Par B.B. le 18 mars 2026 à 06:45
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lectures – Temps de lecture : 3 min
20 000 investisseurs réunis à Cannes, des milliards en jeu… et une guerre qui surgit au pire moment. Au Mipim 2026, le monde de l’immobilier croyait enfin voir la lumière après plusieurs années difficiles. Mais la géopolitique pourrait bien rebattre les cartes.
Sommaire
Depuis quelques mois, le secteur immobilier recommençait à respirer. Les volumes d’investissement ont progressé en 2025 et les capitaux reviennent progressivement sur le marché.
En France, les investissements ont atteint 21 milliards d’euros en 2025. À l’échelle européenne, ils dépassent 215 milliards d’euros. Les levées de fonds immobiliers repartent aussi à la hausse, signe que les investisseurs retrouvent de l’appétit.
Les sociétés civiles de placement immobilier ont par exemple collecté 30 % d’épargne supplémentaire en un an. À l’international, les fonds dédiés à l’immobilier ont levé environ 225 milliards d’euros en 2025, contre 175 milliards l’année précédente.
Ce regain d’optimisme a toutefois été brutalement perturbé par la situation géopolitique. L’intervention militaire en Iran et les représailles dans la région ont replongé les investisseurs dans l’incertitude.
Ce n’est pas une première pour le Mipim. Depuis 2020, chaque édition a été bousculée par une crise mondiale. D’abord la pandémie, puis la guerre en Ukraine et la flambée des taux d’intérêt.
Résultat : les professionnels de l’immobilier restent prudents. Les projets avancent, mais les décisions d’investissement pourraient ralentir si le contexte international se dégrade.
Autrement dit, la reprise est là… mais elle reste fragile.
Pendant plusieurs années, le bureau a été le grand perdant du marché immobilier. Télétravail, flex office, surfaces réduites… le modèle a été profondément secoué.
Pourtant, les signaux changent. En 2025, les investissements dans l’immobilier de bureau ont progressé de 30 %. Et près d’un tiers des entreprises qui ont déménagé vers des surfaces supérieures à 5 000 m² ont finalement agrandi leurs bureaux.
La réalité est plus nuancée. Les immeubles récents, bien situés et performants sur le plan énergétique attirent encore les locataires. Les bâtiments vieillissants, eux, peinent à trouver preneur.
Certains segments immobiliers ont traversé la crise sans trop de dégâts. L’hôtellerie, par exemple, profite pleinement du rebond du tourisme international.
Entre 2024 et 2025, près de 3 milliards d’euros ont été investis dans ce secteur en Europe, soit une progression d’environ 7 %. Les investisseurs restent aussi très actifs sur les résidences gérées.
Les logements étudiants et les résidences seniors séduisent particulièrement. Leur modèle locatif est jugé plus stable et moins exposé aux cycles immobiliers.
À l’inverse, le résidentiel classique attire moins les capitaux. Les marges sont plus faibles et la crise du logement complique les équilibres économiques pour les promoteurs.
Dans les allées du Mipim, un mot revient sans cesse. Data centers. Ces gigantesques bâtiments où sont stockées les données numériques sont devenus la nouvelle obsession des investisseurs.
Pour beaucoup de fonds, ils ne sont plus seulement de l’immobilier. Ils sont considérés comme des infrastructures stratégiques, au même titre que les réseaux d’énergie ou de transport.
La raison est simple : leur activité ne s’arrête jamais. Les serveurs fonctionnent en continu, les locataires signent des contrats longs et les besoins explosent avec l’IA, le cloud et le streaming.
Les montants engagés donnent le vertige. Début mars, Amazon a annoncé 18 milliards d’euros d’investissement dans de nouveaux centres de données en Espagne.
La France attire aussi de plus en plus ces projets. Sa position géographique en Europe, combinée à une électricité largement décarbonée, constitue un avantage stratégique pour les opérateurs.
Résultat : le marché immobilier évolue. Entre bureaux en mutation, nouvelles infrastructures numériques et capitaux internationaux, le secteur entre clairement dans une nouvelle phase.
Et au Mipim, tout le monde le sait : les prochains cycles immobiliers pourraient bien se jouer… dans des bâtiments sans fenêtres.
B.B.
B.B.
B.B.
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