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Article rédigé par Yan Barry
Midi Libre
Mardi 5 mai, de 9 h 45 à 18 h, l’Unis et la Fnaim Gard-Lozère organisent la seconde édition de Rénovons, le Salon de la copropriété au centre des congrès h2. L’occasion de passer en revue les informations pratiques qui concernent les 125 000 copropriétaires gardois.
Pour cette deuxième édition de Rénovons, le Salon de la copropriété organisé tous les deux ans, le président de l’Unis Occitanie (organisation des professionnels de l’immobilier) Ludovic Tourdiat et celui de la Fnaim Gard-Lozère Romain Tissot (lire son interview par ailleurs) ont choisi le centre des congrès nîmois. Ainsi, ce mardi 5 mai, à partir de 9 h 45 à 18 h, le public pourra s’informer et mieux appréhender les différentes thématiques liées à la copropriété : rénovation énergétique, locations Airbnb, troubles du voisinage, bornes de recharge électrique, gestion des sinistres, vidéoprotection.
La matinée débutera par un face-à-face inaugural entre Ludovic Tourdiat, professionnel de l’immobilier à Nîmes, et le maire et président de l’Agglo Nîmes métropole Vincent Bouget. « Je vais l’interroger sur ce qu’on avait obtenu avec l’ancien président de l’Agglo Franck Proust. Est-ce qu’il va maintenir notre prime climat ? Les copropriétés éligibles à Ma prime rénov peuvent depuis deux ans bénéficier d’une prime climat complémentaire de 600 €. Est-ce que M.Bouget l’abondera davantage ? Ma seconde question concernera la Maison de l’habitat, un espace où les citoyens vont chercher des informations auprès d’experts pour, par exemple rénover son logement Et puis, il y a aussi le problème de la sécurité de l’habitat dégradé, une loi oblige à faire une étude de structure. »
Une soixantaine de stands, des conférences, parfois théâtralisées, des échanges avec des professionnels de l’immobilier sont également prévus sur une journée. « C’est un salon ouvert et gratuit, accessible à tous, qui permet d’apporter une information claire et concrète à l’ensemble des copropriétaires et locataires de notre région, mais aussi aux professionnels. Dans un contexte de plus en plus complexe, il est indispensable de mieux comprendre les enjeux liés à la gestion, aux charges ou encore à la rénovation énergétique », rappelle Romain Tissot.
Pour cette deuxième édition du salon, il y aura une grande nouveauté, celle d’un procès fictif du syndic de copropriété mais avec deux vrais avocats où chaque partie pourra s’exprimer : « C’est en réponse au sujet à charge de l’émission Envoyé spécial sur les syndics. On voulait l’aborder de manière plus humoristique », confie Ludovic Tourdiat. Il compte surtout offrir une immersion pédagogique sur les responsabilités et les limites du rôle de syndicat de copropriété.
De nombreux cas pratiques seront abordés comme celui des locations Airbnb qui peuvent être sources de nuisances selon le président de l’Unis : « Je voulais un salon pratique. Au quotidien, le copropriétaire vit de la location de courte durée. À Nîmes, c’est important, on peut le tolérer mais pas sur tous les ensembles immobiliers. Il y a des gens qui veulent avoir une vie paisible en copropriété. Aujourd’hui, le Airbnb est un fonctionnement hôtelier qui vend des nuitées. C’est une activité commerciale qui n’est pas compatible avec le fonctionnement d’une copropriété avec des allées et venues, des gens qui ne connaissent pas le fonctionnement de la copropriété. »
Une loi créée fin 2024 permet de supprimer cette activité dans les copropriétés : « Avant cela nécessitait un vote à l’unanimité. Aujourd’hui, il faut deux tiers des voix, ce qui assouplit et permet d’inclure une nouvelle clause d’interdiction dans les règlements de copropriété. C’est un outil supplémentaire pour ceux qui ne souhaitent pas avoir d’Airbnb. »
Le Salon de la copropriété permettra ainsi d’y voir plus clair et de donner des informations. Une nécessité pour accompagner les 125 000 copropriétaires gardois dont 44 000 Nîmois.
Quels sont les enjeux de ce salon pour la Fnaim ?
Ce deuxième salon de la copropriété est un événement essentiel car il met en lumière un pan majoritaire du parc immobilier français : la copropriété, qui concerne une grande partie de nos concitoyens. C’est également l’occasion de mettre à l’honneur un métier encore trop méconnu et parfois injustement jugé : celui de syndic de copropriété. C’est un métier exigeant, très varié et qui offre de réelles perspectives d’emploi.
Que pensez-vous de la mise en location des logements “passoires thermiques”, projet du gouvernement ?
L’annonce va dans le bon sens car elle permet de répondre à une urgence immédiate : le manque de logements sur le marché locatif.
Elle s’inscrit dans le cadre de la loi Climat et Résilience qui prévoit l’interdiction progressive de location des logements énergivores (G depuis 2025, F en 2028, E en 2034). Or, ces échéances se révèlent difficiles à tenir pour de nombreux propriétaires. Le projet de loi propose d’autoriser la remise en location sous condition de travaux, avec des délais de 3 ans pour les maisons et 5 ans en copropriété. C’est une réponse utile à court terme qui envoie un signal de confiance aux bailleurs. Mais elle ne règle pas le fond du problème : elle reporte en réalité l’application d’une loi qui, dans son calendrier initial, était difficilement réalisable. L’enjeu reste donc de rendre la rénovation réellement accessible à tous.
Constatez-vous un regain d’activité et d’optimisme sur le marché de l’immobilier ?
Le contexte reste complexe. Les investisseurs continuent de considérer l’immobilier comme une valeur refuge et un placement privilégié sur le long terme, mais le manque de visibilité freine les prises de décision.
Sur notre territoire, des villes comme Nîmes conservent une attractivité forte et jouent un rôle de marché refuge. Néanmoins, de nombreux investisseurs restent dans l’attente, notamment pour mieux comprendre les orientations en matière de politique d’urbanisme et du logement de la nouvelle équipe municipale. Malgré ces incertitudes, nous restons optimistes et confiants. Notre territoire a des atouts.
Quelles conséquences peut avoir la guerre en Iran sur le secteur du logement ?
L’impact est indirect mais bien réel. Le contexte géopolitique entraîne une hausse des coûts des matières premières et de l’énergie, ce qui a des répercussions immédiates sur le coût des travaux, dans le neuf comme dans la rénovation.
Cela se traduit par des budgets plus élevés et parfois par des projets reportés. À l’inverse, sur le marché de l’ancien, cela renforce les négociations, les acquéreurs intégrant davantage le coût des travaux dans leur réflexion.
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