En huit saisons sur la rade, Facundo Isa a porté 158 fois le maillot frappé du muguet. Arrivé comme un gamin, reparti comme un homme et surtout comme l’un des plus grands chouchous de Mayol, le buffle de Santiago del Estero a pris la direction de Pau cet été. Ce soir au Hameau, le massif troisième ligne de 32 ans retrouvera ses anciens partenaires. Des coéquipiers (et amis) qu’il n’a pas oubliés puisque, cet hiver, « Facu » a passé Noël chez Brian Alainu’uese, au côté notamment de David Ribbans. Toujours aussi souriant, l’international argentin (51 sélections) a accepté de se confier avant ce choc. Aventure « folle », dernières cartouches avec Toulon, départ forcé, retour à Mayol, il ouvre la boîte à souvenirs.
Vous avez passé huit saisons à Toulon. S’il fallait résumer l’aventure en un seul mot, quel serait-il ?
(Il réfléchit et rigole) Je dirai « folle ». Mon aventure a été un peu dingue, du début à la fin. Il y a eu je ne sais combien de changements d’entraîneurs, des hauts et des bas au classement, trois finales européennes perdues, puis enfin ce titre en Challenge Cup… Donc, oui, ces huit ans étaient fous. Comme la ville, comme le club quoi !
Rembobinons jusqu’au dernier match de saison régulière à Mayol face à Bordeaux. Au coup de sifflet final, comme tous les partants, vous êtes honoré par le club. Que se passe-t-il dans votre tête, à ce moment-là ?
Ces journées-là sont particulières, difficiles. À Toulon, j’ai fait d’un boulot une maison. C’était une grande partie de ma vie. J’ai trouvé des amis, des proches, un groupe. Mes coéquipiers comme les supporters m’ont beaucoup donné. J’espère avoir rendu cette confiance. En tout cas, j’ai fait de mon mieux. Sur le moment, même si j’étais ému, je l’ai plutôt bien vécu. C’est plus tard que ce départ m’a vraiment touché.
À quel moment ?
Quand j’ai dû vraiment déménager, d’abord, puis quand je suis arrivé à Pau. J’ai dû essayer de comprendre tous les changements qui allaient arriver dans ma vie. C’était encore un peu flou. Mais c’est à ce moment-là que j’ai réalisé que j’avais quitté Toulon.
Symboliquement, votre dernier match à Mayol est le barrage gagné face à Castres, où vous marquez. Cette rencontre a-t-elle eu une saveur particulière ?
En démarrant, je savais que ça serait mon dernier combat à la maison. Mais j’ai procédé comme tout au long de l’année : jouer comme si c’était mon dernier match avec Toulon. C’est ce que j’ai fait. Sauf que là, c’était vraiment le cas.
Comment s’est organisé votre départ de Toulon ? Avez-vous discuté d’une éventuelle prolongation ?
Il n’y a pas eu vraiment de discussion. Toulon ne voulait plus me renouveler, je savais que le club ne comptait pas sur moi pour le futur, alors on n’a pas eu trop besoin de parler. Dès novembre, avant les matches internationaux, j’étais au courant. J’ai donc cherché un club qui serait bon pour moi. J’ai eu beaucoup de propositions, heureusement (rires), mais Pau m’a semblé être le meilleur projet. Et je ne suis pas déçu (lire ci-contre).
Avez-vous été blessé, vexé, par le choix de Toulon ?
Blessé, non. Mais ça n’a pas été évident à digérer. J’ai compris que c’était ma dernière année et qu’il fallait que je profite de ces moments-là. J’ai eu la chance de pouvoir jouer jusqu’au bout, même si j’étais sur le départ. Et ça, j’en suis fier. J’ai continué de donner le maximum pour le club.
Le 4 novembre dernier, vous êtes revenu à Mayol, mais avec votre nouveau maillot de la Section. Comment avez-vous vécu ce déplacement, forcément particulier ?
C’était… bizarre. J’avais l’impression d’avoir réussi à faire le deuil de Toulon, mais c’était compliqué. Au final, ça ne m’a pas fait autant de mal que ce que je pensais. Ou alors, j’ai bloqué cette partie-là dans mon esprit. Je savais que ce match allait arriver et qu’il pouvait me toucher. J’ai réussi, je pense, à bien l’appréhender.
L’arrivée des joueurs dans la peau d’un Palois, s’installer dans le vestiaire adverse… et même marquer avec un autre maillot, c’était comment ?
Nouveau et bizarre. Sur le terrain, tu te retrouves en face de mecs avec qui tu t’es battu pendant de longues saisons. Mais, au coup d’envoi, il n’y a plus de copains. Et ce sera pareil au Hameau (sourire). Oui, j’ai marqué mais je n’ai même pas profité ni célébré. Je respecte bien trop Mayol pour ça.

Débarqué dans le Béarn à l’intersaison, Facundo Isa s’est (déjà) mué dans la peau d’un joueur clé de l’effectif de Sébastien Piqueronies. Pas trop dépaysé, niveau météo ? Il se marre : « Chez vous (dans le Var), je n’ai pas l’impression que ça soit terrible, non ? En réalité, on a eu des belles journées, du soleil, même si, là, on entre dans l’hiver ! » Pas de quoi déboussoler, pour autant, le solide « Facu » qui, en seize apparitions sous le maillot palois (et huit titularisations), a inscrit cinq essais. Encore titulaire ce dimanche soir au Hameau, l’Argentin a été séduit par le projet palois. Il raconte : « La Section est en train d’écrire son histoire. C’est un club qui monte. J’ai envie de m’inscrire là-dedans, c’est motivant. »
Même si, au départ, tout n’a pas forcément été évident pour lui. « Au début, j’avoue que j’ai eu un peu peur, poursuit le troisième ligne. J’avais passé huit ans à Toulon, c’était un vrai changement. On m’a très bien accueilli… mais je repartais de zéro. Il fallait rencontrer tout le monde. J’aime connaître tout le monde, pas seulement les joueurs. Le staff, les kinés, les prépas, les gens des bureaux, tout le monde au club. Maintenant, je suis bien ! Et, dans la ville, je commence à prendre mes habitudes. Je n’oublierai pas non plus ma première au Hameau, avec la fameuse “Honhada”. J’adore ça. C’est une vraie communion avec le public. »
Parfaitement intégré dans sa nouvelle vie béarnaise, Facundo Isa aura à cœur de faire oublier le match aller à Mayol. « On en avait pris quarante, ressasse-t-il. C’est une rencontre du haut du tableau, qui sera importante pour la suite. On se doit de gagner. » Le message est clair. F. DA.
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