Jusqu’où la taxe foncière va-t-elle s’envoler? L’Union nationale des propriétaires immobiliers (UNPI) publie ce mercredi les tout derniers chiffres de son observatoire des taxes foncières. En 2022, la hausse est spectaculaire entre l’augmentation des valeurs locatives et les taux appliqués localement, les taxes foncières flambent de 10%, 15% voire plus de 20% dans certaines villes.
Sur un an, la taxe foncière progresse en moyenne de 4,7% dans les 200 plus grandes villes de France. Dans certaines communes, la facture a explosé. A Poissy (+24%) et Mantes-la-Jolie (+22%) en Ile-de-France, les taxes foncières ont ainsi pris plus de 20% cette année. Martigues (+19%) dans les Bouches-du-Rhône n’est pas très loin. Et on est au-delà des 15% de hausse sur un an à Bagnolet (+19%), Marseille (+16%) et Tours (+16%). En tout, 14 communes sur 200 affichent une taxe foncière en progression de 10% ou plus:
La hausse est aussi conséquente à Saint-Etienne (+7,8%) et Toulon (+5,9%). Elle est plus limitée dans des communes comme Paris (+3%), Toulouse (+4,1%), Lyon (+3,4%), Le Havre (+3,4%), Rouen (+3,4%), Dunkerque (+4,1%) ou encore Lille (+4%).
>> Retrouvez l’évolution en 2022 de la taxe foncière dans les 200 plus grandes villes de France ci-dessous (si le tableau ne s’affiche pas bien, cliquez ici):
Ces augmentations sont spectaculaires mais c’est ailleurs que la taxe foncière pèse en réalité le plus lourd. A Angers, elle équivaut à près de 3 mois et demi de loyers comme à Grenoble ou au Havre. A l’inverse dans la capitale et de nombreuses villes en région parisienne, elle représente moins d’un mois de loyer. Il y a donc de vraies disparités mais une constante: au-delà des taux appliqués par les villes et les départements, c’est la hausse des valeurs locatives indexées à l’inflation qui explique aussi l’explosion des taxes. Proche de 0% en 2021, la revalorisation des bases cadastrales a été de 3,4% en 2022 et elle pourrait flirter avec les 7% pour 2023, si le législateur ne fait rien pour alléger la facture et plafonner cette hausse, comme le proposent certains députés.
Depuis 2018, la revalorisation des valeurs locatives foncières suit en effet l’évolution sur un an en novembre de l’indice des prix à la consommation harmonisé (IPCH), comme le prévoit l’article 1518 bis du Code général des impôts. En septembre, l’évolution de l’ICPH sur un an s’élevait à 6,2%.
Pour rappel, la taxe foncière est calculée à partir de la valeur cadastrale d’un bien. Le fisc part de cette valeur locative théorique du bien immobilier (liée à la valeur et au niveau de confort du bien) et applique ensuite plusieurs taux d’imposition votés par les collectivités locales. Il existe par ailleurs des exonérations ou des réductions du montant, par exemple en fonction des revenus du contribuable, en raison d’un handicap ou de l’âge du contribuable. La progression de la taxe foncière s’applique donc via deux leviers: la hausse des taux appliqués par les collectivités locales et la hausse des valeurs cadastrales.
“Depuis plusieurs années, l’UNPI alerte sur l’envolée des taxes foncières et ses conséquences dramatiques pour les propriétaires, et plus globalement pour le pouvoir d’achat. A l’heure où le projet de loi de finances 2023 est examiné à l’Assemblée et au Sénat, l’UNPI déplore le manque de mesure de plafonnement des taxes foncières, a minima des bases locatives cadastrales”, souligne l’UNPI dans un communiqué.
“L’augmentation continue des taxes foncières depuis 10 ans est une aberration. Les ménages font face à toujours plus de taxes et toujours moins de pouvoir d’achat. Comment peuvent-ils s’en sortir?”, s’interroge Christophe Demerson, le président de l’UNPI.
Hausse des prix de l'énergie: les locataires de HLM pourront recevoir un coup de pouce

© Copyright 2006-2021 BFMTV.com. Tous droits réservés. Site édité par NextInteractive

source

Catégorisé: