Les marchands de souvenirs installés à l’ombre de Notre-Dame se passent très bien de l’absence des chalets. Les clientèles n’étaient pas vraiment les mêmes.
Est-ce que les commerçants du parvis de la cathédrale regrettent l’absence du marché de Noël ? Eh bien pas du tout si l’on en croit les avis que nous avons recueillis sur place.
Sylvie Zacarias en a vu, des marchés de Noël ! Cela fait des dizaines d’années qu’elle travaille au magasin de souvenirs de la Cave des sacres. Elle a bien entendu connu le temps de la place d’Erlon, puis l’expérience du parvis de la cathédrale. « Alors, c’est vrai que nous avons moins de monde qui vient au magasin que quand le marché était ici tout près de nous, reconnaît-elle, surtout le week-end. Mais personnellement, je ne souhaiterais pas son retour finalement, parce que, si nous avions beaucoup de visiteurs, cela ne faisait pas forcément beaucoup d’acheteurs… Et puis, avec tant de monde dans la boutique, on passait pas mal de temps à faire la police, plus qu’à faire du commerce, ce n’était pas forcément agréable. »
« Je suis ravi que le marché ne soit plus là ! Le stationnement est plus facile pour nos clients » Alexandre Boissel
Une porte plus loin, sous la même enseigne mais cette fois dans une boutique exclusivement dédiée à la vente de champagne, le gérant Alexandre Boissel tient un discours tout à fait comparable. « Je suis ravi que le marché ne soit plus là ! » lâche-t-il franchement. Il ne tient pas à prolonger la discussion, mais trouve quand même assez de temps pour faire comprendre que désormais, ses clients trouvent bien plus facilement à stationner à proximité, et que « la clientèle churros et vin chaud » n’était pas forcément la sienne.
À quelques pas de là, Marius Laplace nous accueille aux Délices champenoises, boutique de souvenirs à tendance gastronomique. Lui non plus ne va pas pleurer pour voir revenir les chalets sur le parvis. « C’est vrai qu’esthétiquement, c’était plutôt agréable de voir le marché juste à côté de la cathédrale, reconnaît-il, et on ne peut pas contester le fait que ça apportait une animation. » Mais ?… « Mais d’un point de vue purement commercial, ça n’était pas si intéressant que ça, pour nous en tout cas : ça n’était pas forcément la même clientèle ; je dirais même que ça nous arrange que le marché ne soit plus là, il est plus facile d’accéder à notre magasin. » En choisissant d’abandonner l’ombre de Notre-Dame il y a deux ans pour la grande perspective des Promenades, les organisateurs de l’événement rémois de fin d’année ont donc fait au moins plusieurs heureux.
Et du côté de la cathédrale, que dit-on de ce que les chalets du marché ne sont plus regroupés sur le parvis ? « Je ne saurais pas dire si ce déplacement a un impact sur le nombre de nos visiteurs, répond le nouveau recteur de l’édifice, le père Thierry Bettler, mais ce que je peux constater, c’est qu’à cette époque de l’année, il y a davantage de cierges qui sont déposés à Notre-Dame (de Reims) qu’en temps ordinaire, et ce, quel que soit l’emplacement du marché. Surtout les week-ends, même si la météo n’est pas favorable. Samedi dernier (2 décembre), je suis passé jeter un œil, et je peux dire que c’était bondé ! Et manifestement, les gens n’étaient pas tous des habitués des églises. Mais ce n’étaient pas non plus les mêmes genres de personnes que les touristes de l’été, qui se présentent à la table d’accueil, et qui posent des questions. »
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