Le printemps de l’immobilier 2026 devait être marqué par une forte remontée des transactions immobilières après un premier rebond en 2025. Mais c’était sans compter le conflit au Moyen-Orient, enclenché fin février, qui est venu déstabiliser la conjoncture économique. Malgré cela, les banques ont eu tendance proposer des crédits encore attractifs, avant une possible remontée des taux directeurs de la Banque centrale européenne. Ainsi, les taux d’intérêt ont certes poursuivi leur hausse mais ne se sont pas emballés en ce début d’année.
Résultat, dans certaines villes françaises, le marché immobilier ancien a repris des couleurs et les prix se sont alignés en conséquence, indiquent les dernières données de la plateforme immobilière Bien Ici, en partenariat avec BFM Business. Tandis que dans d’autres, les prix sont restés stables, voire se sont repliés, signe, dans certains cas, que la correction de la crise immobilière de 2022-2023 ne s’est pas terminée.
La capitale reste incontestablement en progression. Le marché parisien a en effet repris assez rapidement après la crise immobilière, avec une hausse des prix de 0,9% entre mars et avril 2026, et de 1,5% sur un an. Le nombre d’annonces immobilières, lui aussi, a augmenté de 9,7% en un an dans la capitale sur le site de Bien Ici, signe que le marché a retrouvé son dynamisme. La capitale reste en effet une exception, reconnue pour sa stabilité et ses plus-values à la revente.
Le prix moyen au mètre carré oscillait ainsi, en avril, entre 8.783 euros dans le 19e arrondissement (nord-est parisien), et 19.944 euros dans le 6e arrondissement, rive gauche (qui accueille également la deuxième rue la plus chère de France, rue de Furstemberg).
À Marseille, les prix de vente ont aussi poursuivi leur progression, avec une moyenne de 248.000 euros au mètre carré pour un appartement de 3 pièces en avril 2026, contre 235.000 euros il y a encore un an, en avril 2025.
Selon le groupe SeLoger, les prix au mètre carré ont augmenté de 0,9% dans la cité phocéenne sur la période de janvier à avril. Un niveau similaire à celui de la ville de Montpellier, qui voit elle aussi ses prix progresser sur la plateforme. Cependant, cette hausse était plus marquée encore à Marseille au printemps 2025, où les prix avaient gagné 1,4%. À Montpellier, les prix avaient progressé de seulement 0,3% sur cette même période il y a un an.
Caen est un autre exemple de ville où les prix progressent depuis un an, avec un prix médian du T3 à 209.000 euros en avril 2026. Le nombre d’annonces à la vente, en revanche, s’est réduit de 14% en un an. Idem à Toulouse, où les prix progressent depuis fin 2024.
Nice est, par ailleurs, un cas particulier. La cité côtière des Alpes-Maritimes a été la seule des grandes villes françaises à ne pas voir ses prix baisser au moment de la crise immobilière. Le prix médian d’un appartement de 3 pièces est ainsi passé de 359.000 euros en mai 2022 à 390.000 euros, près de quatre ans plus tard, en avril 2026. Cependant, selon les données de SeLoger dans son dernier baromètre du printemps immobilier, Nice a enregistré une baisse des prix de 0,8% entre janvier et avril. « Le cas
de Nice est structurellement distinct », écrit SeLoger.
D’autres villes voient, elles aussi, leurs prix remonter (plus ou moins progressivement et tardivement), mais pas encore revenir à leur niveau d’avant crise immobilière. C’est notamment le cas de Nantes, qui affiche en moyenne 3.894 euros au mètre carré selon Bien Ici. Un niveau 5% inférieur au mois d’avril 2025, un an auparavant, mais légèrement en hausse depuis le mois précédent de mars (+0,1%).
La ville a en effet énormément « corrigé » à partir de mi-2023, lors de la crise immobilière: cela signifie que les prix des logements mis en vente ont chuté pour se réaligner à la demande. Ainsi, le prix médian d’un appartement nantais de 3 pièces est aujourd’hui affiché à 233.000 euros, contre 265.000 euros il y a trois ans, en mars 2023 (soit -12,1%). Même phénomène à Rennes, où un T3 (prix médian) coûte aujourd’hui 250.000 euros selon Bien Ici. Un niveau presque équivalent à avril 2025 (où il était de 257.000 euros), mais bien inférieur à avril 2023 (290.000 euros).
Lyon est certainement la grande ville qui a le plus « corrigé » ces dernières années. Le phénomène est notamment visible sur les 3 pièces. Leur prix médian est passé de 375.000 euros en mai 2022 à 325.000 euros en avril 2026 à l’échelle de toute la ville (soit -13,3%). Avec des disparités importantes entre le 8e arrondissement (quartier Montchat) à 245.000 euros, et le 2e arrondissement (presqu’île) à 449.000 euros.
Villeurbanne, en périphérie lyonnaise (également 3e ville de la région Auvergne-Rhône-Alpes derrière Lyon et Saint-Etienne, mais devant Grenoble), a suivi une même trajectoire, mais un petit peu plus précoce. Le prix médian d’un T3 est aujourd’hui de 249.000 euros, contre 273.500 euros il y a trois ans.
Par ailleurs, d’autres villes continuent à corriger. Les prix à Bordeaux ont par exemple encore baissé de 2,9% depuis le début d’année sur SeLoger, tout comme à Lille dans une moindre mesure, mais aussi Angers. Pour les deux premières, « le décalage saisonnier est notable », indique la plateforme. « La phase baissière post-printemps, absente en 2025, se produit actuellement, dans un contexte de taux d’intérêt plus élevés que l’an dernier ». Quant à Strasbourg, « la phase baissière post-printemps 2025 s’opère toujours », avec une baisse progressive des prix depuis un an.
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