La Banque de France a relevé les taux d’usure pour le premier trimestre 2026. Un signal de plus d’un marché du crédit qui s’installe durablement au-dessus de 3 %.
A combien allez-vous pouvoir emprunter en 2026 ? Selon de nombreux professionnels, les taux d’intérêt des crédits immobiliers pourraient bien grimper, lentement mais sûrement, en cette nouvelle année. Pour protéger les emprunteurs, la Banque de France impose les taux maximums que peuvent pratiquer les banques : les taux d’usure. Chaque trimestre, ces derniers sont réajustés par l’institution. Pour le début de l’année 2026, les nouveaux barèmes sont tombés, et ils sont en hausse pour les prêts de longue durée.
Au premier trimestre 2026, pour un prêt immobilier à taux fixe d’une durée comprise entre 10 et 20 ans, les taux d’intérêt ne peuvent pas dépasser 4,59 %, un niveau en léger repli. En revanche, au-delà de 20 ans, le taux d’usure se situe désormais à 5,13 %, contre 5,09 % au dernier trimestre 2025. Les taux d’usure incluent l’ensemble des frais annexes dans leur calcul, notamment les frais de dossier et d’assurance emprunteur.

S’ils servent de plafond pour les banques, les taux d’usure ne correspondent pas aux taux pratiqués. Au dernier trimestre 2025, les établissements de crédit prêtaient, en moyenne, à un taux de 3,85 %. Pour cause, le taux d’usure est calculé en fonction des taux effectifs pratiqués par les banques lors du trimestre précédent. En 2023, lorsque les taux des prêts immobiliers sont remontés en flèche, la Banque de France avait fait le choix de modifier les taux d’usure tous les mois, au lieu de tous les trimestres, afin d’éviter un « effet ciseaux », bloquant les dossiers de nombreux emprunteurs. Si cette mensualisation exceptionnelle n’est plus en vigueur aujourd’hui, une hausse des taux des crédits immobiliers semble très probable pour l’année 2026.
D’après les barèmes du mois de janvier, les taux augmentent d’ailleurs en moyenne de 0,10 point, selon le courtier VousFinancer. « Dans un contexte de forte concurrence interbancaire et d’objectifs de production de crédits élevés en 2026, ces hausses devraient rester limitées et les taux attractifs au moins durant les premiers mois de l’année », nuance Julie Bachet, directrice générale de VousFinancer, dans un communiqué. Pour le reste de l’année, l’optimisme est plus mesuré. « À ce stade, il n’y a pas de raison que les taux de crédit baissent à nouveau en 2026 », estime VousFinancer. Alors que l’inflation reste modérée, aucun signal ne laisse présager une nouvelle baisse des taux directeurs de la Banque centrale européenne (BCE) dans les prochains mois.
Néanmoins, certains indicateurs sont plus encourageants. Le montant des nouveaux crédits immobiliers accordés a progressé de 38 % entre janvier et septembre 2025. Si les taux aux alentours de 1,5 % sont désormais de l’histoire ancienne, les candidats aux crédits immobiliers semblent avoir intégré cette nouvelle donne. « Les Français, conscients de l’environnement économique et financier dégradé, sont désormais plus nombreux à considérer comme acceptable un taux d’intérêt supérieur à 3 % », analyse une étude de l’Observatoire BPCE. Reste à savoir jusqu’à quel point la hausse des taux pourra être supportée par les ménages avant de freiner durablement la demande.
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