En 2023, il n'y aura jamais autant de pression fiscale à Paris et autant de rats et autres travaux à un an du rendez-vous planétaire des Jeux Olympiques de 2024. Objectivement, la mandature d'Anne Hidalgo accumule les échecs tandis que la maire sombre dans le déni.
Jean-Yves ARCHER est économiste, membre de la SEP (Société d’Économie Politique), profession libérale depuis 34 ans et ancien de l’ENA
" Paris a la chance d'avoir une situation financière saine " a déclaré, hier, en Conseil de Paris. Nous aimerions la croire mais ceci est factuellement faux, à preuve la hausse requise de la taxe foncière de +52% annoncée avant le vote formel en séance par un tweet aussi bref que révélateur du penchant pour la victimisation d'Anne Hidalgo.
S'il y avait matière à rire – et ce n'est pas le cas – un dessinateur humoristique croquerait la silhouette de la maire en petit Calimero malchanceux devant les vilains coups du sort. La réalité est que Madame Hidalgo est perturbée par son hubris au point d'avoir déséquilibré les finances de la Ville.
Tout ceci est fait en pleine cohérence avec le mouvement du " socialisme municipal " né il y a 100 ans et qui a marqué une collectivisation des communes que le Conseil d'État a dû endiguer à plusieurs reprises.
Anne Hidalgo n'aime la réussite que chez ses affidés. Pour le reste, les propriétaires n'ont qu'à payer au point de démolir le taux de rentabilité interne de leurs biens car ils ne pourront pas répercuter 52% de hausse sur les loyers. Au moment même où l'inflation et la hausse des normes vont contribuer à faire déraper les charges.
La quête de précision commande de préciser que la hausse de +52% de la taxe foncière s'entend hors révision des valeurs locatives. Il y aura donc un cumul digne d'un effet Kiss cool qui aboutira à une hausse finale plus conséquente que les +52% de départ.
De même, les résidences secondaires sont dans le collimateur de cette mairie socialiste : il est programmé une hausse de la taxe d'habitation sur les RS de 13,38 à 20,32%.
Raison de plus pour concevoir que les segments de population aisée ( ou non suite à la hausse des loyers et l'érosion des primo-accédants ) partent par milliers  ( Paris perd depuis plusieurs années plus de 20.000 habitants par an ) et que, en simultané, les budgets sociaux ne cessent de s'accroître.
Sans compter le dérapage provenant de soutiens à des associations dont on voit bien l'intérêt politique pour le camp de Madame Hidalgo mais moins le lien avec l'intérêt général de la Ville de Paris.
Traitant de l'intérêt général, je m'insurge contre le maintien – avec la complicité du pouvoir macroniste – de la Loi PLM ( Paris Lyon Marseille ) qui dispose que le maire de ces villes n'a pas à être élu au suffrage universel DIRECT.
Anne Hidalgo, lors de sa première élection, a bénéficié des divisions catastrophiques de la Droite parisienne  ( Tibéri, Panafieu, Seguin ) et lors du dernier scrutin elle n'a du son salut qu'à la complaisance de LaREM.
Cette maire mal élue et balayée lors du scrutin présidentiel n'a aucune retenue et plonge dans un déni qualifiable de mauvaise foi.
Elle cite les Agences de notation ( note AA ) et se targue d'y voir la validation de sa gestion. C'est une plaisanterie au plan technique car la maire omet de préciser que les Agences conditionne leur évaluation au bon potentiel fiscal de Paris.
Autrement dit, la note est bonne car les contribuables parisiens ont des facultés contributives compatibles avec les futurs efforts fiscaux qu'ils leur seront demandés. Anne Hidalgo est la princesse de l'impôt et corrobore la célèbre phrase de l'économiste David Ricardo ( il y a deux siècles ) : " La dette d'aujourd'hui n'est rien d'autre que l'impôt de demain " .
Nous avons tous en mémoire cette journée, près du Quai aux fleurs, où feue la Reine Elisabeth II portait son parapluie pendant qu'Anne Hidalgo se faisait porter le sien.
L'hubris, toujours et encore l'hubris. Parfois la progression sociale permet de demeurer humble à l'instar de Pierre Bérégovoy, parfois elle vous fait déraper vers une prétention de mauvais aloi.
L'an prochain, le train fantôme continuera sur son erre : encore 1,7 milliard d'euros d'investissements ( 1,65 mds en 2022 ) et de surcroît, les dépenses de fonctionnement s'alourdiront de 4,1% dont 4,6% dédiés aux traitements qui ont enregistré la revalorisation du point d'indice par-delà les débats sur le nombre d'agents.
Anne Hidalgo, à la tête de 50.000 agents, n'a montré aucun talent managérial notamment en matière d'absentéisme. Dans le secteur du ramassage des poubelles, un agent ne voit de retenues sur traitements qu'au-delà de 90 jours d'arrêts de travail par an. Le contribuable chavire et comprend comment Paris flirte avec 8 Mds d'euros d'endettement au prix, en plus, de cavalerie. Ainsi, des loyers de logements sociaux sont encaissés par avance…mais cette disposition devrait normalement être interdite.
En ayant fait exploser la dette de la Ville de Paris notamment pour financer des projets aventureux, Anne Hidalgo a défait la qualité de gestion de Bertrand Delanoë qui demeure bien discret sur la situation de Paris.
Si tout lui plaisait, il ne manquerait pas d'être un avocat de son ancienne protégée.
Si tout était si simple, il n'y aurait pas besoin d'augmenter la pression fiscale de près de 1 milliard afin de porter l'épargne brute à 883 millions d'euros.
La phrase " Paris a la chance d'avoir une situation financière saine " énoncée par Anne Hidalgo est techniquement fausse et politiquement hasardeuse. Mais le régime de responsabilité pénale des élus lui permet de le dire là où d'autres militent pour la mise sous tutelle de la Ville de Paris.

Si un krach immobilier venait à altérer le rendement des droits de mutation à titre onéreux ( 1,6 Md ) la Ville cigale serait bien dépourvue.  A suivre.
Jean-Yves ARCHER est économiste, membre de la SEP (Société d’Économie Politique), profession libérale depuis 34 ans et ancien de l’ENA
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