Elle n’aurait assurément pas déplu aux spécialistes du Gepan – le Groupe d’études des phénomènes aérospatiaux non identifiés. Et aurait même pu être choisie comme décor pour la géniale série OVNI(1), qui mettait ces derniers à l’honneur dans la France de Giscard.
La villa Galactica, souvent décrite comme un « vaisseau postmoderne » – sans que l’on sache si elle vient d’atterrir ou si elle est, au contraire, prête au décollage – cherche son nouveau propriétaire. Qu’il s’agisse d’un astronaute, d’un pilote amateur ou d’un alien, peu importe. Seule condition : être en mesure de débourser près de 3 millions d’euros pour la faire sienne. 2,995 plus précisément. Un montant qui relève, de fait, d’une autre galaxie pour le commun des mortels…
Reste que la villa mentonnaise, bien ancrée sur la colline de l’Annonciade, dispose de nombreux atouts. Son look incomparable, bien sûr. Sa capacité à être totalement invisible pour les moldus. Et sa taille, naturellement.
Elle s’étend en effet sur une surface de 327 m², répartie en quatre niveaux. Et bénéficie d’un terrain forestier en restanque de 5.989 m². Côté aménagement, on citera quatre chambres, trois salles d’eau, une salle de bains, cinq WC, ou encore un solarium avec vue mer. De quoi rassurer (un peu) : la douloureuse pourra être divisée entre les différents occupants du vaisseau.
« Galactica peut, de prime abord, paraître complexe, sinon alambiquée. Mais les pièces sont très bien distribuées, tout y est bien pensé, et elle est aussi facile d’usage qu’elle s’avère agréable à vivre. C’est, finalement, une maison familiale très confortable », soutient Charles Aliès, négociateur pour l’agence immobilière Architecture de collection – cité dans le journal Le Point. Précisant que toutes les pièces ont vue sur la mer et la montagne.
Conçue en 1988 par l’architecte local Jean-Jacques Gonella – qui est aussi à l’origine de la résidence « Plein ciel » à Nice – la bâtisse épate surtout par son futurisme. D’autant qu’elle tranche sur une colline historique, souvent présentée comme le berceau de la ville de Menton.
« L’architecture de cette villa convoque un imaginaire expressionniste et pop. Avec son nom galactique et sa succession étagée de modules hexagonaux aux façades obliques, le projet de Jean-Jacques Gonella évoque le courant futurologique de la seconde moitié du XXe siècle – on pense ici au ‘Space age’ californien, à l’image du Theme building de Los Angeles(1), édifié en 1961 par Paul R. Williams, Pereira & Luckman et Robert Herrick Carter », détaille-t-on sur le site de l’agence immobilière Architecture de collection, dédiée à l’architecture remarquable des XXe et XXIe siècles.
Jugeant que le travail de « distorsion des trames orthogonales » inscrit par ailleurs ce projet dans la mouvance déconstructiviste des années 1980, en rupture radicale avec le plan moderne, « dans le sillage historique de Claude Parent en France, et annonçant les expérimentations numériques en architecture – de Frank Gehry à Zaha Hadid ».
À noter que la maison a été intégralement rénovée en 2014, dans le respect de son aspect d’origine. Quant aux équipements, ils ont été repensés. « Le plan de travail en granit noir du Zimbabwe est taillé sur mesure afin d’épouser les pourtours cubiques de la cuisine, par ailleurs équipée d’une cave à vin, d’un four pyrolyse, à vapeur et d’un tiroir chauffant ; un ascenseur intégré à la structure de la maison permet une circulation fluide entre les étages et toutes les chambres sont équipées de stores occultants sur mesure ajustés à l’inclinaison des vitres », complète l’agence.
Et comme pour parfaire la modernité des lieux, pour rappeler que la villa demeure futuriste même quarante ans après son édification, des panneaux photovoltaïques ont été installés. Emmagasineront-ils l’énergie nécessaire pour décoller vers la voie lactée ? Pour s’en assurer, il faudra d’abord visiter.
(1) Il s’agit d’une réalisation architecturale emblématique de l’aéroport de LA, aux airs de soucoupe.
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