Malgré diverses mesures locales pour atténuer la tension locative, l’accès à une location reste difficile, particulièrement à Lyon et à Rennes.
2024 aura une nouvelle fois été une année de galère pour les locataires en recherche d’un logement. Et la situation risque de ne pas s’améliorer en 2025… Mardi 7 janvier, le site LocService – qui met en relation les locataires et les propriétaires pour louer sans frais d’agence – a publié son observatoire pour évaluer la tension locative dans le parc privé en France. Encore une fois, les loyers ont progressé en 2024 avec une hausse moyenne supérieure à l’inflation, soit 3,3 % par rapport à l’année précédente. En moyenne, il faut donc désormais débourser 723 euros par mois (charges comprises) pour une surface moyenne de 42,5 m2, selon LocService.
Ces chiffres cachent toutefois de fortes disparités selon les territoires. Il est ainsi plus cher de se loger à Paris et Bordeaux. Avec un loyer de 723 euros par mois, un locataire peut obtenir un 54 m2 à Rouen, alors que, dans la capitale, il devra se contenter d’un 15 m2, et d’un 25 m2 à Bordeaux.
LocServices.fr
Au-delà de l’évolution tarifaire des locations, l’étude montre de fortes hausses des tensions sur le parc locatif dans toutes les grandes villes françaises. Le score de tension locative – calculé sur la base d’un ratio entre le nombre de candidats locataires et le nombre d’offres de location dans une zone – sur l’ensemble du territoire passe de 3,35 en 2023 à 4,8 en 2024. Une situation qui s’amplifie notamment à Lyon et à Rennes, villes où il est le plus difficile de trouver une location en France, toujours selon cette étude.
« Le marché locatif à Lyon est particulièrement tendu en raison du faible investissement des pouvoirs publics dans le neuf et de la prolifération des locations saisonnières », explique Arnaud Hacquart, fondateur d’Imodirect, spécialisé dans la gestion locative. D’après le dernier bilan de Guy Hoquet, l’offre de locations meublées a diminué de 1,6 % en un an, pour atteindre 21 917 logements. « Les investisseurs ont déserté Lyon, qui est certes très attractive mais qui n’est pas assez rentable pour eux (autour de 1,5 %) », complète Frédéric Dumas, directeur d’agence Laforêt à Lyon. En parallèle, la demande est toujours aussi importante. Résultat : la pénurie de logements s’accélère. « En 20 ans de carrière, je n’ai jamais vu un marché locatif aussi tendu. En 2017, je rentrais 70 nouveaux logements par an et je comptabilisais 170 contrats de location. Désormais, j’enregistre 30 entrées sur le marché par an et 104 locations », rapporte l’agent immobilier.
A Rennes, la situation est identique. « Certains locataires sont prêts à mettre 900 euros pour trouver un studio. C’est aberrant ! » s’exclame Guillaume de Vergie, directeur d’agence Laforêt à Rennes. Pourtant, ce désespoir n’est pas un cas isolé, alors qu’il faut (normalement) compter environ « 550 euros pour un 20 m2 », souligne-t-il.
Face à cette crise, les métropoles de Lyon et de Rennes ont adopté plusieurs mesures pour tenter de freiner cette dynamique. Premier chantier : s’attaquer aux meublés touristiques type Airbnb. Pour ce faire, la capitale bretonne a instauré quatre nouvelles réglementations dont la limitation à un logement (en plus du logement principal) le nombre de biens pouvant être autorisé à changer d’usage vers du meublé touristique, par foyer fiscal. Il est par ailleurs obligatoire d’obtenir un numéro d’enregistrement pour toute demande de mise en location.
Lyon a de son côté décidé d’obliger les investisseurs à louer un appartement sur le marché classique en complément du logement qu’ils souhaitent mettre en location touristique. Autant de réglementations qui visent à remettre sur le marché des locations de longue durée.
Pour lutter contre les abus tarifaires sur les loyers, l’encadrement des loyers a également été mis en place en 2021. « Depuis l’expérimentation », la hausse des loyers a été « jugulée » sur le territoire concerné, avec une baisse en moyenne de 4 % (53 centimes par m2), selon Vanina Nicoli, secrétaire générale de la préfecture du Rhône. En 2024, 29 % des annonces immobilières sur Lyon et Villeurbanne sont toutefois au-dessus des plafonds de loyers, contre 34 % en 2023 et 43 % en 2022, selon un rapport de la Fondation Abbé Pierre.
Des signes positifs qui ont poussé Rennes à demander au gouvernement d’expérimenter à son tour l’encadrement des loyers. Reste à savoir si l’Etat validera cette demande. En attendant, LocService enregistre une hausse moyenne des loyers sur Rennes de 7,25 % en 2024.
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