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En pleine période d’inflation, le pouvoir d’achat est au centre de l’attention des ménages. Bien que le coût de la vie soit moins cher en Espagne qu’en France, les prix augmentent et les aides sociales restent peu nombreuses. Comment les Espagnols gèrent-ils la situation ? Éléments de réponse. 
Depuis 2021, l’Espagne est confrontée à une forte inflation. Elle découle des tensions provoquées sur les chaînes de production par le redémarrage de l’économie ainsi qu’à l’envolée des prix de l’énergie. De l’autre côté des Pyrénées, même phénomène, le coût de la vie augmente et le pouvoir d’achat diminue. Néanmoins, la vie en Espagne reste plus abordable. Pourquoi ?
Globalement les taxes sont moins élevées en Espagne qu’en France. « Les systèmes sont totalement différents. En France, les impôts sont plus élevés par rapport à l’Espagne et les salaires aussi » explique Josep Miro Roig, économiste. À titre d’exemple, dans l’Hexagone, les taxes sur l’essence montent à 61,4 % pour l’essence et à 58,6 % pour le prix du gazole. Cette différence ne s’explique pas seulement par la TVA de 20 % qui est plus faible qu’en Espagne. Elle découle surtout de la Taxe Intérieure sur la Consommation des Énergies (TICPE).
En parallèle, dans la péninsule ibérique, les taxes constituent 56 % du prix de l’essence et 52 % du prix du diesel, dont 21 % sont de l’ordre de l’IVA, l’équivalent de la TVA française. Ce taux d’imposition indirect est le même pour tous les produits mis à la vente en Espagne, hors exception. Ainsi, il n’évolue pas, même dans le cas d’une hausse du coût du pétrole brut. Cet écart de taxes entre les deux pays démontre logiquement la différence du coût de la vie.
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Dans la péninsule ibérique, le salaire moyen avoisine  les 25 000 euros par an. En France, il s’élève à hauteur de 32 000 €. Cette différence s’explique en partie par le fait qu’en Espagne, les contrats précaires sont « mieux considérés qu’en France » note Josep Miro Roig. « En 2006, lorsque Dominique De Villepin, à l’époque Premier ministre français, a proposé le Contrat de première embauche, le texte a suscité une vive opposition parmi les Français, puis par les partis politiques de gauche, estimant que le contrat aurait facilité les licenciements abusifs et la précarité » se remémore l’économiste catalan. En Espagne, les contrats à temps partiels dits « plus précaires », sont nombreux, et participent à abaisser la moyenne salariale espagnole. « En Espagne, on préfère travailler à mi-temps plutôt qu’être au chômage » résume l’économiste catalan.
Malgré la différence des salaires, en Espagne, les travailleurs semblent mieux s’en sortir financièrement que les Français. Comment gèrent-ils leur budget, notamment en pleine période d’inflation et de crise économique ?
Premier élément de réponse : les Espagnols vivent plus longtemps chez leurs parents. Effectivement, ils quittent le foyer familial aux alentours de 29 ans, alors que la moyenne de l’Union européenne est de 26 ans. Il y a une raison économique à ce phénomène. En effet, les salaires sont relativement bas tandis que les loyers sont élevés, notamment à Barcelone ou à Madrid. À savoir qu’en Espagne, il n’y a pas d’aides, type Aide Personnalisée au Logement (APL) comme en France. Autre raison, en Espagne, le culte de la propriété est également très marqué, on préfère acheter que louer. Donc, les enfants vivent plus longtemps chez les parents en attendant d’avoir les moyens d’acheter leur propre bien.
En vivant chez leurs parents assez longtemps, les Espagnols géreraient mieux leur budget, malgré leur salaire globalement plus bas. A contrario, en France, les jeunes s’émancipent souvent dès leurs études universitaires, aux alentours de 20 – 23 ans. Or, la location immobilière représente le premier poste de dépense pour 60 % des jeunes Français, selon un rapport publié par l’Assemblée national en 2022. Malgré les aides, le budget des jeunes Français se retrouve en partie amputé par les frais de logement, ce qui explique leur pouvoir d’achat en berne.
Autre grande différence entre les deux pays, le nombre d’aides sociales. En France, les organismes sont nombreux à attribuer une aide aux plus précaires : RSA, APL, Prime d’activité, pension d’invalidité, etc. L’Espagne verse, quant à elle, moins d’aides.Toutefois, le gouvernement socialiste a oeuvré pour multiplier les prestations sociales dans un contexte de crise sanitaire et économique.
Par exemple, le Conseil des ministres du 18 janvier 2022 a approuvé la nouvelle aide de la Prime Location Jeunes, dotée d’un budget de 200 millions d’euros et qui devrait bénéficier à plus de 70 000 jeunes, avec une aide mensuelle de 250 euros pendant deux ans, pour la location d’un logement. Le déploiement de ces prestations est facilité par le versement accordé par l’Union européenne, s’élevant à 70 milliards d’euros, afin de relancer l’économie du pays.
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medecin français à Barcelone
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