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Hasard du calendrier judiciaire. Alors qu’en fin de semaine dernière le tribunal correctionnel de Bordeaux jugeait une affaire de proxénétisme aggravé, les policiers de la Sûreté départementale déféraient devant un juge d’instruction un habitant du Pian-Médoc âgé de 33…
Hasard du calendrier judiciaire. Alors qu’en fin de semaine dernière le tribunal correctionnel de Bordeaux jugeait une affaire de proxénétisme aggravé, les policiers de la Sûreté départementale déféraient devant un juge d’instruction un habitant du Pian-Médoc âgé de 33 ans et un transsexuel brésilien de 28 ans dans le cadre de poursuites similaires. Tous deux ont été mis en examen pour proxénétisme aggravé et ont été placés en détention provisoire à Gradignan et Angoulême.
Cette affaire a débuté au mois de juillet dernier à la suite d’une plainte déposée par une prostituée pour des menaces avec arme. L’enquête confiée à la brigade de répression du proxénétisme de la Sûreté a très vite permis de découvrir l’existence, à Bordeaux, d’un vaste réseau de prostitution dans le milieu transsexuel sud-américain.
Face aux premiers éléments recueillis, le parquet de Bordeaux a ouvert une information judiciaire. Dans le cadre de la commission rogatoire d’une juge d’instruction, les policiers ont ficelé leur dossier après quatre mois d’enquête.
Leurs investigations ont permis de déterminer que le trentenaire du Pian Médoc, gérant d’une société de conciergerie travaillant pour des sites de location d’appartements sur Internet (Airbnb, Booking, le Bon coin), supervisait un portefeuille de logements qu’il louait, à l’insu des propriétaires, à des prostitués transsexuels venus principalement du Brésil mais aussi du Paraguay. Et ce depuis 2015.
Filatures de jour comme de nuit, opérations de police technique, etc., ont conforté les soupçons des enquêteurs sur l’organisation mise en place par le concierge avec la complicité de son épouse qui s’occupait de la comptabilité et d’un transsexuel brésilien chargé de recruter les prostituées. Au cours de ces deux derniers mois, les policiers ont recensé 38 annonces de location d’appartement, le plus souvent à la semaine. Sept adresses, soit autant de lieux de prostitution, ont été découvertes dans le quartier des Chartrons ainsi que dans le secteur de la gare Saint-Jean. Il s’agit d’appartements souvent d’un certain standing que le concierge louait à des tarifs plus élevés que ceux demandés par les propriétaires et pouvant aller jusqu’à 1 500 euros la semaine. Selon les estimations de la police, cette activité lui aurait rapporté environ 8 000 euros par mois.
La semaine dernière, le loueur, son épouse et le « rabatteur » brésilien ont été interpellés et placés en garde à vue au commissariat central de Bordeaux. La perquisition menée au domicile du couple a conduit à la découverte et à la saisie d’un peu plus de 136 000 euros en espèces.
Avec la coopération du Groupe interministériel de recherche (GIR) d’Aquitaine, en charge du volet patrimonial de l’affaire, deux véhicules ont également été saisis.