L’Éducation nationale, la ville et le centre d’accueil et de soins pour toxicomanes de Reims (Marne) ont tenté, le 10 février dernier, de rassurer les parents d’élèves sur le projet d’implantation d’un centre thérapeutique résidentiel en face de l’école Dauphinot. La réunion n’a pas apaisé les inquiétudes.
« Non au CAST en face de l’école. Protégeons nos enfants ! » Près de 750 personnes ont signé la pétition lancée par un collectif de riverains et de parents d’élèves de l’école maternelle Dauphinot de Reims (Marne), opposés à l’installation d’un centre d’accueil et de soins pour toxicomanes (CAST) face à l’établissement scolaire.
Un message qu’ils ont réaffirmé lors d’une réunion organisée le 10 février dernier par l’inspectrice d’académie. « Les parents avaient des inquiétudes compréhensibles, mais qui peuvent aussi être instrumentalisées en période préélectorale pour alimenter la peur », déplore Marie Depaquy, adjointe au maire chargée de la santé, en référence aux prises de position de la candidate RN aux municipales, Anne-Sophie Frigout. « Il fallait expliquer et rassurer. »
Mais cela n’a visiblement pas convaincu les neuf parents présents. Dans un communiqué, ils estiment que « ce qui nous a été présenté n’était pas un échange, encore moins un travail sérieux, mais un ensemble de réponses préfabriquées, récitées sans écouter nos questions ni considérer nos arguments ».
Pourtant, Alain Rigaud, président du CAST, a tenu à rappeler que son association gère un centre thérapeutique résidentiel (CTR) à Reims depuis 45 ans, « sans avoir jamais posé de problème ». Le bâtiment actuel étant devenu vétuste, l’association cherchait un nouveau site depuis 2017. « Reims est une ville dense, où le foncier est rare et coûteux au regard des moyens d’une association à but non lucratif », souligne-t-il.
Le CAST a finalement trouvé un terrain auprès du bailleur social Plurial Novilia, propriétaire d’une friche industrielle de 5,5 ha. Le projet prévoit la construction de logements, de services, d’espaces verts et d’un CTR, donc. Le bâtiment en briques rouges qui fait face à l’école Dauphinot, aujourd’hui à l’abandon et parfois squatté, devrait être réhabilité d’ici 2028 pour accueillir douze chambres, des espaces collectifs et des bureaux. Le centre accompagnera des adultes engagés volontairement dans une démarche de soin en addictologie.
« Le CTR accueille des personnes souhaitant se stabiliser et se reconstruire après un sevrage – alcool, drogues, médicaments, jeux ou écrans –, effectué en ambulatoire ou en hospitalisation », explique le docteur Rigaud. « Il s’agit d’un cadre protégé, sécurisé et bienveillant, permettant de prendre du recul par rapport à l’environnement habituel, souvent associé aux conduites addictives, et d’expérimenter de nouveaux repères. »
Des propos rassurants, répétés aux parents inquiets. « Nous n’avons entendu aucun risque concret clairement exprimé, mais surtout la peur liée à la toxicomanie et à la présence de personnes dépendantes près des enfants », observe le médecin. Il se veut catégorique : « Les résidents ne consomment plus de substances. Ils viennent précisément pour se rééquilibrer sans consommation. Ils seront au maximum douze, encadrés 24 heures sur 24 par trois à quatre professionnels. Ils ne sortent jamais seuls, mais toujours accompagnés, et il n’y a de leur part aucun risque de trafic. »
La ville de Reims précise enfin que ce projet, dont le permis de construire a été délivré à Plurial Novilia, respecte l’ensemble des règles administratives et d’urbanisme.
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