Pourquoi nous? », sorti en 2021 (Plon également). Porté par le personnage de Lucy, une femme libre, comme celle qu’elle aspire à devenir.
« Lors du Festival du livre de Nice, en 2008, j’ai fait la connaissance de Raoul Mille(1), une belle rencontre. Il m’a invitée à rejoindre un programme de lutte contre l’illettrisme dans certains quartiers. Une aventure extraordinaire », poursuit Astrid Veillon, régulièrement intervenue depuis dans des établissements scolaires.
« À propos d’école, ajoute cette femme de convictions il y a un film que j’ai adoré cette année, ‘‘Amal: un esprit libre’’. Une prof de français dans un lycée belge, qui a dans sa classe une élève musulmane et homosexuelle qui subit le harcèlement des autres. Vis-à-vis de ça, elle leur fait étudier un poète musulman et homosexuel… Un film d’une intelligence inouïe. »
Et comment Astrid Veillon est-elle arrivée à l’écriture? Une question d’opportunité, explique-t-elle. « J’étais à un mariage en 2003. On était une bande de copines comédiennes, en pleine discussion autour du fait qu’il n’y avait pas assez de comédies pour les filles. La maman de l’une d’elles nous dit: ‘‘Arrêtez de vous plaindre, écrivez!’’ J’ai foncé. Je n’ai pas peur de l’échec, donc j’y vais. Si je me plante, je m’en relève. »
C’est ainsi qu’Astrid s’est lancée dans l’écriture d’une pièce de théâtre, intitulée « La salle de bains ». Traitant du mal-être des trentenaires belles et intelligentes mais célibataires. Un carton. Elle écrit dans la foulée un premier roman. Puis un deuxième, « Neuf mois dans la vie d’une femme », en phase avec son vécu puisqu’elle était enceinte à ce moment-là. Un bouleversement: « L’arrivée de Jules, il y a quatorze ans, ça a été le premier jour du reste de ma vie. Il y a eu un avant et un après. En tant qu’acteur on est parfois très autocentré. Tout s’est déplacé! On ne nous apprend pas à être parent, ce sont les enfants qui nous apprennent tout. Mon fils m’a ouvert les yeux sur l’amour, le vrai. »
Des étoiles plein les yeux, elle enchaîne : « Jules m’a appris le don de soi. Cet amour pour lequel on pourrait tuer. Quand il a mal, j’ai mal. Et réciproquement. Il est ma priorité. Et à côté de ça, je lui pose des règles, des limites. Mais aujourd’hui, il m’en remercie. »
A propos d’enfance encore, elle se souvient ainsi de sa vocation de comédienne: « A trois ans, je voulais être une star! Sans doute par besoin d’attention, d’être aimée, d’être reconnue. Mes parents étaient séparés, j’avais deux prénoms, je jouais à être Astrid le week-end, Julie la semaine. Et au fil du temps, c’est la comédie qui s’est imposée à moi. Mais c’était un rêve d’enfant, je suis née avec ça. »
Et de nous révéler : « J’ai eu des traumas, ma mère est partie à Tahiti faire sa vie avec ses enfants l’année de ma Terminale. Mais ces traumas m’ont ouvert tellement de portes qu’à l’arrivée c’est positif. Lorsqu’on est sur le bon chemin, la vie vous ouvre les bras. »
A 52 ans, fière d’avoir réussi à faire le métier qu’elle aime, Astrid Veillon est résolue à vivre davantage pour elle. Selon ses envies: « Ne pas avoir eu une carrière au cinéma m’a permis de développer l’écriture, livres et scenari, la photo, je prépare ma deuxième exposition, et la réalisation. Je brûle d’approfondir tout ça. »
1. L’écrivain et journaliste Raoul Mille disparu en 2012, dont la bibliothèque municipale de la Gare du Sud à Nice porte le nom, fut, à partir de 2008, membre du conseil municipal de Nice, délégué à la Culture, à la Littérature, à la Lutte contre l’Illettrisme et à l’Histoire.
Astrid Veillon sera bientôt en tournée avec « Et si on en parlait? »: « Le personnage que je joue, Loulou, ne veut pas fêter ses 50 ans. Ses copines ont décidé de lui faire malgré tout la surprise de se réunir autour d’elle», présente la comédienne, également autrice de cette nouvelle pièce, mise en scène par Anne Bourgeois. «Et ça va être la soirée des révélations, de l’introspection. Le thème central: ce sont les femmes de cet âge en 2024. Pourquoi on reste, pourquoi on part, pourquoi on trompe, est-ce qu’on est plus heureuses que nos grands-mères? C’est sur le ton de la comédie, mais assorti d’une réflexion. Ce n’est pas une pièce féministe, c’est une pièce féminine, qui je l’espère fera du bien aux femmes. Qui soulève des thèmes comme la ménopause, sujet de moins en moins tabou, mais on ne prépare pas les femmes à un tel changement. Je joue avec Léa François, Valérie Borrens, Christine Lemler et Célia Mocydlarz. »
« Et si on en parlait? » À La Ciotat le 3 octobre, à Aix-en-Provence les 17, 18 et 19 mars, à Saint-Raphaël le 25 avril, à Sanary le 26 avril, à Fréjus le 1er juillet et à Carqueiranne le 21 août (2025).
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