Parmi les sujets qui sèment toujours le trouble dans les discussions tropéziennes, figure invariablement celui des ventes immobilières dans le village. Depuis quelques années, un changement de fond s’opère avec la présence de plus en plus marquée de groupes et qui modèlent un nouveau visage commercial.
Cette fois-ci, c’est l’élue d’opposition Christine Blanc qui a joué les lanceuses d’alerte en séance. « Je viens d’être informée de la cession de l’immeuble sis place du XVe Corps, abritant actuellement l’agence tropézienne de la Caisse d’Épargne, à un grand groupe, grand amateur et grand prédateur de l’immobilier situé place des Lices. Apparemment l’agence bancaire s’installerait, route des plages, au grand dam de Tropéziens qui ne pourraient plus s’y rendre à pied. La mairie s’est-elle inquiétée de ce départ? Une préemption a-t-elle été envisagée », questionne la conseillère.
Une interrogation « légitime » pour la maire Sylvie Siri sur l’évolution du commerce en centre-ville. « Je comprends les préoccupations des Tropéziens quant au déménagement de cette agence bancaire, qui reste sur le territoire tropézien, mais en effet plus en centre-ville ».
L’édile ne passe pas sous silence l’attachement de la majorité « à conserver, réimplanter, pérenniser les commerces et services essentiels à l’année », citant l’exemple de la maison de santé afin de conforter l’offre de soins; « Nous allons inaugurer le carré de l’école dans deux mois, additionne-t-elle. Et ce n’est que le début car nous sommes en train de travailler sur la pérennité des commerces alimentaires et nous avons des solutions bien concrètes! » (…)
« La Caisse d’Épargne a bien engagé une démarche auprès des services municipaux, mais pas pour la vente immédiate de ses locaux ». En juillet dernier, cette banque a déposé une demande de certificat d’urbanisme opérationnel, pour lequel « la Ville a rappelé clairement à l’article 1, l’interdiction des destinations commerciales et hôtelières dans la zone. Donc, cela doit vous rassurer, il ne peut pas y avoir de grandes maisons », clame Sylvie Siri.
Autre info délivrée, la semaine dernière, la banque a déposé un permis de construire pour l’aménagement de locaux, route des plages.
Pour une éventuelle préemption, la maire clarifie: « nous ne pouvons en réalité nous positionner qu’à partir du moment où une déclaration officielle de vente nous est transmise. Or, à ce jour, rien ne nous a été notifié ».
Si cette déclaration intervient, « nous examinerions la situation avec les outils dont nous disposons, y compris en concertation avec l’établissement public foncier pour ce qui concerne les étages ». Un dossier suivi avec attention afin de « garantir l’équilibre du centre-ville. »
Pour la maire Sylvie Siri, cette question immobilière est un enjeu qui concerne tous les élus, s’adressant en particulier à l’opposante Christine Blanc, qui évolue dans l’immobilier. « Je vous le dis sincèrement et de façon constructive, de part votre profession d’agent immobilier, vous êtes au courant, bien avant la commune, des transactions. Ce serait intéressant lorsque vous sentez se dessiner un danger pour la Ville, de venir m’en parler directement, afin que l’on puisse avoir plus de temps pour trouver une parade ».
L’édile en profite pour rappeler la politique municipale quand une vente se profile: « dès que nous avons le nom d’éventuels vendeurs ou repreneurs, nous organisons un rendez-vous dans mon bureau pour expliquer notre politique de conservation de diversité commerciale. Et je peux vous dire que cela fait réfléchir et que quelques projets ont été abandonnés… Donc, vous pouvez beaucoup nous aider en ce sens puisque cette diversité commerciale vous tient également très à cœur. »
Chiffre/date :Historiquement, ce bâtiment des anciens docks avait été acquis en 1946 par la Ville, il était alors question d’y installer une école primaire.
En 2018, La Ville et la Caisse d’Épargne ont résilié deux baux commerciaux qu’ils avaient en commun, afin de réaliser un échange en pleine propriété.
Après l’avis des Domaines, la vente des anciens docks a été réalisée pour la somme de 4.620.000 euros. L’immeuble possédé par la banque à côté de l’hôtel de ville avait une valeur 2,1 M d’euros.
Un échange bénéfique pour la Ville : avec la différence, la municipalité envisageait la réalisation d’un équipement sportif au Cosec, en rapatriant le dojo au Moulin Blanc, en créant une salle de squash et un espace musculation.

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