Après deux années de repli, les ventes ont bondi de 12 % dans l’immobilier ancien, tandis que les prix ont légèrement augmenté. Le marché retrouve une forme de normalité.
Le rebond des transactions de 12 % a signé la reprise du marché immobilier ancien l’an dernier, grâce notamment à un crédit immobilier accessible, avec des taux moyens repassés sous les 3,5 % depuis octobre 2024 selon les données de l’Observatoire Crédit Logement/CSA. A fin septembre 2025, 921 000 ventes de logements anciens étaient déjà comptabilisées et pour l’année complète, le Conseil supérieur du notariat annonce une estimation de 945 000 transactions réalisées en 2025, après deux années déjà passées sous le seuil du million de ventes (932 000 en 2023 et 845 000 en 2024).
Ainsi, selon les professionnels, l’activité a retrouvé un profil plus équilibré après la flambée post-Covid et la chute liée à la remontée des taux d’intérêt. Pour les réseaux d’agences immobilières, la reprise des ventes s’est élevée à 11,6 % chez Century 21, 11 % pour Orpi et 16 % au sein de Laforêt. « La bonne nouvelle, c’est la remontée du volume de transactions. On retrouve un marché normal, équilibré, qui s’est auto-régulé », estime Charles Marinakis, président de Century 21 France. Le marché immobilier ancien « a retrouvé une forme de normalité avec des volumes de vente, des taux de crédit dans une fourchette normale et aussi une hiérarchie des prix », entre les différents territoires, confirme Yann Jéhanno, président du réseau Laforêt France.
Côté prix, ceux-ci sont restés relativement stables, bien qu’orientés à la hausse, sous la barre des 2 %. Ils ont augmenté de 1,6 % selon le baromètre SeLoger-Meilleurs Agents, de 1,4 % d’après Century 21, de 1,8 % pour Laforêt et de 0,8 % selon la Fnaim (Fédération nationale de l’immobilier). Pour Guillaume Martinaud, président d’Orpi, les raisons de cette dynamique retrouvée sont « claires : la baisse progressive des taux qui a rouvert l’accès au crédit, l’ajustement des prix qui a redonné du pouvoir d’achat immobilier et l’engagement des banques auprès des primo-accédants ».
Le taux d’intérêt moyen des prêts immobiliers est en effet redescendu autour de 3,1 % après avoir dépassé les 4 % en 2023. Ce qui a permis aux primo-accédants, ceux qui achètent pour la première fois, de pouvoir emprunter et concrétiser leur achat. « Ils ont ainsi pu profiter de la baisse des prix, se réjouit Yann Jéhanno. Cela va dans le bon sens mais il reste des primo-accédants sur le bord de la route avec des difficultés à constituer un apport. Avant la crise, ils représentaient 50 % du marché, contre 30 % en 2024 et 35 % en 2025 ».
En revanche, la part des investisseurs locatifs, ceux qui achètent pour mettre des logements en location, s’est réduite, contribuant à aggraver les tensions sur le marché locatif qui restent « très fortes, notamment dans les zones tendues, souligne SeLoger-MeilleursAgents. À Paris, par exemple, le nombre de biens disponibles à la location reste 30 % à 40 % en dessous de son niveau avant crise sanitaire ». Les investisseurs ont représenté un quart des clients de Century 21, moins qu’en 2019, mais 1,5 fois plus qu’en 2015, relativise Charles Marinakis. « Tant qu’on ne relancera pas l’investissement locatif, le marché locatif restera tendu », estime Yann Jéhanno.
Un dispositif fiscal incitatif pour les bailleurs privés figurait au projet de loi de finances pour 2026, dont l’examen n’a pas pu être achevé avant le 31 décembre. Le texte doit revenir à l’Assemblée nationale à partir du 8 janvier en commission des Finances et pourra faire l’objet de nouvelles modifications. « Rien n’est gagné, résume Guillaume Martinaud. L’instabilité politique et la situation géopolitique que nous connaissons depuis septembre 2025 commencent déjà à peser sur le marché et se lisent dans les chiffres de fin d’année ». Même constat pour la Fnaim qui constate que « la dynamique observée en début d’année tend à s’essouffler depuis quelques mois. Cette reprise, bridée par l’incertitude politique et fiscale et la défiance persistante des ménages comme des investisseurs, reste fragile », note Loïc Cantin, son président.
(avec AFP)
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