Un Portelois âgé d’une cinquantaine d’années est mort ce mardi à Lille, après un violent incendie qui a pris vers 1 h 30 du matin, dans une maison divisée en appartements, rue du Faubourg-de-Roubaix. Son épouse a été grièvement brûlée. Les pompiers et le Samu ont mobilisé d’importants moyens.
Ce mardi, peu après 1 h 30 du matin, deux amis circulent en Golf rue du Faubourg-de-Roubaix à Lille, lorsqu’ils sont intrigués par une légère fumée provenant d’une maison au 167.
« Ça sortait par le volet roulant, explique l’un des garçons. On a eu un doute, on a fait marche arrière par acquit de conscience, on s’est dit que c’était peut-être grave. On s’est arrêtés, ça fumait plus fort. On a commencé à sonner à toutes les portes. Un monsieur est sorti avec une bouilloire, il essayait d’éteindre. »
L’homme en question est l’occupant du rez-de-chaussée. « J’ai été réveillé par le bruit, explique-t-il. Il y avait des flammes tout autour de mon lit, mon lit était en feu. J’ai d’abord voulu remplir une bassine d’eau mais le temps que j’arrive à la salle de bains, je ne voyais plus rien. J’ai entendu la sonnerie, je suis sorti. Je n’ai rien pu faire, ce sont ces gens (dans la Golf) qui ont appelé les pompiers. »
L’homme est indemne. Mais dans les étages les choses se compliquent. Au premier, deux étudiants Aime et Hugo sont réveillés par le bruit. Ils ont juste le temps de saisir leur lapin. « On a vu de la fumée, les pompiers sont arrivés vite et nous ont fait descendre par la fenêtre ». Ils sont transportés vers une ambulance à l’écart, indemnes. Dans la rue, le dispositif se renforce. Une quarantaine de pompiers arrivent des casernes de Lille-Bouvines, Malus, Littré, et Villeneuve-d’Ascq et Roubaix, ainsi que deux équipes du Samu. Le brasier, lui, s’intensifie et s’étend à l’ensemble de la maison divisée en trois appartements.
Il reste deux couples à l’intérieur. Le premier est sorti également par les échelles. Mais dans les combles en feu, les pompiers récupèrent une femme et un homme âgés d’une cinquantaine d’années, grièvement blessés. Ils sont descendus en urgence. L’homme notamment, en arrêt cardiaque, est massé un moment sur place, puis ranimé par les médecins du Samu. Au total, on compte quatre personnes légèrement atteintes, et deux blessés graves, qui sont hospitalisés. La femme sera transférée au service des grands brûlés et l’homme décèdera malheureusement quelques heures plus tard à l’hôpital.
Les maisons voisines sont aussi évacuées, dont un autre couple sorti avec ses animaux : « On a pu récupérer nos trois chats, explique Xavier. On a dû attendre un moment dans le jardin, puis on a pu sortir. On a vraiment eu la trouille mais bon, pour nous, c’est que du matériel. »
Les pompiers ont éteint totalement le brasier peu avant 3 h, à l’aide de trois lances, parvenant à éviter qu’il ne s’étende aux maisons voisines. Les policiers municipaux ont barré la route le temps de l’intervention, qui devait durer sans doute jusqu’en fin de nuit. Le directeur de cabinet du préfet s’est rendu sur place.
Pendant ce temps, la ville a ouvert le centre social Albert Jacquard pour accueillir les riverains évacués. À 4 h 30 du matin, ils étaient encore sept, dont deux enfants pour lesquels les policiers municipaux avaient sorti des jeux de société. Les parents patientaient à côté, au chaud, avec une pensée aussi pour les deux premiers intervenants en voiture, au début de l’incendie. « Les deux gars dans la Golf, on aimerait les remercier, lance Mariajosé. C’est grâce à eux qu’on s’est réveillé. Je suis sorti à la fenêtre, ils hurlaient Madame, descendez tout de suite ! Là, on veut leur envoyer des petits cœurs. ».
Immédiatement, les policiers ont ouvert une enquête. Elle a été reprise par la brigade criminelle de la Sûreté urbaine de Lille, en lien avec l’équipe de Recherches des causes et circonstances d’incendie (RCCI) du service d’incendie et de secours (SDIS 59). Ce mardi soir, les policiers envisageaient une cause accidentelle, restant à déterminer.

« Les flammes montaient à plus de 10 m au-dessus de la toiture. C’était un tel brasier que j’ai pensé qu’une conduite de gaz avait explosé. » Philippe habite rue Delcroix. De ses fenêtres, il a suivi l’intervention des soldats du feu, la nuit dernière, pour circonscrire l’incendie de la rue du Faubourg-de-Roubaix. « C’était impressionnant. Leurs projecteurs sont tellement puissants que le parc en bas de chez moi était éclairé comme en plein jour. On entendait les pompiers crier dans les micros. Tous à gauche, tous à droite. C’est dans ces moments-là qu’on se rend compte qu’ils sont extraordinaires… »

Ce mardi matin, le quartier est saisi par l’émotion. Le bilan humain s’est alourdi : un des blessés, gravement touché, est décédé à l’hôpital. « Quand je suis arrivé à 5h30, raconte ce commerçant de la rue, les pompiers étaient encore à pied d’œuvre. On voyait des épais nuages de fumée partir du côté de l’église. » Vers ce presbytère, où la tempête Eunice a, à la mi-février, fait chuter un arbre centenaire. À midi, le carrefour n’était toujours pas débarrassé de cette odeur de bois brûlé.
EM.C.
Ce mardi matin, un expert est passé. Selon nos informations, le propriétaire de l’immeuble divisé en appartements qui a pris feu en est à son troisième incendie en six mois.
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