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Voici une erreur que font désormais beaucoup d'acheteurs pour leur premier achat immobilier, selon ces experts Quand on achète son premier bien, on rêve qu’il soit parfait. Une attente légitime, qui peut pourtant mener à l’une des erreurs les plus courantes, selon les professionnels interrogés par Le Figaro Immobilier.
Tout est parfait. Le bien est baigné de lumière, la cuisine est refaite à neuf, la décoration est tout droit sortie des réseaux sociaux. Il n'en faut pas plus pour créer le coup de cœur. Mais, selon les professionnels interrogés par Le Figaro Immobilier, c'est précisément là que commence l'erreur. "Souvent, le coup de cœur chez les primo-accédants vient lorsque le bien est moderne", remarque Giulia Dupuis, gérante de l'agence Guy Hoquet sur le bassin d'Arcachon.
"Récemment j'ai fait visiter à une jeune femme de 23 ans des biens dans le bassin d'Arcachon, raconte la gérante. Elle était accompagnée de sa mère, qui avait déjà acheté plusieurs biens. La mère a adoré un appartement moins moderne mais avec deux chambres et situé proche des commerces, à 225 000 euros pour 60 mètres carrés. En revanche, la jeune femme a préféré celui qui n'avait qu'une seule chambre, aucune commodité proche et d'une superficie de 45 mètres carrés pour 220 000 euros. Mais c'était l'appartement d'Instagram, tout frais, tout beau, tout neuf."
Les professionnels sont unanimes : séduits par le coup de cœur immédiat, les primo-accédants oublient souvent de projeter leur achat sur le long terme. "Parfois il faut prendre du recul et bien se renseigner sur l'immeuble et sur l'environnement et presque déjà penser à la revente", conseille Fabien Court, responsable du développement des agences Orpi. Aveuglée par son coup de cœur, la cliente de Giulia Dupuis a, à l'inverse, fait l'impasse sur son évolution de vie. "Finalement, elle a acheté le plus beau bien mais elle ne pourra pas y rester des années", estime la gérante. À 23 ans, sa vie est en effet susceptible d'évoluer rapidement : une vie de couple, l'envie, peut-être, d'avoir des enfants ou encore une mutation professionnelle. "Avec l'âge, on a aussi besoin de plus en plus de confort et peut-être qu'un jour cette cliente aura besoin d'un garage ou encore d'un cellier."
Au-delà du projet de vie, les primo-accédants sont souvent si aveuglés par leur coup de cœur qu'ils en oublient le coût global du projet, note les professionnels. "Souvent, ils pensent uniquement au montant affiché. Si le prix d'un bien est celui de leur budget total, ils se disent qu'ils peuvent le visiter. Mais ils oublient les frais de notaire, les frais bancaires, la taxe foncière, les charges de copropriété… Ce sont des choses qu'il faut prendre en compte", alerte la gérante de l'agence Guy Hoquet.

Dans cette logique d'anticipation, Fabien Court insiste sur l'importance d'analyser les documents qui permettent de prévoir les futures dépenses liées au bâtiment lui-même. "Quand on achète un appartement on achète aussi un bout de l'immeuble. Le coup de cœur n'exclut pas le contrôle et les vérifications." Il conseille notamment de bien analyser les procès-verbaux d'assemblée générale, qui sont mis à disposition lors d'un achat en copropriété. "Il est possible d'y trouver des devis effectués en vue d'un ravalement de façade, ce qui prouve qu'il y aura sans doute des travaux à prévoir dans les années à venir." Giulia Dupuis recommande aussi de bien regarder la consommation énergétique ou les diagnostics en termes d'isolation : "Ce sont des choses importantes à prévoir pour limiter les coûts par la suite". Concernant une maison, le principe est le même. Fabien Court conseille notamment de vérifier la date de révision de chaudière ou encore celle de réfection de la toiture : "Cela peut donner un aperçu des travaux à venir". En bref, il s'agit donc de voir au-delà des apparences.
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