Le magazine L'Étudiant a dévoilé son classement des meilleurs collèges publics et privés en France pour l'année 2023.BFMTV
Étudier au bord de la Méditerranée implique de nombreuses difficultés. Ce vendredi 6 juin, le magazine L’Étudiant publie la 20e édition de son classement des meilleures villes étudiantes pour l’année 2025. Cette année, aucune commune située dans la région Sud ne se hisse dans le top 10.
Au total, 47 villes françaises ont été évaluées et figurent dans ce classement, dont trois dans la région. Douze critères, regroupés en cinq grandes catégories ont été analysés pour les départager: l’offre culturelle, l’offre de transports, l’accès au logement, l’accès à la santé et l’emploi.
Les dix premières villes sont classées dans l’ordre, de la 1ère à la 10e place. La suite du classement se fait ensuite par intervalles de 10 (exemple 11-20) et les différentes catégories sont évaluées à travers une note sur 10.
Marseille et Aix-en-Provence, deux villes sur lesquelles s’étend l’université Aix-Marseille, se placent entre la 11e et la 20e place. En 2024, la métropole se classait 20e. Si l’offre culturelle est très élevée (9/10) et que l’accès à l’emploi est valorisé (8/10), la métropole est plombée par un accès au logement (3,5) et à la santé (4) plutôt complexes.
« Marseille est une ville qui se conforte dans le top 20, avec une forte augmentation du nombre d’étudiants sur dix ans, une offre de formation élitiste (prépa et grandes écoles) (…) et une attractivité supérieure à la moyenne », explique Vianney Loriquet, datajournaliste, responsable des classements chez L’Etudiant.
La part d’étudiants sur la population totale reste cependant « assez faible » (6,41%). La métropole connaît depuis quelques années un « regain d’attractivité auprès de la population active », qui a eu pour conséquence une « inflation assez soutenue » concernant les prix des logements.
L’offre de transport est assez développée, mais les étudiants de la métropole Aix-Marseille bénéficient de réductions tarifaires moins importantes que dans d’autres villes étudiantes: celles-ci sont de l’ordre de 50%, contre « 70% à Lyon ou 100% à Montpellier », où les transports sont gratuits.
« La ville s’installe dans le top 20 et y reste », insiste tout de même Vianney Loriquet, qui met en avant les « efforts consentis par les municipalités pour les étudiants ».
Nice se classe dans la continuité de la métropole Aix-Marseille, entre la 11e et la 20e place. Là encore, les difficultés à se loger plombent l’attractivité de la ville. « À Nice, on a un problème qui est caractéristique du littoral: la spéculation foncière », déclare ainsi Vianney Loriquet.
D’après lui, la municipalité « est assez proactive » pour endiguer cette spéculation foncière et la location des meublés touristiques. Mais la ville « se prend de plein fouet une crise du logement européenne ». Vianney Loriquet estime tout de même que le fait de « pouvoir se présenter comme une ville étudiante » est un « vrai enjeu » pour la municipalité.
D’après lui, les efforts mis en place sont « suivis d’effets », avec une « évolution du nombre d’étudiants qui est assez forte: +26% ». La barre des 50.000 étudiants a été passée à la rentrée 2023-2024, ceux-ci représentent désormais 5,28% de la population totale.
Sur place, le datajournaliste de L’Etudiant constate qu' »une offre de formation élitiste (prépas, grandes écoles…) s’est développée ces dernières années, notamment avec le campus de Sophia-Antipolis ».
Le magazine dénombre ainsi « dix écoles qui faisaient partie de la conférence des grandes écoles sur le territoire de l’unité urbaine ». L’offre culturelle est également très bien notée (10/10).
Si le fait d’habiter sur la Côte d’Azur offre une certaine qualité de vie, Vianney Loriquet explique cependant que la ville est victime d’une mauvaise « qualité de l’air », en raison d’une « problématique de pollution à l’ozone ».
Le Var n’est pas particulièrement réputé pour être un département prisé par les étudiants. Vianney Loriquet note cependant que « Toulon progresse légèrement cette année », mais le chef-lieu du département reste en retrait dans le classement, entre la 31e et la 40e place.
La ville est notamment handicapée par une part d’étudiants peu élevée. « Toulon fait partie des trois villes du classement où la part d’étudiant est la plus faible, elle est inférieure à 3% » au sein de son aire urbaine », indique ainsi le datajournaliste.
Ce dernier remarque que la métropole toulonnaise a lancé diverses initiatives pour renforcer son attractivité. « Dans le cadre de la loi NOTRe », elle a ainsi pu « récupérer des compétences sociales et qui lui permet d’avoir des dispositifs qu’elle dirige vers les jeunes, notamment ceux en situation complexe ».
Toulon « se démarque » également à travers une « part d’étudiants internationaux assez forte », un avantage qui concerne généralement les grandes métropoles. Vianney Loriquet note également un « dynamisme de l’emploi » au sein de la commune, où « le taux d’emploi a beaucoup progressé sur les dix dernières années ».
En Provence-Alpes-Côte d’Azur, les villes étudiantes se placent donc en retrait dans le classement 2025 de L’Etudiant, qui note tout de même la stabilisation de la métropole Aix-Marseille et les progrès en cours à Toulon et à Nice.
Cette année, deux villes « sudistes », situées dans la région voisine d’Occitanie, s’installent sur le podium: Toulouse et Montpellier. Besançon complète le top 3.
Comment est établi le classement?

Cette année, le magazine L’Étudiant a passé au crible 47 villes universitaires. Chaque ville est ainsi notée sur plusieurs critères: la part d’étudiants, les types et le nombre de formations (notamment les classes préparatoires et les grandes écoles), l’accessibilité au logement…

D’autres indicateurs sont pris en compte pour établir le classement: la santé (notamment l’accessibilité aux médecins généralistes et spécialistes) ainsi que la qualité de l’air (soit la pollution moyenne annuelle de l’air dans la ville en question) ou encore l’emploi et l’aspect culturel.

Les données récoltées au cours de six mois de travail, auprès de l’Insee, du ministère de la Santé, du ministère de l’Enseignement supérieur, du ministère de la Transition écologique ou encore directement auprès des villes.
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