Lors de son procès, qui s’est tenu pendant trois jours devant la cour d’assises de la Marne en juin dernier, Warren Tom n’a pas ouvert la bouche. Visage fermé, regard fixe, menton en avant, il est resté impassible face aux questions qui lui étaient posées. Pourtant, accusé d’assassinat, il risquait gros : il avait tué un homme d’une balle dans la tête, au motif que celui-ci avait uriné sur le mur de l’église Saint-Thomas et avait par la suite refusé de s’en excuser. La cour d’assises l’avait finalement condamné pour meurtre à vingt ans de réclusion criminelle.
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Ce lundi 2 mars 2026, il était de retour au tribunal de Reims. Le jeune homme de 24 ans avait demandé à être extrait de sa cellule de la maison d’arrêt de Strasbourg pour assister à l’audience. Avait-il cette fois envie de s’exprimer sur les faits de violences avec arme qui lui était reprochés ? Pas davantage. D’entrée, Warren Tom décline la proposition du juge de se déplacer d’un mètre dans son box afin de se positionner face au micro. « Je ne veux pas prendre la parole », dit-il. C’est la seule fois où on entendra le son de sa voix. Il adoptera ensuite la même attitude que devant les assises, bras croisés et fixant un point au mur face à lui.
« Il a choisi de ne pas parler car il a l’impression que pendant toute la durée de l’instruction (pour le meurtre dont il a été reconnu coupable, NDLR), à chaque fois qu’il a fait des déclarations, cela s’est retourné contre lui. Il préfère me laisser prendre la parole à sa place », a expliqué son avocate, Me Mercier, assurant « qu’il fait tout pour ne laisser paraître aucune émotion mais en dehors d’une salle d’audience, il n’est pas comme ça. Il a tout de même tenté de mettre fin à ses jours après les faits qui lui sont reprochés aujourd’hui ». En l’occurrence, ils se sont déroulés dans la nuit du 19 au 20 février 2023 dans la cellule qu’il partage avec Jean-Paul Isaki depuis trois mois, condamné pour sa part à 25 ans de réclusion criminelle pour un viol et un meurtre transphobe. Jean-Paul Isaki lui aurait fait des propositions sexuelles et aurait répandu à la maison d’arrêt une rumeur selon laquelle il était homosexuel. « Il ne l’a pas supporté », rapporte Me Mercier.
Alors que Jean-Paul Isaki est en train de faire sa vaisselle, Warren Tom lui passe un câble HDMI autour du cou, le fait chuter et serre son étreinte. « Ça a duré 15 minutes », assure la victime qui sera extraite de la cellule. « Une scène traumatisante qui va lui laisser une marque d’une vingtaine de centimètres sur le cou », insiste la substitut du procureur. Quand les agents reviennent quelques instants plus tard, ils découvrent Warren Tom emmitouflé dans sa couverture, du verre cassé jonche le sol : il s’est mutilé les bras et surtout, présente une plaie béante au niveau du cou.
Une information judiciaire avait été ouverte pour tentative de meurtre, avant que les faits ne soient requalifiés en violence avec usage ou menace d’une arme. « Il a toujours dit qu’il n’avait pas voulu le tuer, c’était simplement une bagarre qu’il regrette », insiste son avocate.
Warren Tom a été condamné à 18 mois d’emprisonnement, avec l’interdiction de porter une arme pendant dix ans et celle de contacter la victime – à qui il devra verser 1 € pour son préjudice moral – pendant trois ans. Une précaution pour éviter que les deux hommes ne se retrouvent dans la même prison ces prochaines années. Warren Tom ne devrait pas sortir de détention avant 2040, sachant qu’il est de nouveau convoqué en justice au mois d’octobre pour avoir dégradé sa cellule.
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