Depuis décembre dernier, les machines de chantier s’activent en surplomb du centre-ville de Vallauris, dans le quartier du Plan. Le terrain vague doit, aux dernières nouvelles, accueillir 259 logements – dont 40% sociaux – et 430 places de parking en sous-sol. Une crèche municipale de 650m² doit aussi voir le jour.
D’abord baptisé « Rayon de soleil » puis « Nature en ville », cet important projet immobilier, lancé sous le mandat d’Alain Gumiel (2002-2014), est une réponse à la loi SRU (Solidarité et renouvellement urbain). Ce texte exige 25% de logements sociaux dans les communes de plus de 3.500 habitants, sous peine de sanction financière. Vallauris, très carencée, cumule à elle seule 5,7 millions d’euros d’amende depuis 2020 pour non-respect de la loi, dont 1,9 million rien que l’année dernière.
Ce qui n’avait pas empêché l’actuel édile, Kevin Luciano, de refuser en 2020 la vente du terrain devant accueillir le projet. Refus ayant conduit la municipalité à être attaquée en justice par la société SCCV du Soleil, ainsi que les promoteurs Icade et Vinci Immobilier (1). La procédure judiciaire s’était alors soldée par la condamnation de la commune à payer 220.000 euros en 2022 à la partie adverse, malgré un appel et un pourvoi en cassation.
Aujourd’hui, le maire n’a d’autres armes que les réseaux sociaux. Le 10 décembre, il réitérait son fort mécontentement sur Facebook face au début des travaux: « Massacre à la pelleteuse! Mon équipe et moi-même nous opposons fermement à la réalisation d’un programme immobilier démesuré, dénommé à mauvais escient “Nature en Ville », alors qu’il s’agit en fait de bétonner 2 hectares naturels de colline. » Et de pointer du doigt la précédente équipe municipale qui a ficelé le dossier, en tête de liste l’ancienne édile Michelle Salucki, dorénavant dans l’opposition. « [Ils] portent une responsabilité accablante dans la destruction de cet espace naturel », s’est emporté, toujours à l’écrit, Kevin Luciano.
Une accusation dont se défend Michelle Salucki, qui assure ne pas avoir eu le choix: « J’avais hérité à mon élection d’un immense et catastrophique projet inscrit au PLU, avec 400 logements dont 60% de logements sociaux. Après moult difficultés, j’ai réussi à le modifier avec une volonté de mixité pour éviter un effet ghetto. »
Face à l’ampleur de la construction, la mairie avait laissé la main à l’Établissement public foncier (EPF) pour piloter l’opération. « Des études juridiques ont été menées, tout a été pensé au millimètre près pour éviter des problèmes. Le dossier était inattaquable », conclut l’ancienne maire.
1. Ni la mairie de Vallauris, ni Vinci Immobilier n’ont donné suite à nos sollicitations.
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