Aliette Cheptitski, Pierre Cheloudko, Claire Hagège, Orlane Hubert (Insee)
Début 2021, la moitié des ménages disposent d’un patrimoine brut supérieur à 177 200 euros. Le patrimoine brut reste très inégalement réparti dans la population : la moitié des ménages les mieux dotés détiennent 92 % des avoirs. L’immobilier représente 62 % du patrimoine de l’ensemble des ménages mais les 30 % des ménages les moins dotés n’en possèdent pas ou peu. Le montant de patrimoine brut augmente continûment avec l’âge jusqu’à 60 ans.
Le patrimoine brut des ménages est très inégalement réparti dans la population. Début 2021, la moitié la mieux dotée des ménages vivant en France possède 92 % de la masse de patrimoine brut de l’ensemble des ménages (figure 1). Les 5 % les mieux dotés en détiennent 34 %, et les 1 % les mieux dotés, 15 %. Cette répartition du patrimoine brut est stable par rapport à celle de 2018.
Au sein de ce patrimoine, la composante professionnelle est la plus concentrée : les 5 % les mieux dotés en patrimoine professionnel en possèdent 95 %, et les 1 % les mieux dotés, 66 %. C’est aussi le cas, dans une moindre mesure, pour la composante financière : les 5 % des ménages les mieux dotés en patrimoine financier en possèdent 49 %, et les 1 % les mieux dotés, 25 %. Par comparaison, les 5 % des ménages les mieux dotés en patrimoine immobilier détiennent 29 % du patrimoine immobilier total, une part similaire à celle de 2018.
La part du patrimoine financier détenue par la moitié la mieux dotée des ménages est stable par rapport à 2018 mais, parmi eux, la répartition a évolué. La part des 10 % les mieux dotés a diminué : ils détiennent 64 % du patrimoine financier en 2021 (contre 67 % en 2018) ; ce, en faveur des autres ménages entre le 5ᵉ et le 9ᵉ décile, dont la part est passée à 32 % (après 30 %).
La moitié des ménages déclare un patrimoine brut supérieur à 177 200 euros (contre 166 100 euros début 2018, c’est-à-dire une augmentation de 6,7 %) et un patrimoine net supérieur à 124 800 euros (contre 119 600 euros début 2018, c’est-à-dire une augmentation de 4,4 %) (figure 2). Les 10 % de ménages les mieux dotés en patrimoine brut disposent d’au moins 716 300 euros d’actifs, alors que les 10 % les moins dotés possèdent au maximum 4 400 euros, soit 163 fois moins (rapport légèrement plus élevé qu’en 2018, où il était de 158). Les 1 % de ménages les mieux dotés possèdent au moins 2 239 200 euros de patrimoine brut.
Début 2021, le patrimoine brut des ménages est principalement constitué de biens immobiliers, dont la part est stable depuis 2004 (62 %, figure 3a). La résidence principale est la principale composante du patrimoine immobilier (à hauteur de 83 %) : près de six ménages français sur dix en sont propriétaires (qu’ils aient ou non terminé d’en rembourser l’achat), disposant ainsi d’un patrimoine brut moyen 8,6 fois plus élevé que celui des locataires et des personnes logées gratuitement.
Le patrimoine financier représente 21 % du patrimoine brut. Presque tous les ménages en possèdent, mais les actifs financiers et les montants associés sont très différents selon le niveau de patrimoine détenu. Les ménages les moins dotés possèdent des types d’actifs peu diversifiés comme le compte courant ou le livret A, tandis que les ménages les mieux dotés détiennent des types d’actif plus variés comme le compte d’épargne logement, salariale ou retraite, les assurances-vie, les valeurs mobilières. Les 10 % les moins dotés en patrimoine financier en possèdent au maximum 400 euros, tandis que les 10 % les mieux dotés possèdent au moins 150 000 euros, soit 344 fois plus.
Le patrimoine résiduel (voiture, équipement de la maison, bijoux, œuvres d’art, etc.) constitue 6 % du patrimoine. Les ménages les plus modestes ne détenant presque pas de patrimoine immobilier, le patrimoine résiduel représente plus de la moitié du patrimoine brut des 30 % les moins bien dotés, et 68 % pour les 10 % les moins dotés. Pour les moins de 30 ans, la part du patrimoine résiduel, aussi plus importante que pour la moyenne des ménages, est de 16 % (figure 3b).
Le patrimoine professionnel représente 11 % du patrimoine brut. Il est surtout possédé par les ménages les mieux dotés et dont l’âge – entre 30 et 59 ans – correspond à la période d’activité professionnelle la plus intense. Il est indispensable à l’activité de certaines professions, comme les agriculteurs ou les artisans-commerçants-chefs d’entreprise, pour qui la part du patrimoine professionnel dans le patrimoine brut atteint respectivement 71 % et 33 % (figure 3c). Ces ménages conservent une partie de patrimoine professionnel après la retraite.
Enfin, les dettes représentent 14 % du patrimoine brut. Leur poids est plus fort chez les ménages les moins dotés en patrimoine brut, ainsi que chez les ménages entre le 5e et le 7e décile de patrimoine, avec pour ces derniers souvent une contrepartie sous forme notamment d’acquisition immobilière. Les emprunts représentent 40 % du patrimoine brut des moins de 40 ans, contre 1 % pour les 70 ans ou plus, en cohérence avec un poids plus important chez les actifs plutôt que les retraités.
Les 1 % des ménages les mieux dotés répartissent leur patrimoine brut de façon spécifique, avec davantage d’actifs financiers (27 %, contre 20 % pour les autres ménages) et de patrimoine professionnel (34 % contre 7 %), et relativement moins d’immobilier (36 % contre 67 %).
Le montant des actifs accumulés varie selon l’âge, en partie du fait du cycle de vie et en partie du fait d’une élévation des patrimoines au fil des générations : en particulier, le patrimoine brut augmente continûment jusqu’à 60 ans, avant de décroître légèrement (figure 4). Les ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans détiennent un patrimoine brut moyen plus d’une fois et demie supérieur à leur patrimoine net (71 200 euros contre 43 200 euros). En effet, parmi ceux d’entre eux qui sont propriétaires de leur résidence principale, 92 % sont accédants à la propriété et ont un emprunt (contre 2 % des ménages propriétaires parmi les 70 ans ou plus, pour qui les patrimoines net et brut sont ainsi très proches).
Une fois pris en compte l’endettement, le patrimoine net moyen passe de 43 200 euros pour les ménages dont la personne de référence a moins de 30 ans à 361 400 euros pour les ménages de sexagénaires, puis baisse à 343 800 euros pour les ménages les plus âgés.
Similairement, jusqu’à la soixantaine, le patrimoine immobilier médian détenu croît avec l’âge de la personne de référence, puis décroît légèrement ensuite (figure 5) ; le patrimoine net médian lui est inférieur entre 30 et 50 ans, à nouveau en lien avec la dette immobilière. En revanche, le patrimoine financier médian augmente continûment au cours de la vie.
Les enquêtes Patrimoine de l’Insee permettent, depuis 1986, d’évaluer la possession de tous les types d’actifs ou de passifs patrimoniaux et leur valeur, de décrire le patrimoine professionnel des indépendants, l’histoire patrimoniale, conjugale et professionnelle des ménages. Depuis 2014, l’enquête a lieu tous les trois ans, avec une réinterrogation sur plusieurs vagues d’une partie des ménages, l’ensemble des ménages panel étant suivis pendant dix ans. L’enquête s’inscrit depuis 2010 dans un cadre européen : les données servent à renseigner la partie française du Household Finance and Consumption Survey (HFCS), dispositif d’harmonisation des enquêtes sur le patrimoine piloté par la Banque centrale européenne. Le champ inclut les ménages ordinaires (hors personnes en communautés : Ehpad, cités universitaires, etc.) résidant en France hors Mayotte.
L’enquête Histoire de vie et Patrimoine 2020-2021, cofinancée par la Banque de France, s’est déroulée entre octobre 2020 et mars 2021 en France hors Mayotte, auprès d’un échantillon de 10 253 ménages répondants, dont 70 % par téléphone du fait de la crise sanitaire. 36 % des répondants étaient interrogés pour la première fois, 43 % pour la deuxième fois et 21 % pour la troisième fois. Un changement dans la méthodologie des redressements de l’enquête, intervenu en 2020-2021, a nécessité la rétropolation des résultats 2009-2010, 2014-2015 et 2017-2018 conduisant à des différences avec les chiffres précédemment publiés.
Le patrimoine brut est le montant total des actifs détenus par un ménage, c’est-à-dire l’ensemble des biens lui permettant de disposer de ressources futures. Il est évalué avant déduction des éventuels emprunts contractés pour acquérir un bien immobilier, un bien d’équipement, ou pour tout autre motif personnel ou professionnel. Il inclut son patrimoine financier, son patrimoine immobilier et son patrimoine professionnel, mais aussi, depuis 2010, le patrimoine résiduel. Les droits à la retraite et le capital humain des membres du ménage (leurs connaissances et savoir-faire) en sont exclus.
Le patrimoine professionnel est l’ensemble des actifs professionnels détenus par un ménage (terres, machines, bâtiments, cheptel, stocks, etc.), que ce dernier les exploite dans le cadre de son activité professionnelle ou pas. Dans ce dernier cas, les biens sont en général mis en location et deviennent des actifs de rapport. Si le ménage n’est propriétaire que d’une partie d’un actif professionnel, seule la part lui revenant en cas de vente est incluse dans son patrimoine professionnel.
Le patrimoine net est le montant total des actifs détenus par un ménage (patrimoine brut) duquel est déduit le montant du capital qu’il doit encore au titre de ses emprunts contractés pour acquérir un bien immobilier, un bien d’équipement, ou pour tout autre motif personnel ou professionnel.
Les déciles sont les valeurs qui partagent la distribution du patrimoine (ou des salaires, chiffres d’affaires…) en dix parties d’effectifs égaux. Le premier décile est ainsi le montant de patrimoine au-dessous duquel se situent 10 % des patrimoines ; le neuvième décile est le montant de patrimoine au-dessous duquel se situent 90 % des patrimoines.
Le patrimoine résiduel correspond aux biens durables (voiture, équipement de la maison, etc.), aux bijoux, œuvres d’art et autres objets de valeur, soit tout ce qui relève du patrimoine matériel, négociable et transmissible.
Le patrimoine brut est le montant total des actifs détenus par un ménage, c’est-à-dire l’ensemble des biens lui permettant de disposer de ressources futures. Il est évalué avant déduction des éventuels emprunts contractés pour acquérir un bien immobilier, un bien d’équipement, ou pour tout autre motif personnel ou professionnel. Il inclut son patrimoine financier, son patrimoine immobilier et son patrimoine professionnel, mais aussi, depuis 2010, le patrimoine résiduel. Les droits à la retraite et le capital humain des membres du ménage (leurs connaissances et savoir-faire) en sont exclus.
Le patrimoine professionnel est l’ensemble des actifs professionnels détenus par un ménage (terres, machines, bâtiments, cheptel, stocks, etc.), que ce dernier les exploite dans le cadre de son activité professionnelle ou pas. Dans ce dernier cas, les biens sont en général mis en location et deviennent des actifs de rapport. Si le ménage n’est propriétaire que d’une partie d’un actif professionnel, seule la part lui revenant en cas de vente est incluse dans son patrimoine professionnel.
Les déciles sont les valeurs qui partagent la distribution du patrimoine (ou des salaires, chiffres d’affaires…) en dix parties d’effectifs égaux. Le premier décile est ainsi le montant de patrimoine au-dessous duquel se situent 10 % des patrimoines ; le neuvième décile est le montant de patrimoine au-dessous duquel se situent 90 % des patrimoines.
Le patrimoine net est le montant total des actifs détenus par un ménage (patrimoine brut) duquel est déduit le montant du capital qu’il doit encore au titre de ses emprunts contractés pour acquérir un bien immobilier, un bien d’équipement, ou pour tout autre motif personnel ou professionnel.
Le patrimoine résiduel correspond aux biens durables (voiture, équipement de la maison, etc.), aux bijoux, œuvres d’art et autres objets de valeur, soit tout ce qui relève du patrimoine matériel, négociable et transmissible.
Cazenave-Lacrouts M.-C., Cheloudko P., Hubert O., « La composition du patrimoine des ménages évolue peu à la suite de la crise sanitaire », Insee Première n° 1899, mai 2022.
Cazenave-Lacrouts M.-C., Cheloudko P., Hagège C., Hubert O., Labarthe J., « Le patrimoine des ménages en 2018 : peu de mobilité dans la distribution depuis 2015 », in Revenus et patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2021.
Cazenave-Lacrouts M.-C., Guillas D., Lebrault G., Mordier B., « 10 % des ménages détiennent près de la moitié du patrimoine total », Insee Focus n° 176, décembre 2019.
Cazenave-Lacrouts M.-C., Guillas D., Lebrault G., « Le patrimoine des ménages en 2018 – Repli de la détention de patrimoine financier », Insee Première n° 1722, décembre 2018.
Ferrante A., Solotareff R., « Entre 1998 et 2015, le patrimoine double, mais diminue pour les 20 % les moins dotés », in Les revenus et le patrimoine des ménages, coll. « Insee Références », édition 2018.
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