Depuis quelques semaines, la rue Henri-Vienne, dans le quartier Saint-Roch, vit au rythme du bruit des grues et des pelleteuses. Sur les anciens terrains de tennis de la Marine, un important chantier a débuté pour laisser place à de nouveaux ensembles immobiliers destinés aux civils militaires. La préfecture maritime, indique que « 93 logements, allant du T1 au T6, seront construits sur près de 8 000 m², pour une livraison prévue en juillet 2027 ». Et précise que si les courts de tennis actuels sont détruits, certains seront néanmoins conservés. De quoi permettre aux futurs résidents militaires de continuer à pratiquer ce sport sur le site.
Ce projet s’inscrit dans la volonté de renforcer l’offre de logements pour les militaires affectés dans la région. Cette mesure est engagée depuis plusieurs années déjà. En effet, l’an dernier, à la même période, l’armée avait déjà lancé des travaux similaires le long du boulevard Bazeilles, au Mourillon. Hasard ou pas, mais là aussi, ce sont des anciens courts de tennis qui ont laissé place à une soixantaine de nouveaux logements, répartis sur 5 000 m². Cette succession de chantiers illustre « une stratégie globale visant à répondre à la forte demande de logements militaires dans l’aire toulonnaise ».
L’annonce des travaux, de la disparition des terrains de sport et des arbres a provoqué une vive réaction parmi les habitants de la rue Henri-Vienne. Certains parlent même d’une « catastrophe écologique ».
Anna, retraitée installée depuis vingt ans dans le quartier, et devenue porte-parole improvisée du collectif de riverains, fait part des craintes. « Nous sommes en état de sidération, malheureux, désespérés et impuissants. Avec plusieurs voisins, nous avons alerté la mairie dès la signature du permis de construire en avril dernier. Nous demandons une véritable réparation, notamment par la replantation d’arbres. C’est la beauté et l’âme de notre quartier qui sont en jeu. »
Les habitants regrettent la disparition d’un espace vert et sportif qui contribuait, selon eux, à « l’équilibre environnemental et à la qualité de vie du secteur ».
Face à ces inquiétudes, la préfecture maritime affirme avoir « pris en compte l’impact environnemental dans la conception du projet ». Elle assure qu’une revégétalisation peut être envisagée, tout en rappelant que sa mission sur ce dossier est aussi de « garantir des logements aux militaires ».
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