Qu’en est-il de l’avenir de l’emblématique verrue urbaine de l’îlot Nicolet, située boulevard Maréchal Leclerc ?
Un véritable « imbroglio » juridique, dont on ne semble plus se rappeler l’origine.
La famille Nicolet s’installe à la fin du XIXe siècle, édifiant l’illustre villa L’Enclos, transformée plus tard en un hôtel de 50 chambres.
En 1983, le moulin de l’Ilette, qui fait l’angle de la propriété, devient une pizzeria jusqu’à sa fermeture, en 2016. En longeant le domaine, on dénombre, au total, quatre villas à l’abandon, dont les dates de construction et de désaffectation restent floues.
Le constat ? Situé dans un espace que l’on peut qualifier “d’entrée de ville”, à la jonction du cap et de Juan-les-Pins, l’îlot est une plaie visuelle. Ses bâtiments abandonnés, squattés et tagués représentent un problème majeur pour l’association de défense du Ponteil et du cap d’Antibes, ainsi qu’un préjudice pour les riverains.
Depuis le dernier article de Nice-Matin (lire notre édition du 8 mars 2025), la situation n’a guère évolué. Il y a un an, l’interrogation portait déjà sur l’avenir de l’îlot, comme depuis 2007.
Une mission délicate, au vu des contraintes posées par le site : la villa L’Enclos et le moulin de l’Ilette sont classés, tandis que l’ensemble du parc immobilier est inscrit comme Site patrimonial remarquable au Plan local d’urbanisme (PLU).
Cela implique une surveillance rigoureuse des Architectes des bâtiments de France.
Enfin, sa situation géographique, « les pieds dans l’eau », rend le terrain exceptionnel… mais surtout vulnérable.
Ce dernier est situé sous la cote de submersion marine et en zone couverte par un Plan de prévention des risques d’inondation (PPRI).
Qu’en est-il du dossier de ravalement de façade, pourtant jugé prioritaire par la Ville, amorcé il y a plusieurs années ?
Ce dernier demeure en attente au vu de la situation judiciaire. Coup de théâtre : la société propriétaire, Antibes Royal, est engagée dans une procédure de liquidation judiciaire.
En conséquence, l’ensemble de la parcelle de 1.935 m² est mis en vente sur le site Propriétés Le Figaro pour la coquette somme minimale de 8.300.000 euros. Les offres sont ouvertes jusqu’au 26 avril.
Concernant le futur du bâti – si vente il y a – les projets seront conditionnés par l’ensemble des limites réglementaires énoncées ci-dessus, ainsi que la surveillance étroite de la mairie.
Cette dernière a, par ailleurs, déjà refusé de nombreux projets (1) ne respectant pas les législations en vigueur.
1. Le dernier en date remonte à 2013 : une demande de création de dix appartements de style Art déco, qui s’était soldée par un net refus des services d’urbanisme.
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