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Lorsqu'un bien immobilier peine à trouver preneur, une question vient très vite se poser : faut-il baisser son prix ? Et, si oui, sous quel délai ? Avant toute chose, il est intéressant de traquer les indices qui laissent penser qu'un ajustement de prix est nécessaire. Parmi eux : un faible nombre d'acheteurs sur un marché atone, une absence d'appels suite à la mise en ligne d'une annonce, une diminution des prix du marché depuis le début de la commercialisation du bien, la réception d'offres d'achat largement en dessous du prix affiché… Cela peut vouloir dire que le prix de vente du bien est trop élevé par rapport au marché. Ou que la concurrence est forte sur le secteur, donc que le bien n'est pas compétitif car il est "noyé dans la masse".
Pour Flora Janssens, agente immobilière au sein du réseau OptimHome, implantée dans les Hauts-de-Seine, le délai avant de consentir une baisse de prix dépend de plusieurs facteurs. "Il n'y a pas de règle absolue : ce laps de temps varie en fonction des cas de figure", explique-t-elle. La localisation du bien influence la stratégie de commercialisation de l'agent immobilier. Plus le bien est situé dans une zone tendue et recherchée, plus le cycle de vente sera court, donc plus le prix sera ajusté à la baisse rapidement.
Cela dépend aussi des objectifs des vendeurs : s'ils sont pressés, s'ils ont contracté un prêt relais… "Il arrive par exemple que les propriétaires tentent de vendre leur bien légèrement plus cher que le prix estimé. Dans ce cas, si l'annonce ne génère aucun appel au cours des deux premières semaines de commercialisation, je rectifie tout de suite le tir et je conviens, avec mes clients, d'une première baisse de prix", illustre-t-elle.
Il se peut que le prix du logement soit d'emblée adapté aux yeux de la professionnelle, mais qu'aucune offre d'achat ne soit proposée lors des premières semaines de mise en vente. Dans ce cas, Flora Janssens opte pour une autre stratégie. "S'il y a des remarques récurrentes qui surviennent lors des visites, comme un problème de localisation, un mauvais DPE ou un gros volume de travaux, j'en parle aux propriétaires et nous décidons ensemble d'ajuster le prix", explique-t-elle. Dans ce cas, elle met en moyenne un mois à proposer une baisse de prix à ses clients.
"J'ai par exemple eu en vente récemment un appartement de 53 mètres carrés situé dans le centre de Colombes. Quand je l'ai baissé à 250 000 euros – au lieu des 270 000 euros initialement – les appels de personnes intéressées se sont multipliés", illustre-t-elle. Dans ce cas de figure, une baisse de 20 000 euros, mise en place trois mois après le début de la commercialisation, a donc permis à l'agent immobilier de toucher plus efficacement les acheteurs. "Souvent, les propriétaires ont besoin de temps avant d'accepter une baisse de prix. Dans cet exemple, ce qui les a décidés à le faire, c'est qu'ils ont reçu une offre d'achat à 230 000 euros, qu'ils ont déclinée", explique-t-elle.
Si Flora Janssens évoluait sur un marché moins porteur que la région parisienne, sa réponse serait toutefois différente. Dans les zones rurales ou peu tendues, baisser le prix de vente d'un bien au bout de deux semaines ou un mois serait considéré comme précipité. Et pour cause : d'après le réseau immobilier Century 21, le délai moyen de vente en France était, au premier semestre 2025, de 99 jours pour les maisons et 96 jours pour les appartements. Soit un peu plus de trois mois.
La période de l'année à laquelle le bien est commercialisé a également son importance dans le choix de ce délai. "Le mois de mai, où il y a beaucoup de ponts, le mois d'août ainsi que les fêtes de fin d'année sont des périodes creuses, où les acheteurs mettent leurs recherches sur pause. Durant ces moments-là, mieux vaut être patient et ne pas consentir de baisse trop rapidement", conclut-elle.
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