D’un côté, il n’y a guère que les martinets pour fréquenter l’endroit. De l’autre, les techniciens s’affairent déjà à sonder la structure du sol, sous le regard des curieux. En ce début 2024, deux projets immobiliers devraient (doucement) commencer à émerger sur le boulevard Bazeilles, dans le quartier du Mourillon. On fait le point.
Il est loin le temps où un cheval pouvait hennir à deux pas du littoral sans se faire remarquer. C’était l’époque de la caserne de l’infanterie coloniale et de ses écuries, sur le boulevard Bazeilles, immortalisées par des dizaines de cartes postales datées du début du siècle dernier.
Aujourd’hui, le bâtiment, répertorié à l’inventaire du patrimoine militaire, porte encore en façade les anneaux qui servaient à attacher les animaux. Occupé par l’Usam (1) ces dernières années, l’endroit s’apprête désormais à accueillir un programme immobilier porté par le ministère des Armées, toujours propriétaire des lieux. Après études et une « profonde réhabilitation » du site, une douzaine de logements pourraient ainsi y être construits.
Mais c’est surtout derrière le vieil immeuble que les changements vont être les plus marqués. À la place des anciens terrains de tennis, juste devant la résidence le Panoramic, un projet d’immeuble de 62 logements sur cinq étages, pour lequel un permis a été déposé, est attendu à horizon 2027.
« Tout cela est intégré dans le plan Ambition logement du ministère des Armées, explique la préfecture maritime de la Méditerranée. Ce contrat, concédé à la société Nové, permettra la réalisation de programmes de logements au profit de ressortissants du Minarm »; en l’occurrence, les militaires de la base de défense de Toulon et leurs familles.
L’immeuble, une ancienne caserne de la gendarmerie maritime construite au XIXe siècle (2), est bien connu des habitants du quartier. Occupé de 1977 à 2018 par le Centre archéologique du Var, propriété de la commune, le bâtiment n’accueille désormais que quelques martinets choyés, dans les combles, par la Ligue pour la protection des oiseaux.
Au 14, boulevard Bazeilles, le devenir de la vieille et imposante bâtisse de deux étages intrigue les curieux depuis plusieurs années. Il y a deux ans, l’équipe de tournage de la série Marianne s’en était servie de base arrière. Pas de quoi transformer de manière pérenne la vocation de l’endroit.
On devrait toutefois y voir plus clair dans les semaines à venir. La Ville, qui n’avait visiblement pas trouvé d’usage aux lieux, a mis en vente l’ancienne caserne le 13 novembre dernier. « Plusieurs acquéreurs potentiels ont déposé des offres », assure-t-on en mairie. Laquelle, après estimation réalisée par les Domaines, avait fixé un prix plancher à 1,5 million d’euros.
Que va-t-il s’y faire? Un hôtel au style second empire, comme cela a pu se dire par le passé? Des logements après destruction de l’existant? Une réhabilitation en vue d’y installer des bureaux? Mystère. « Les offres sont variées et seront examinées. La décision devrait ensuite intervenir fin avril, poursuit la municipalité. La délibération passera en conseil municipal une fois que la vente sera définitivement validée. Cela peut prendre quelques mois. »
1. Union sportive et artistique de la Marine
2. Deux bâtiments jumeaux, également des anciennes casernes de la gendarmerie maritime, existent toujours à Toulon: l’un sur le site DGA du Mourillon et l’autre près de la porte Castigneau.
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