C’est l’équivalent du festival de Cannes des architectes, le MIPIM réunit les projets immobiliers les plus fous dans le monde entier, dont l’iconique « botte » d’Euralille et un hôtel-résidence hors norme sur la plage de Calais. Explications.
Comme lors du festival de Cannes pour le cinéma, des prix sont décernés pour cette nouvelle édition du MIPIM (Marché International des Professionnels de l’Immobilier) : la plus belle résidence touristique, la meilleure reconversion industrielle, revitalisation urbaine la plus réussie, etc. Un temps fort pour les architectes du monde entier dont certains ont présenté leur projet. C’est le cas pour deux programmes de la région :
Le plus haut bâtiment de Lille, 116 mètres de hauteur pour 19 étages, a besoin d’un coup de neuf. « Les évolutions sociétales liées aux modes de travail et les standards environnementaux contemporains l’amènent aujourd’hui à se réinventer« , précise le promoteur du projet, Linkcity.
Créée entre 1991 et 1995, l’ancienne tour du Crédit Lyonnais, était jusqu’ici occupée par des bureaux uniquement. Cela va changer, à cause notamment de « vacance locative » à répétitions. En plus de 9 000m² de locaux professionnels, la botte va accueillir un hôtel 3 étoiles et un restaurant panoramique, « la rendant de fait accessible aux lillois et aux visiteurs du monde entier« .
La rénovation du bâtiment a été confié à l’architecte d’origine Christian de Portzamparc, aussi connu pour avoir réalisé la tour LVMH à New York ou le musée Hergé en Belgique.
L’hôtel, précise le promoteur, sera directement relié à la gare : 185 chambres pour compléter une offre aujourd’hui principalement composée, à Lille, de 4 étoiles. Le restaurant panoramique, situé au dernier étage, à plus de 110 mètres du sol, offrira une vue à 360 degrés sur la ville.
L’objectif de cette rénovation est également d’améliorer la performance énergétique et thermique du bâtiment, notamment grâce à un « changement des systèmes de chauffage et de climatisation actuels, des équipements de raccordement au réseau de chaleur urbain, des vitrages, etc« .
Le projet est prévu d’ici à 2028. Il faudra en revanche patienter un peu plus pour voir sortir de terre le nouveau complexe calaisien. Les travaux doivent commencer sur le front de mer dès l’année prochaine pour une durée de trois ans.
Cela fait des années que le projet est sur la table, cher à la maire de Calais, Natacha Bouchart, qui souhaite « métamorphoser le front de mer« . Déjà évoqué lors du MIPIM de Cannes en 2018, il voit enfin le jour, avec un autre promoteur cette fois. Objectif avancé par la ville : « créer un lieu de destination dynamique et unique, où l’architecture audacieuse et la durabilité s’intègreront harmonieusement aux enjeux du Grand Calais« . Un projet hôtelier et résidentiel à 52 millions d’euros, dévoilé cette semaine sur la croisette.
L’hôtel 4 étoiles avec spa, restaurant panoramique et « business center » est pris en charge par le groupe néerlandais Van der Valk. 40 logements haut de gamme seront également proposés à la vente.
À terme, l’hôtel devrait générer 15 millions d’euros de retombées économiques, avance la ville. Le projet prévoit la création de plus de 100 emplois directs et 150 autres en haute saison touristique.
Entamée il y a 10 ans, la réhabilitation du front de mer de Calais prendra fin avec la construction de ce bâtiment. Il viendra compléter la nouvelle digue, le skate-park,le fameux dragon et bientôt le varan, dont la présentation est prévue lors d’un grand spectacle en novembre.