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Aujourd’hui et demain, l’association Mountain Wilderness procédera au démantèlement des installations des quatre téléskis de la montagne de Lure. Quarante-six ans après l’installation du premier téléski, c’est toute une page de l’histoire locale qui se referme sur cette petite station des Alpes du Sud qui a connu l’affluence touristique dans les années 70.
Le manque de neige lié au changement climatique et la demande de la clientèle qui a changé ont bouleversé la donne.
Avec Le Sauze dans la vallée de l’Ubaye, la station de Lure est la plus ancienne des Alpes-de-Haute-Provence.
Dès les années 30, on y venait avec les skis sur les épaules et le premier remonte-pente a été construit juste avant la guerre. « Il avait bien du mal à fonctionner. Il déraillait tout le temps. Ce n’est qu’après la guerre que la société d’aménagement avait construit un système de perches plus performant qui est resté en place jusqu’en 1960 », se souvient Edmond Gaubert, 86 ans, à l’origine de la création des installations modernes.
La station de Lure a vécu ses heures de gloire dans les années 70/80, à l’époque où le ski se démocratisait et où les installations poussaient comme des champignons.
On y venait en famille, le plus souvent à la journée, le mercredi ou les week-ends, pour goûter aux joies des sports de glisse.
Robert Bergamaschi et sa femme Claudette, qui ont tenu l’auberge de Lure pendant 38 ans, se souviennent de cette période faste où les norias de bus et de voitures venaient s’agglutiner sur le bord de la route pour former une file indienne interminable sur plusieurs kilomètres.
« C’était une affaire de cœur, une affaire familiale. Il y avait en ce temps-là un potentiel énorme. Les visiteurs représentaient avant tout une clientèle familiale de proximité. Toutes les écoles de Marseille et du bassin d’Apt se rendaient à Lure. Nous avons compté jusqu’à 38 cars sur le parking à proximité du refuge. C’était de la folie douce. On travaillait avec l’armée, les bases de Salon, de Nîmes, sans oublier bien sûr les militaires de Saint-Christol. C’était inouï de voir autant de monde, les téléskis pouvaient acheminer jusqu’à 600 skieurs à l’heure », déclare l’ancien aubergiste qui a vendu son affaire au mois d’octobre dernier.
Ce sentiment est partagé par Jacky Taupenas et sa femme Françoise Laugier qui ont exploité les remontées mécaniques jusqu’à la fin des années 90.
« Au début de la station, il fallait marcher 800 mètres pour atteindre le premier téléski. Nous lancions le moteur à la poulie avec une corde. Aujourd’hui, les temps ont bien changé. Le manque de neige, une clientèle de plus en plus exigeante, la concurrence des autres stations, sans oublier la législation et les normes de plus en plus contraignantes, ont entraîné une baisse de la fréquentation et de la rentabilité », poursuivent les gérants le la société Lure remontées mécaniques, qui avaient repris l’affaire familiale d’Edmond Gaubert à la fin des années 70 avant de cesser leur activité sur le terrain en 1997.