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« Mais où sont passées les couleurs de la résidence Arc-en-ciel ? » titrait « Sud Ouest » en mai 2021. Connue dans le quartier du Grand-Parc pour sa façade ornée de 1 400 lames de verre colorées, premier prix de la biennale d’architecture Agora en 2010, cette résidence HLM de 40 logements avait subitement perdu sa parure. Un beau matin, disparues les lames de verre. L’immeuble apparaît depuis dans sa nudité de béton, gris et triste. Une construction comme les autres, hormis ses lignes courbes.
En fait, c’est le bailleur InCité, propriétaire des lieux, qui les avait fait enlever par précaution. Certaines avaient tendance à se décrocher de la façade et à tomber sur le trottoir. Fâcheux. Depuis, plus de nouvelles des lames colorées, c’est sa grisaille que la résidence Arc-en-ciel expose au bord de l’avenue Émile-Counord. Et puis, fin 2023, nouveau coup de théâtre : les lames de verre réapparaissent. Du moins une partie : 95 d’entre elles sont à vendre là où l’on est certain de trouver à peu près tout : Leboncoin. Le site aux 70 millions d’annonces les propose à 40 euros pièce, 350 euros le lot de 10.
Le vendeur est un particulier qui affirme que les lames de l’Arc-en-ciel lui ont été « données par une entreprise ». Surprenant, InCité ayant toujours affirmé que les lames avaient vocation à être replacées sur la façade de la résidence. Bernard Bühler, lui, n’est pas plus surpris que ça. « Le vendeur a récupéré des lames, il les vend, on peut le comprendre, elles sont jolies ! », commente l’architecte. En fait, ce sont d’autres lames qui orneront la façade, plus épaisses et mieux fixées. Celles de la première génération sont jugées définitivement inaptes. Trop fines, elles vibraient sous l’effet du vent, jusqu’à endommager leurs platines de fixation en métal. Elles ne peuvent plus être réutilisées, mais rien n’interdit de les vendre pour servir d’objet de décoration.
Reste à savoir quand les remplaçantes seront installées. Là, les choses se compliquent. Il y a un contentieux entre le maître d’ouvrage, InCité, et l’entreprise qui a réalisé et fixé les lames. L’expertise judiciaire est terminée, mais toutes les responsabilités ne sont pas encore établies. « En ce qui me concerne, l’expert m’a mis hors de cause, mais le tribunal m’a remis dans la cause… On ne sait pas s’il y aura assez d’argent pour finir les travaux », explique Bernard Bühler. Le remplacement des lames est évalué à 800 000 euros.
De son côté, InCité réaffirme son intention de « remettre les couleurs sur l’immeuble Arc-en-ciel », mais n’annonce aucun calendrier pour les travaux. Il faut attendre la fin de la procédure judiciaire. Et précise que l’entreprise responsable des lames avait obligation de les conserver pour les besoins de l’expertise, pas au-delà.
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