Pour immortaliser l’alignement parfait entre la pleine lune et Notre-Dame à Reims, il faut de savants calculs, un temps sec et un ciel dégagé. Les occasions sont rares mais un astrophotographe a réussi de jolis clichés ce week-end.
Il y songe depuis un bout de temps. Mais les occasions pour capturer l’alignement entre la pleine lune et la cathédrale de Reims sont rares. « Ce cliché, je l’ai en tête depuis quelques années, confie Louis Leroux-Géré. Ce n’est possible que durant quelques mois par an, de novembre à février, en hiver, quand la nuit tombe assez tôt. Et puis, la pleine lune, ce n’est qu’une fois par mois… » En novembre et en décembre derniers, pas de chance pour l’astrophotographe de 28 ans, « la météo était catastrophique ». Mais en ce dernier week-end de janvier, les conditions étaient enfin réunies.

Encore fallait-il trouver le point d’observation idéal. « Il existe des logiciels et même des applications pour calculer le lieu et l’heure exacts. Mais le mieux, c’est encore d’aller sur place, car ça se joue à quelques dizaines de mètres près. Si on est mal placé, on n’a pas le temps de bouger tout le matériel. »
Vendredi 26 janvier, c’était la « pleine lune du loup », la première pleine lune de l’année. « Je savais que la lune se levait vers 18 h 20. Sauf que j’habite et je travaille près de Lille, à deux heures de Reims. Ce qui fait que je suis arrivé vers 18 heures. » Louis a rejoint son père, photographe lui aussi, en repérage depuis une bonne heure près de Jouy-lès-Reims, à 7 km de Notre-Dame. « L’idée était de faire une photo avec un télescope de 1000 mm de focale. Dans ce cas, le champ de vision est très restreint. La lune reste à peine 3-4 minutes dans le cadrage. » Après une mise en place « sportive » en moins de 20 minutes (avec presque 50 kg de matériel à installer), la lune commence déjà à pointer le bout de son nez. Problème : « Étant plus hauts sur notre spot que la ligne d’horizon, la lune se levait avec une incidence presque négative sur l’horizon et nous n’avions pas prévu cela ! » Résultat : « Elle se levait un peu trop sur la gauche et nous devions attendre 5 minutes pour qu’elle passe au-dessus de Notre-Dame. »
Un laps de temps trop court pour que le télescope s’acclimate à la froideur de ce début de soirée . « La différence de température provoque un fort phénomène de déformation optique et de flou », déplore Louis Leroux-Géré qui réalise un premier cliché « frustrant », mais déjà du plus bel effet.

Le lendemain, le duo décide de retourner sur un autre spot, plus proche, pour retenter sa chance. De nouveaux calculs les emmènent cette fois sur un chemin en hauteur au milieu des vignes, près d’Ormes. « Malheureusement, samedi, les nuages étaient de la partie, regrette l’astrophotographe, mais l’ambiance avec cette lune donnant l’impression d’être un soleil levant est assez folle. »

Le premier cliché est (très) légèrement flou et décalé. Sur le second, l’alignement y est, mais les nuages cachent en partie l’astre. « On a aussi été gênés par une centrale électrique. On n’avait pas prévu la présence d’un poteau et de la ligne devant la cathédrale. » Si l’auteur n’est pas entièrement satisfait, les deux photos, deux « poses uniques », c’est-à-dire sans aucun montage, restent particulièrement réussies. L’astrophotographe, passionné par les objets célestes et autres phénomènes météo, n’a pas dit son dernier mot : « On retentera peut-être notre chance le mois prochain. »
La lune du loup est le nom donné à la première lune de l’année, en janvier. Selon le Old Farmer’s Almanac (L’Almanach du vieux fermier), elle aurait été surnommée ainsi par les Amérindiens. Les premières traces dans ce périodique nord-américain remontent aux années 1930. « On pense que la pleine lune de janvier a été surnommée la lune des loups parce qu’il était plus probable d’entendre les loups hurler à ce moment-là. On croyait traditionnellement que les loups hurlaient à cause de la faim en hiver, mais nous savons aujourd’hui que les loups hurlent pour d’autres raisons », indique l’almanach.
D’autres animaux parsèment le calendrier de l’almanach, le cerf en juillet, l’esturgeon en août ou encore le castor en novembre.
La prochaine pleine lune, celle de la neige, aura lieu le samedi 24 février.
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