Le 82, rue Jean Moulin à Saint-Cyr-sur-Mer – CREDIT : Var Actu
La contestation contre le projet immobilier du 82 rue Jean Moulin à Saint-Cyr-sur-Mer franchit une nouvelle étape. Le 13 janvier 2026, le « Collectif Jean Moulin St Cyr sur mer » a reçu, chez l’un de ses membres, deux représentants du promoteur Marignan, porteur de l’opération de construction d’un immeuble de 38 logements assorti de 66 places de stationnement, dont 33 en sous-sol au 82 de la rue Jean Moulin.
Plus de quinze riverains étaient présents pour interpeller directement le promoteur, poser des questions et tenter d’obtenir des modifications substantielles du projet.
Côté Marignan, la société était représentée par Ghislain Giroudon, directeur d’agence Provence, et Othmane Bennis, responsable études & conception.
L’objectif affiché de la réunion était double : permettre au collectif d’exprimer ses inquiétudes et ses points de contestation, et explorer d’éventuels compromis, comme une réduction de l’ampleur du programme ou une réorientation de certaines terrasses et balcons donnant directement sur les propriétés voisines.
En ouverture des échanges, le promoteur a tenu à poser un cadre : selon lui, le permis de construire a été délivré « dans les règles », conformément à la réglementation. Les représentants de Marignan ont rappelé que la mairie s’était opposée au projet, mais que le juge a rejeté son recours, obligeant ainsi la commune à délivrer le permis. Une manière de signifier que, sur le plan légal, l’opération est sécurisée.
Le promoteur a également assumé la réalité d’un chantier impactant, tout en promettant de répondre avec franchise aux demandes formulées : « Il va y avoir des nuisances liées aux travaux, on ne s’en cache pas (…) si on peut réduire les nuisances éventuelles on essaiera d’y répondre favorablement, et si on ne peut pas je vous le dirai. » Une déclaration qui, pour les riverains, ne règle pas l’essentiel : l’intégration du projet dans une rue et un quartier qu’ils décrivent comme résidentiels et calmes.
Sur la question cruciale du calendrier, Marignan a indiqué que le démarrage des travaux est prévu en septembre 2026. La durée du chantier est annoncée entre 18 et 22 mois. Le promoteur a identifié la phase la plus pénible pour les habitants : le terrassement, estimé à environ deux mois, avec ses nuisances associées, notamment la poussière. Un point particulièrement sensible puisque le projet prévoit un sous-sol avec parkings, impliquant des travaux d’excavation.
Lors de la réunion, un membre du collectif a listé les points jugés les plus problématiques. En premier lieu, la hauteur du bâtiment, autour de 10 mètres, qui entraînerait selon les riverains une perte importante d’ensoleillement et de luminosité dans plusieurs maisons voisines. La proximité de l’immeuble, annoncé à environ 4,50 mètres des clôtures sur certains secteurs, alimente aussi la colère : les habitants évoquent un vis-à-vis très important, voire direct, avec des terrasses et balcons surplombant jardins et chambres.
Le collectif pointe notamment :
Un élément est venu renforcer leur argumentaire : un membre du collectif a expliqué qu’un expert en urbanisme s’était déplacé pour constater la configuration du projet et ses conséquences potentielles. D’après le collectif, cet expert aurait confirmé une perte considérable d’ensoleillement et le caractère disproportionné de la construction au regard du quartier et de la route.
La question centrale a été posée sans détour : le projet peut-il être réduit, notamment en supprimant un étage pour passer d’un immeuble prévu en R+2 à un R+1 ? Pour les riverains, ce serait le seul moyen de limiter les impacts sur l’ensoleillement, le vis-à-vis et l’intégration dans la rue. L’un d’eux a résumé le ressentiment : le projet serait « totalement démesuré » dans une rue jugée inadaptée.
La réponse du promoteur a été nette : réduire le projet reviendrait, selon lui, à perdre 30% de l’opération. Un riverain a rétorqué : « Et nous on perd 30% de la valeur de nos biens ». Marignan a ensuite insisté sur une logique de marché et de constructibilité : le terrain est acheté en fonction de ce qu’autorise le PLU et, si la réglementation permet un R+2, l’opération se fait en R+2.
Le promoteur a résumé sa position : « Je vais jamais acheter un terrain où je peux faire un R+2 pour en faire un R+1 ». Sur ce point, aucun compromis n’a été concédé.
Autre sujet majeur : la circulation. Les riverains redoutent l’arrivée de véhicules supplémentaires, en lien direct avec les 66 places de stationnement. Ils estiment que cela se traduira mécaniquement par plus de passages dans une rue étroite et à sens unique, avec en toile de fond une inquiétude récurrente : la proximité d’un important groupe scolaire, l’école de la Deidière, où de nombreux enfants se déplacent à pied ou à vélo.
Marignan a minimisé l’impact, affirmant qu’une étude de trafic conclurait avec « 99% de chances » à un effet faible sur la circulation à l’échelle de la ville. Mais le collectif a immédiatement demandé que cette étude soit réalisée aux frais du promoteur. Après une hésitation, Marignan a reconnu que « c’est un coût » et que l’étude n’était pas prévue. Les riverains ont annoncé leur intention d’adresser un courrier formel pour la réclamer.
En fin d’échanges, le promoteur s’est engagé à demander un devis, tout en rappelant que « le garant du bon fonctionnement de la ville c’est le maire ».
Sur la sécurité, une habitante a évoqué la vitesse des véhicules dans la rue et la présence d’écoliers, demandant si Marignan pouvait se rapprocher de la mairie pour l’installation de ralentisseurs. Le promoteur a répondu que tout ce qui est extérieur au terrain ne relève normalement pas de son périmètre. En revanche, il a ouvert une possibilité : si une étude de trafic est menée, elle pourrait servir d’appui pour évoquer avec la municipalité des zones de ralentissement.
D’une manière générale, Marignan a insisté sur un principe : l’entreprise « ne refait pas la ville » et la sécurité sur la voie publique doit être traitée avec la municipalité.
L’inquiétude des riverains ne se limite pas à l’après-projet : elle porte aussi sur la phase de chantier, notamment l’excavation liée au parking souterrain, avec un creusement annoncé jusqu’à 3 mètres de profondeur. Le collectif a demandé la mise en place d’un constat contradictoire d’huissier, à la charge du promoteur, afin d’établir l’état des maisons avant travaux (présence ou non de fissures, état des murs, etc.), et de se prémunir d’éventuels dégâts.
Sur ce point, Marignan a indiqué que, de manière générale, un huissier intervient effectivement pour constater l’état des logements environnants, avec prises de photos, et que si des dommages liés aux travaux survenaient, la remise en état serait à la charge du promoteur. Un engagement important pour les riverains, même si le promoteur a jugé la probabilité de dommages « extrêmement faible ».
La question de la dévaluation des biens a été posée frontalement. Un riverain a expliqué que sa villa, située à proximité immédiate du terrain, risquait d’être fortement dévaluée. Un autre a évoqué le cas d’une voisine qui ne parviendrait pas à vendre, les acquéreurs potentiels étant refroidis par le projet, l’obligeant à baisser son prix sans succès.
Les riverains ont demandé si des indemnisations pouvaient être envisagées, comme cela aurait été le cas, selon eux, dans d’autres projets similaires. La réponse du promoteur a été claire : « Il n’y a pas d’indemnisations prévues ». Le collectif a toutefois indiqué qu’il ferait appel à un expert immobilier pour évaluer une éventuelle décote.
Sur le vis-à-vis, les habitants, notamment rue des Palombes, ont demandé si la construction pouvait être reculée de plusieurs mètres. Marignan a répondu que le recul supplémentaire n’était pas envisageable, à l’exception éventuelle de « 20 à 50 centimètres », à étudier avec les architectes, mais pas davantage.
Concernant les ouvertures et espaces extérieurs :
Sur la végétalisation, le promoteur a reconnu une « marge de manœuvre ». Des arbres doivent être supprimés, d’autres seraient transplantés. Marignan a assuré que « tous les arbres supprimés seront remplacés » et qu’il serait possible de travailler avec le paysagiste pour adapter les espaces verts, notamment en « montant les végétaux un peu plus haut ». Un point que le collectif pourrait chercher à cadrer plus précisément, compte tenu de ses inquiétudes sur la disparition d’arbres existants.
Finalement, selon le collectif, cela conclut à une position ferme du promoteur sur les revendications principales. Marignan refuserait :
En revanche, le promoteur s’engage sur plusieurs points :
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