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Du crédit hypothécaire au cofinancement d’un chantier en échange d’une part de la maison, revue des start-up qui permettent de simplifier un recours à l’emprunt devenu difficile
La solvabilité ne suffit plus pour être finançable ? Les start-up prennent le relais. Ou comment cofinancer un bien en fournissant l’apport nécessaire aux acheteurs, en échange de la propriété d’une partie de l’acquisition. Comme si des tiers devenaient actionnaires de la maison. C’est le modèle de Virgil, créée en 2019 (100 millions d’euros de projets financés, depuis). Concrètement, la société investit aux côtés de l’acheteur, généralement à hauteur de 10 % du prix du bien, soit en moyenne 50 000 euros, pour une durée de dix ans maximum. En contrepartie, elle devient copropriétaire minoritaire du logement (15 % du prix du bien) et récupère sa mise, assortie d’une quote-part de la plus-value, lors de la revente ou du rachat de ses parts.
Même principe quand il s’agit de rénover sa maison, par choix ou décision d’une copropriété : c’est ce que propose l’entreprise bordelaise Vasco, un dispositif d’aide aux travaux contre, ici aussi, l’acquisition d’une partie du bien. Selon le dernier baromètre Qualitel, seuls 20 % des propriétaires ont engagé ou envisagé des travaux d’adaptation de leur logement, en matière énergétique notamment, en raison du financement du chantier et dans un contexte de baisse des aides publiques.
Pour éviter le recours à l’emprunt, Vasco investit dans le bien en échange d’une participation proportionnelle au montant des travaux – le propriétaire peut racheter ses parts après dix ans dans un logement souvent bien revalorisé. « Entre le premier et le second semestre 2025, nous avons enregistré cinq fois plus de demandes », indique confirme Hervé Degreve, cofondateur de Vasco, qui revendique une vingtaine de sollicitations par jour et une quarantaine d’opérations financées en trois ans (rénovation énergétique, isolation, etc.).
On trouve aussi Hestia, sur le marché du leasing immobilier – la start-up achète la maison rêvée du client, qui emménage et paye un loyer durant plusieurs mois, avant de pouvoir racheter le bien – ou Hyppo, dans le crédit hypothécaire. Plus original : la propriété « temporaire », credo de la start-up Néoproprio, qui propose d’acheter un droit de propriété auprès d’une foncière pour une durée jusqu’à vingt-cinq ans et un coût « significativement » réduit (environ la moitié). L’acheteur rembourse un crédit et paye une redevance mensuelle (fixe), avant de pouvoir revendre. Et atteindre l’objectif d’une vie : « Être chez soi, ne plus verser de loyers à fonds perdu et pouvoir, à terme, bénéficier d’une valorisation patrimoniale », comme dit Xavier Lépine, président cofondateur de la Société des nouveaux patrimoines, qui gère la foncière Néoproprio. « Pourquoi acquérir un bien dans son intégralité lorsque l’on sait que l’on n’y résidera pas toute sa vie ? »
C. L. et A. V.
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