Résidences secondaires. Du littoral à l’arrière-pays s’égrène une succession de micromarchés dont raffole une clientèle internationale. Pour échapper aux prix les plus élevés, de jolis villages offrent quelques opportunités à l’écart de la foule.
Par Colette Sabarly
On le dit trop fréquenté, embouteillé… Mais son soleil généreux, ses plages de sable fin, ses paysages provençaux, son art de vivre à nul autre pareil… chassent bien vite les critiques que le Sud suscite parfois. De la Côte Bleue à la frontière italienne en passant par l’arrière-pays, la Méditerranée fait toujours recette chez les amateurs de résidences secondaires. Pour autant, avec la remontée des taux, « le marché a subi un sérieux ralentissement, mais il semble reprendre des couleurs, tant auprès d’une clientèle française qu’étrangère (Scandinaves, Anglais, Néerlandais, Allemands, Américains, Moyen-Orientaux…) », explique Julien Bourdry, de Barnes Côte d’Azur.
Quant aux prix, une chose est sûre : les biens surcotés ne se vendent plus ou font l’objet d’offres à la baisse de – 10 à – 15 %. « Certains vendeurs imaginent pouvoir céder leur bien aux prix d’il y a deux ans, ce n’est plus possible, c’est 20 % trop cher », note Véronique Fresquet, de Michaël Zingraf Alpilles. Cannes et Nice, qui vivent à l’année et dont les marchés restent actifs, voient leurs prix mieux résister.

Avec ses façades aux dégradés d’ocre, d’orangé ou de rose, sa basilique résolument baroque et son vieux port, Menton ne peut nier ses influences italiennes et promet la dolce vita à qui veut y acquérir un pied-à-terre. « Elle plaît aux retraités mais aussi aux Monégasques qui fuient les projecteurs de Cannes et Saint-Tropez, préférant la vie d’une authentique station village », indique Laura Prokhoroff, d’Emile Garcin Propriétés. Elle séduit aussi une clientèle anglo-saxonne sans doute nostalgique de l’époque où toute l’aristocratie européenne venait s’y divertir.
« Les appartements cossus avec extérieur et vue mer sont très recherchés », note Sébastien Loffredo, de l’Immobilière du Grand Palais. Quartier Garavan, un 110‑m² situé au 2e étage, avec 65 m² de jardin et un parking, a été négocié 680 000 euros. Avec la vue mer, il aurait coûté 1 million.
Une petite maison s’échange à 700 000 euros (avec une petite piscine) et 1,2 million et plus avec vue mer. « Les acquéreurs négocient en cas de prix trop élevés », confie Pierre-Laurent Telle, de Century 21 Molière. Non loin, Sainte-Agnès, Gorbio ou Castellar méritent l’attention. A Gorbio, une villa de 90 m² avec piscine sur 2 000 m² de jardin, est affichée à 590 000 euros.
Loin de la foule estivale où toute l’élite européenne se croise, nombre de villages disséminés dans la verdure sur les hauteurs de Cannes et d’Antibes offrent un refuge à ceux qui aiment la discrétion. C’est le cas de Mougins et Valbonne, adresses incontournables des plus fortunés. « Pour 2 millions d’euros, on peut s’offrir un très bel appartement à Cannes ou une très belle maison à Mougins ou Valbonne », affirme Christophe Grenes, de John Taylor. Mais les prix s’envolent souvent au-delà.
« A Mougins, un Européen de l’Est vient de s’offrir une villa de 350 m² avec jardin, piscine et pool house pour 4 millions d’euros », note Anne Catherine Léman, de Michaël Zingraf. En revanche, à Village-Le Val-Cabrières, une maison moderne de 140 m² avec piscine est proposée à 900 000 euros.
Opio, Roquefort-les-Pins ou Châteauneuf-Grasse sont à explorer pour limiter la dépense. A Plascassier, une maison de 200 m² avec 4 000 m² de terrain et vue sur les collines a été vendue 1,5 million d’euros. Plus à l’est, le très emblématique Saint-Paul-de-Vence demeure très cher. « L’endroit est à la fois charmant, pittoresque, et bénéficie de très jolies vues sur la mer », précise Jean-Nicolas Frontini, de Michaël Zingraf. Vence et Tourrettes-sur-Loup sont plus abordables. Une jolie provençale peut y être acquise 900 000 euros.
Du côté de Saint-Tropez, « les Russes ayant disparu, les transactions ont chuté », note Pierre Confolent, d’Histoires de Pierre. Mais « la jet-set s’autorise encore à débourser plus de 10 millions d’euros pour une vue mer », lance Nicolas Ginon, de Daniel Féau Provence. Non loin, les prix de La Croix-Valmer n’ont rien en commun. Pour preuve, cette maison de 197 m² en vente à 890 000 euros.
De Grimaud, une route sinueuse conduit à La Garde-Freinet, village au charme discret qui avait séduit en son temps Jeanne Moreau et Vanessa Redgrave. Là, une villa de 220 m² avec piscine sur 1 hectare de terre a été négociée à 1,6 million d’euros. Le Plan-de-la-Tour n’est pas en reste. Une propriété de 234 m² avec piscine sur 6 000 m² de terrain est mise en vente 1,35 million d’euros.
Du côté de Cotignac, Flassans-sur-Issole, Brignoles, secteur où Brad Pitt et George Clooney ont acquis de vastes demeures, l’offre est large et la fourchette de prix aussi : de 500 000 à 2 millions d’euros. A Cotignac, une ferme de 135 m² dotée d’un terrain de 20 hectares est proposée à 850 000 euros. « Quant au village de Tourtour, s’il mérite l’attention, il est difficile d’accès », confie Philippe Braunsteffer, de Barnes Var.

Retrouvez ci-dessous l’intégralité des articles de notre dossier sur les résidences secondaires.
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Soleil, vieilles pierres, places ombragées… Ici, le charme et l’art de vivre à la provençale prennent tout leur sens. « La clientèle est à 40 % française et à 60 % étrangère, composée d’Anglais, d’Allemands, de Néerlandais, de Scandinaves et même d’Américains », décrit Céline Pourrot, de Janssens Immobilier. Parmi les villages les plus cotés, Saint-Rémy-de-Provence, facile d’accès en TGV, animé en toute saison, et Eygalières pour son cachet exceptionnel. Les Baux-de-Provence et Maussane ont aussi leurs adeptes.
Selon François Le Troquer, de Barnes, « à 10 000 euros le m², les prix des Alpilles sont quasiment parisiens ». Pour une maison de pierre proche du zéro défaut, « il faut compter de 1,6 à 2,2 millions d’euros », évalue Nicolas Ginon. Mais « un mas se paie 2 à 3 millions d’euros selon sa qualité », nuance Céline Pourrot. Voire plus.
« J’ai à la vente un très beau mas de 280 m² avec 2 000 m² de terrain et piscine, rénové, meublé et décoré, à 3,99 millions d’euros », cite Pierre-André Scandolera, de Sotheby’s Realty. Au nord de Saint-Rémy, les prix s’adoucissent : « Maillane, Eyragues, Saint-Etienne-du-Grès, Barbentane ou Mollégès disposent de mas et bastides entre 600 000 et 1,5 million d’euros », conclut Jean Pitrat, d’Era Immobilier à Châteaurenard.
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