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Depuis l’annonce des premiers résultats sur Parcoursup, la recherche de logements étudiants se complique à Bordeaux où le marché locatif reste crispé
À quinze minutes à pied de la fac de chimie, un petit studio « pas très sexy », rue de la Petite-Mission à Talence, se loue 580 euros avec place de parking et cellier. Ce mercredi midi, en l’espace d’une demi-heure, Jérémy Bartoli l’a fait visiter quatre fois. « Pour un 20 m² juste à côté de la ligne B, on a forcément beaucoup de demandes », confirme l’agent immobilier. Il a déjà présélectionné quatre dossiers qu’il va être difficile de départager. « On maintient quatre visites au cas où certains se désistent ou cherchent ailleurs, explique-t-il. Tout le monde est sur plusieurs pistes à la fois. »
C’est le cas d’Yvan, qui est venu avec sa mère de Clermont-Ferrand et rentabilise le trajet en visitant six appartements dans la journée. « C’est beaucoup plus cher et plus difficile de trouver à Bordeaux qu’à Clermont, indique sa mère. J’ai envoyé des dizaines de messages sur Leboncoin auxquels on ne me répond pas. » Un témoignage récurrent auprès des parents et étudiants à la recherche d’un logement depuis les premiers résultats sur Parcoursup. « Même lorsqu’on a convenu d’une visite, on n’est pas sûr que le bien soit encore disponible », déplore Jeanne, qui vient d’être acceptée à Sciences Po. Elle aussi a fait plusieurs heures de route depuis Vannes avec ses parents qui ont posé quatre jours pour l’occasion. « C’est la jungle, résume son père Yann. On a l’impression que certaines agences acceptent trop de demandes par rapport à ce qu’elles peuvent gérer. »
Alors Jérémy Bartoli le concède : « C’est un business. Si on fait visiter autant, c’est qu’il nous faut aussi l’assurance de trouver de bons locataires. » Mais la réalité est aussi celle d’une concurrence féroce pour un nombre limité de biens disponibles à la location. Grégory Pereira, cogérant du service location chez Lalanne Immobilier, en atteste : « Il y a de moins en moins de sorties dans les locations étudiantes. Entre l’été 2023 et 2024, on a constaté une baisse de 30 à 35 % du turnover. » Autres paramètres de l’équation : le manque de logements Crous et l’augmentation du nombre d’écoles à Bordeaux, notamment du côté des Bassins à flot.
Résultat : il suffit de quelques heures pour qu’une annonce disparaisse. Chez Immo 33, l’agence immobilière d’Orpi à Pessac, les assistants commerciaux ne posent plus leur téléphone. « En une heure, je reçois en moyenne une vingtaine d’appels et je peux déjà programmer quatre visites pour une seule location, affirme l’une d’entre eux. Il n’y a même plus besoin de faire de file d’attente. » Le ballet des appels quotidiens commence d’ailleurs de plus en plus tôt, dès fin mars pour certaines agences, avec les premiers résultats d’admissions en école. Avant même les résultats du bac, les parents se lancent dans le parcours du combattant, quitte à payer le loyer cet été pour un logement qui restera vacant.
« Si on compte aussi la caution, qui correspond parfois à l’équivalent de deux mois de loyer, le budget devient énorme ! » s’inquiète Sandrine, installée à Saint-Vincent-de-Tyrosse, dans les Landes. Elle a donc fait une croix sur les agences, qui demandent encore des frais supplémentaires.
« Certains cherchent aussi des logements qui n’existent pas, prévient Jérémy Bartoli. Entre les exigences de budget, d’emplacement et de type de logement, il faut savoir privilégier certains critères. » Il ne cache pas que les dossiers avec des garanties Visale (proposée par Action logement en cas de dossiers trop faibles) ne sont pas prioritaires, tout comme ceux des personnes qui ne peuvent pas venir visiter physiquement. Un problème de taille pour les étudiants résidant en Outre-mer, comme le fils d’Élise qui vit à Tahiti ou les étudiants étrangers.
« Ce sont toujours les plus défavorisés qui récupèrent les pires appartements en septembre », confie Jérémy Bartoli, appuyé par les dires d’Olivier, propriétaire d’une petite chambre à Cenon : « Même pour 600 euros, je trouve toujours des affamés qui n’ont rien trouvé ou des étudiants qui n’ont pas un dossier béton. »
Pour tout savoir des aides proposées aux étudiants : ac-bordeaux.fr/mes-aides-etudiantes
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