Un rassemblement d'élus de tous bords, venus de Catalogne nord et de Catalogne sud, s'est tenu pour exprimer incompréhension et mécontentement ce samedi 29 octobre 2022 au lieu hautement symbolique qu'est le col de Banyuls-sur-Mer. Et ce, quelques jours après que le préfet des Pyrénées-Orientales a annoncé qu'il ne le rouvrirait pas pour des questions de "pression migratoire", de "risque terroriste", et d'"accroissement des tentatives de passages transfrontaliers de la criminalité organisée."
Situé à mi-chemin de Banyuls-sur-Mer et d'Espolla dans l'Alt Empordà, à 10 kilomètres tout rond de l'un et de l'autre, le col de Banyuls est depuis janvier 2021 jonché de "pierres de la honte." Un surnom donné par les élus de Catalogne nord et de Catalogne sud à ces rochers posés à même le sol, sur décision préfectorale, pour couper la circulation par mesures antiterroristes et contre l'immigration clandestine. Sauf qu'après avoir décrété cette semaine que "les conditions ne sont pas réunies pour une réouverture du col de Banyuls-sur-Mer avant la fin de l’année 2022", le préfet des Pyrénées-Orientales, Rodrigue Furcy, a un peu plus resserré les liens dans les rangs d'élus français et catalans. Ce samedi 29 octobre 2022, des maires et des sénateurs des deux côtés de la frontière, des conseillers régionaux et départementaux, le Consell comarcal de l'Empordà, et d'autres élus (européens notamment) ont dénoncé une fois encore ce blocage et signé une déclaration de principes et de soutien.

"C'est un problème de continuité territoriale et de conformité aux règles européennes, a pointé Pierre Becque, avocat, ancien maire de Banyuls-sur-mer (1995-2001) et aujourd'hui président de l'association Albères sans frontière (Albera sense frontera) forte de 1200 adhérents. La fermeture de cette frontière est illégale. L'arrêté préfectoral interdit de circuler sur cette route qui accède au col, mais n'interdit pas de circuler à côté. C'est dire que si vous montez à pied par ici et passez par le col, vous commettez une infraction. Mais si vous montez par le chemin qui est de l'autre côté et que vous passez le col vous ne commettez aucune infraction puisque ce n'est pas prévu. C'est une invraisemblance."

Cependant par cette mesure, "ce lien fraternel coupé, symbole des chemins de la liberté" où ont transité notamment résistants et réfugiés juifs et espagnols du temps de la Seconde guerre mondiale et de la Retirada, a imagé le maire de Banyuls-sur-Mer Jean-Michel Solé, le "caractère d'inutilité" est souligné. "Si l'Etat veut instaurer des contrôles, comme il en a le droit en vertu des accords de Schengen et les articles 25, 26 et 29, nous nous y plierons et montrerons nos papiers au besoin à condition que la commission européenne soit prévenue, que ce soit limité dans le temps et que ce soit proportionné (au regard de jurisprudences du tribunal de Strasbourg, NDLR). J'attends que l'on me démontre qu'ici passent des centaines de milliers d'immigrés. C'est plutôt par Portbou ou Cerbère car il y a des trains et des transports en commun. En réalité, des tas de gens comme vous et moi y passent d'un côté comme de l'autre, à pied, à moto, à vélo. Ces cailloux ne servent à rien si ce n'est à nous compliquer la vie", développe Pierre Becque.

En empêchant la libre circulation, l'économie s'en trouve impactée selon les manifestants, dans la vente de l'huile, les achats du quotidien, pour la main-d’œuvre à l'époque des vendanges. Idem pour les entreprises transfrontalières. Les accointances humaine, familiale, culturelle, sociale, touristique sont également entravées insistent-ils. Et la sécurité : "En 2017, Cooperem, qui est un accord a été financé à hauteur de plus de 2 millions d'euros par l'Europe pour coordonner les actions des pompiers des deux côtés de la frontière. Les sorties de tuyaux des camions français et espagnols ne sont pas les mêmes, donc il a fallu un dispositif de communication commun perfectionné, mais ça ne marche pas, car on ne peut pas passer." Le col de Manrella, autre axe secondaire fermé et point de passage entre la France et l'Espagne, via Las Illas et La Vajol, est aussi toujours fermé.

Les défenseurs de la réouverture du col de Banyuls entendent poursuivre leur démarche par la voie judiciaire. "Le mémoire pour recours d'excès de pouvoir devant le tribunal administratif de Montpellier est établi. Nous allons l'approuver en conseil d'administration mercredi soir. Si c'est le cas, dès jeudi il est déposé. On verrait une décision dans un an", a détaillé Pierre Becque. Jordi Solé, eurodéputé de Catalogne sud, a évoqué une saisine des juridictions européennes, "si on peut aller à Strasbourg exposer notre point de vue, je ne sais pas sous quel format encore, nous sommes prêts à le faire avec les maires de Banyuls et d'Espolla." Ces derniers étant preneurs d'ici là de toute solution, comme des ouvertures ponctuelles des lieux : "Si on craint le trafic la nuit mais que le col est ouvert en journée, on comprend ce genre de contrainte."
Le samedi 19 novembre à midi au col, l'association Albères sans frontière organise une trobada caminera d'excursionistes de tous les marcheurs dans les Albères. Trois à quatre chorales vont chanter avec l'approbation spéciale de l'artiste Lluís Llach, "Venim del nord, venim del sud", tandis que l'ascension sera filmée par un drone.
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Ca s'appelle une macronerie
Définition :
– ça permet de se faire mousser : " vous allez voir ce que vous allez voir"…….
– ça ne sert à rien
-ça em…… tous les usagers…
Pour toi j'enleverais juste le r apres le c et ça serait bien le resumè de ton post qui ne veut absolument rien dire !
dans un coin où il y a beaucoup d'agriculteurs (donc de matériel ) il est bizarre que ces 4 cailloux soient encore là……. je pense que ,en Corse , il y a longtemps que l'on trouverait des petits tas de gravier à la place.
faux pretexte, decision illegale face aux textes de schengen, cela va dans le sens des decisions prises durant le covids sur les masques, sur nos libertes, sur le passe vaccinale, , il est plus facile de fermer une departementale que de faire face aux incivilites qui gangrénent notre pays
Oui mais l'un n'empeche pas l'autre !
La liberté ou l'anarchie ce n'est pas la première chose .
La liberté consiste à pouvoir faire ce qui ne nuit pas à autrui, contaminer les autres c'est de l'égoïsme qui n'a rien à voir avec la liberté , à moins qu'il s'agisse d'incivilités pour reprendre le terme à la mode ?