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Dans l’académie de Montpellier, l’indice de position sociale des élèves est sous la moyenne nationale dans le public et s’est envolé dans le privé. Preuve d’une éducation à deux vitesses et d’une mixité mise à mal que les chefs d’établissement ne peuvent que subir.
13 % des collégiens se trouvaient en 2021 dans un établissement public situé hors de leur secteur. Une illustration des stratégies de contournement des familles pour éviter les établissements situés en zone d’éducation prioritaire. Ce qui remet sur le tapis cette mixité qui s’est délitée.
Chaque établissement possède un Indice de Position Sociale (IPS), calculé en fonction des conditions socio-économiques et culturelles des familles des élèves. L’indice médian est de 100. En les rendant publics, en 2022, l’Éducation Nationale a un peu ouvert une boîte de Pandore qui a peut-être accéléré la désertion par les classes moyennes et supérieures d’établissements à l’indice médiocre.
Dans l’académie de Montpellier, où 15 % des élèves sont scolarisés en zone prioritaire, tous les lycées professionnels publics étaient en 2024-2025 sous l’IPS moyen alors que les lycées privés étaient au-dessus (114,7 dans l’Hérault, 107 dans les PO, 100,6 dans le Gard, 108,7 en Lozère, 103,6 dans l’Aude). Un écart encore plus net entre les IPS des collèges publics et privés : 97 / 116 dans l’Aude, 99,5 / 118 dans le Gard, 103,2 / 129,3 dans l’Hérault, 94,6 / 122,1 dans les PO.
À part en Lozère, des écarts public-privé similaires sont observés sur les lycées généraux et techniques. À Christian Bourquin, à Argelès-sur-Mer, où l’IPS (104) est élevé par rapport au département, Florent Martin ressent parfois une certaine impuissance pour agir sur ce levier de la mixité : « Quand les considérations électorales ou politiques implantent un établissement à proximité d’un autre, cela peut créer une certaine ségrégation. »
Pour le proviseur, également secrétaire académique du SNPDEN, très clairement, « le privé ne prend pas sa part dans l’accueil de l’ensemble des publics. » Un secteur privé sous contrat financé par le public à hauteur de 76 % – le plus haut niveau en Europe – et qui accueille en France 18 % des élèves, soit 2 millions. En France, une famille sur deux a eu, à un moment ou un autre un enfant scolarisé dans ce secteur. « Je n’étais pas pour mais quand j’ai vu les conditions se dégrader en public, à 32 par classe, j’ai mis mon fils dans un collège privé de Montpellier », témoigne un parent.
À Béziers, où était organisé le colloque du SNPDEN sur le sujet, le problème est encore plus criant, comme l’a exposé sans fard Pierre Fournier, proviseur du lycée polyvalent Jean-Moulin, qui possède l’un des indices IPS les plus faibles de l’académie, autour de 95 : « A Béziers, tous les établissements publics sont en zone prioritaire ou ont un indice IPS qui leur permettrait d’y prétendre. 40 % des élèves sont dans le privé, et 65 % des enfants de cadres en particulier. La classe moyenne des lotissements, elle, a été captée par les petits collèges d’arrondissements. »
À l’inverse, le lycée privé biterrois de La Trinité a vu son IPS passer de 120 à 144 en cinq ans. Pierre Fournier dénonce une « opération de séparatisme qui s’est développée sur la peur de la population » et précise : « Quand il y a un enfant qui a un niveau moyen ou un problème qui dépasse, le privé le renvoie vers nous. »
« On se sent seul sur ce sujet, ajoute le proviseur. Ça Passe d’abord par la sécurisation des établissements. Nous y avons travaillé. Ensuite, il faut essayer de montrer qu’on peut réussir. Développer parcours structurants, tutorats. Mais on ne peut pas être coercitif. »
Régis Bégorre, du pôle égalité des chances de l’académie, rappelle que « le libre choix reste un droit des familles qu’on ne peut remettre en question. »
Réformer la mixité en intégrant le privé dans un grand service public de l’éducation : Alain Savary l’avait rêvé dès 1984, sans lendemain. Pap Ndiaye s’y est cassé les dents en 2023, se contentant d’un plan minimaliste pour réduire la ségrégation sociale de 20 % à l’horizon 2027. Celle-ci, au contraire, continue de galoper dans les cours de récré.
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Est-ce étonnant ? Arrivés au collège public je n'ai laissé mes enfants qu'une année dans un collège de Sète où les profs étaient dépassés par certains élèves qui passaient leur temps à mettre la confusion dans les cours surtout ceux qui étaient dispensés par une femme. Je ne dirai pas qui étaient ces élèves afin d'éviter le couperet. Une fois dans un collège privé catholique tout est devenu plus serein.
Quand  j'ai posé mes valises à Séte, il va y avoir 10 ans, le lecteur de la presse quotidienne regionale que j'étais (Ouest-France, Paris-Normandie, la Montagne, le Parisien, la depèche du Midi, France Guyane…), était sévére sur le Midi Libre  dans lequel j'y trouvais peu d'articles de fond, au-delà des échos du village toujours indispensables.

Je dois le dire, je trouve que le contenu du Midi Libre s'est nettement amelioré ces deux dernières années.

Une illustration: l'édition du 23 novembre avec 2 pleines pages sur le thème "Pauvreté et réussite scolaire, l'ascenseur social en panne". Bien documenté, le dossier trouve un bon équilibre entre des analyses avérées au niveau national et illustrées  par des données spécifiques à la région et au département de l'Hérault.

Extraits d'un constat largement partagé :

–  notre pays est celui d'Europe qui accompagne le plus la pauvreté, mais aussi celui qui fait le moins bien réussir les enfants issus de milieux précaires. (Pour mémoire,  taux de pauvreté national à 14,5 % , 17,5 % en Occitanie, 20% dans l'Hérault).

– le système éducatif français n'a jamais été conçu pour faire réussir tous les élèves, mais pour trier et sélectionner les meilleurs. La part d'enfants issus des milieux populaires disparaît  à mesure qu'on monte dans le cursus scolaire, 63% sortant du système scolaire sans diplôme.

-La belle idée du "collège unique" du ministre gaulliste René Haby n'y a rien changé, tant les stratégies de contournement ont été nombreuses, à tous les étages du système. Idem pour l'ambition du ministre socialiste Jean-Pierre Chevènement pour un bac accessible à 80% des lycéens : l'objectif a bien été atteint et même depassé…sauf qu'il ne s'agit  pas vraiment du même bac pour tout le monde: les enfants de cadres et d'enseignants sont à 90% en filière générale; les enfants d'ouvriers à 75% dans les filières pros.

J'avais pas vu cet article qui pose bien le problème. Le privé choisit ses élèves et n'a pas de contraintes d'effectifs. Il peut écarter un autiste, un hyper actif…

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