Faute de repreneur crédible, Yves Reulet, qui part à la retraite, est prêt à donner son auto-école à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) pour faire vivre l’activité. « Il y a un vrai potentiel », assure-t-il.
À la tête de l’auto-école Good Conduite à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) depuis 2007, Yves Reulet a prévu, à 64 ans, de prendre sa retraite d’ici la fin du mois d’octobre. La fin d’une reconversion professionnelle entamée en 2007, après un licenciement alors qu’il travaillait comme chef d’atelier dans la métallurgie, dans le département voisin du Gers. « J’avais fait une formation, passé les agréments et acheté deux auto-écoles à Lannemezan (Hautes-Pyrénées) et Montréjeau (Haute-Garonne). J’aimais bien rouler et le contact avec les gens. Plus tard, mon associé a voulu partir et j’ai finalement cédé celle de Montréjeau il y a 5 ou 6 ans pour me concentrer sur cette auto-école où j’étais le seul moniteur. Rien ne vaut d’être sur un centre d’examen », raconte-t-il.
Mais pour son établissement haut-pyrénéen, situé dans le centre-ville de Lannemezan, Yves Reulet n’a pour l’instant trouvé aucun repreneur, malgré près d’un an de recherche. Ces annonces dans La Tribune des auto-écoles, les centres de formation, sur Le Bon Coin ou via le bouche-à-oreille n’y ont rien fait. « Une personne m’avait bien contacté et était intéressée. On avait fait les démarches auprès du notaire, mais au dernier moment, elle s’est désistée », confie le futur retraité. « Des gens m’ont appelé croyant qu’il suffisait de s’asseoir dans la voiture pour être moniteur. Il faut des diplômes et un agrément préfectoral pour cela, et une capacité de gestion », soupire Yves Reulet.
Faute de candidats sérieux, le moniteur, locataire du lieu, se dit prêt à donner son fonds de commerce, sans le véhicule. Selon lui, le manque d’intérêt s’explique par le fait que les jeunes préfèrent aujourd’hui rester salariés. « Ils ne veulent pas forcément s’investir. Pourtant, je gagne bien ma vie. Mais c’est sûr qu’il faut travailler le soir et les samedis, quand les gens sont disponibles pour les leçons. Je fais 50 à 60 heures par semaine, il y a un vrai potentiel », assure-t-il, un peu désabusé, alors que son auto-école compte environ 80 inscriptions en cours. « Dans des coins comme ici, le permis est indispensable. »
Alors que Lannemezan est donc centre d’examen, la fermeture de son établissement ne laisserait que deux auto-écoles actives dans cette commune d’environ 6 000 habitants située au pied des Pyrénées. « Et pour l’une d’elles, le propriétaire est également proche de la retraite. Ce serait dommage qu’une auto-école ait le monopole parce que cela entraînerait sans doute une hausse des prix pour les élèves. »
S’il indique n’éprouver aucun regret sur sa décision de partir en retraite, Yves Reulet insiste sur le fait qu’il « préférerait que ça continue à vivre, c’est sûr. Ne serait-ce que pour les personnes qui sont inscrites. » Ce dimanche 12 octobre, l’ancien métallurgiste a rendez-vous avec une auto-école de Tarbes, qui envisagerait d’ouvrir un deuxième centre. Un dernier espoir avant de ranger définitivement la voiture au garage, si personne ne veut reprendre le volant.
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