La digitalisation modifie le métier d’agent immobilier en profondeur en France, faisant émerger de nouveaux modèles d’affaires. Si les agences traditionnelles pèsent toujours pour 60 % du marché, la part des pure players, mandataires à distance et business centers atteint 14 %, en progression constante. Les notaires et particuliers s’attribuent les 26 % restants. Découvrons les grands types de structures assurant une intermédiation entre vendeur et acquéreur dans l’immobilier.
Les agences « traditionnelles » devenues digitales
L’essor des nouvelles technologies contraint les agences immobilières « traditionnelles » à opérer leur transition digitale. Les agences peuvent faire partie d’un réseau de franchise, réseau intégré ou réseau indépendant. Elles disposent de locaux ayant pignon sur rue où elles accueillent la clientèle, mais elles utilisent également différents outils numériques :  un CRM, le partage de fichier, la visite virtuelle, par exemple avec une vidéo 360°, la signature en ligne, etc.
Les agences traditionnelles emploient à la fois des commerciaux salariés qui perçoivent un fixe, assorti d’un pourcentage du chiffre d’affaires traité et des agents commerciaux. Tous bénéficient d’une formation continue hybride et d’un accompagnement sur terrain.
Les pure players
S’appuyant sur les outils numériques, ces agences en ligne offrent un service entièrement automatisé afin d’alléger les coûts, notamment de structure et main-d’œuvre. En contrepartie du paiement d’un forfait fixe, les vendeurs disposent d’une palette de services, entre autres une insertion publicitaire sur les portails immobiliers, l’organisation de visites ou les rendez-vous avec un diagnostiqueur. Toutefois, ce business model n’est pas fiable, les forfaits étant trop bon marché pour couvrir les investissements. Beaucoup optent ainsi pour une conversion en agences de mandataires à distance.
Les réseaux de mandataires
Grâce à la carte professionnelle, un agent immobilier peut créer un réseau de mandataires à travers la France. Désormais, le pays compte un total de 80 000 agents mandataires. De plus en plus, les agents commerciaux doivent s’acquitter d’une redevance pour travailler pour les mandataires à distance.
Les business centers
Également inspirés d’un concept américain, les business centers désignent des plateformes qui regroupent des agents commerciaux indépendants sur un secteur géographique précis. Ces derniers ont accès à un espace de travail, moyennant une redevance mensuelle et des frais divers. Mais contrairement aux États-Unis, la France n’impose pas de formation spécifique donnant lieu à l’obtention d’une « licence » à ces agents commerciaux. Ce modèle économique fait d’ailleurs craindre une forme d’ubérisation de la profession aux agences plus « classiques ».
Les ibuyers
Importé des États-Unis, le métier consiste pour l’agence ayant obtenu un mandat de vente à trouver un acquéreur dans un délai convenu à l’avance, par exemple trois mois. Si à l’issue de cette période, le bien n’a pas trouvé preneur, l’agence s’engage à l’acheter à un prix plancher. Cependant, des deux côtés de l’Atlantique, nombre de ces acteurs rencontrent des difficultés.
L’intervention humaine reste indispensable
Malgré le rôle croissant des technologies dans le domaine de l’immobilier, les compétences, les qualités et les relations humaines continuent à faire une grande différence. Pour ce projet de vie d’importance, rares sont les acheteurs qui se contentent d’une simple visite virtuelle préalable du bien. De même, l’estimation de son juste prix est plus juste et plus fiable après une vérification minutieuse in situ de ses caractéristiques et de son état.
À toutes les étapes de la transaction, le professionnel est indispensable : l’évaluation de la valeur, la mise en vente, la visite, la négociation, le montage d’un plan de financement, le conseil au vendeur ou à l’acquéreur, etc. Aucune machine ou solution digitale n’est en mesure de remplir toutes ces fonctions, qui requièrent une formation spécifique et une expérience continuellement renforcée.
Ainsi, malgré l’évolution de leur business model, les acteurs traditionnels recrutent des salariés en interne, ou font appel à des collaborateurs externes. Ils sont également de plus en plus nombreux à se tourner vers le portage salarial en immobilier, statut choisi par un nombre croissant de négociateurs, mandataires, agences ou réseaux d’agences.
Cette forme d’emploi leur offre une totale autonomie, dans le choix de leurs missions et la gestion de leur temps, pour un risque moindre par rapport au statut d’agent commercial par exemple. En effet, le salarié porté bénéficie d’une couverture sociale complète, incluant l’assurance maladie, la prévoyance, la mutuelle santé, la retraite, l’assurance chômage.
Enfin, il revient à la société de portage salarial de prendre en charge toute la partie administrative et comptable, permettant au professionnel de l’immobilier de se consacrer à 100 % sur son activité.
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