L’Aveyron souffre d’un manque de préparation et de moyens face aux risques d’incendies.
L’Aveyron est un département dont la surface boisée ne représente que 30 % du territoire et pourtant, la lutte contre les incendies pallie un vaste manque de moyens humains et logistiques pour coordonner la gestion des forêts publiques et des forêts privées.
Historiquement, la Défense des forêts contre l’incendie (Dfci) visant à limiter le développement des incendies dans les massifs forestiers a été mise en place en 1949 des suites du "Grand incendie" de Gascogne.
Elle est désormais étendue à tout le territoire compte tenu du réchauffement climatique et s’étend bien au-delà des départements de l’arc méditerranéen "qui ont l’habitude de faire face à ces phénomènes et sont préparés contrairement à notre département qui n’était a priori pas concerné", déclarait le préfet de l’Aveyron, Charles Giusti.
Pourtant Stéphane Serieye, technicien du Centre national de la propriété forestière Aveyron, qui a la gestion des forêts privées, indique que "le plan départemental de défense contre les incendies a placé depuis 2017 plus de 90 communes en risque fort. Ces communes ont des obligations légales de débroussaillement qui nécessitent beaucoup de main-d’œuvre donc ça n’est pas fait. Il y a une grande demande de moyens au niveau des instances départementales pour la lutte contre les feux de forêt."
L’Office national des forêts (ONF), ayant la gestion de la part publique, a l’obligation d’ouvrir des marchés pour choisir les entreprises qui réaliseront ces travaux de débroussaillement. "Nous devons souvent faire appel à des entreprises extra-départementales où les acteurs sont déjà présents et formés comme dans le Gard, car sur le risque feux de forêt, la filière est totalement à construire en Aveyron", informe Bruno Gratia, directeur de l’ONF.
Globalement assez démunis face aux coupes budgétaires dans les organismes publics, les 12 agents de l’ONF Aveyron ne peuvent, à eux seuls, aviser les nombreux propriétaires privés les ayant contactés pour se prémunir face aux risques incendies.
Le directeur de l’ONF explique que parmi les solutions existantes pour ralentir la propagation du feu, "la mise en place de citernes aériennes et la densification du réseau de dessertes dans les massifs forestiers permettant l’accès aux moyens de lutte ainsi que l’intégration d’espèces moins combustibles lors du repeuplement des forêts dépérissantes fait partie de nos missions principales".
Coté privé, Stéphane Serieye déplore l’ampleur de la tâche pour coordonner les 63 000 propriétaires dispersés : "Nous n’avons pas la maîtrise du foncier pour aménager une desserte sur un massif morcelé en plusieurs parcelles. Cela demande de regrouper des propriétaires entre eux". Un vaste chantier pour les deux seuls statutaires de l’organisme qui ont la gestion de près de 200 000 hectares de forêts…
Le département de l’Aveyron est modeste en termes de forêts publiques. 93 % de la superficie forestière appartient à des propriétaires privés, 4 % à l’État et 3 % aux collectivités locales.
Plus de 13 000 ha sont gérés par 156 groupements forestiers, plusieurs propriétaires se sont regroupés en ASL pour organiser la desserte en commun de leur massif. En surface, les forêts publiques représentent 18 522, 15 hectares avec 11 forêts domaniales et 147 forêts de collectivités.
En 2019, l’Aveyron est le département d’Occitanie produisant le plus gros volume de sciages feuillus. Deux scieurs de taille industrielle sont situés sur son territoire.
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"… L’Aveyron est un département dont la surface boisée ne représente que 30 % du territoire…".
QUE ?
C'est aussi la moyenne nationale. Toujours en progression, surtout par déprise agricole : en 150 ans, la superficie de forêt a doublé en France, par reboisement ET enfrichement spontané.

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