Au lendemain de la nomination d’Edouard Philippe à Matignon, sa principale opposante au conseil municipal du Havre (Seine-Maritime), la conseillère PCF Nathalie Nail, critique son « louvoiement » politique, et le délaissement des quartiers populaires de sa ville.
À 46 ans, Edouard Philippe, le maire Les Républicains du Havre (Seine-Maritime), a été propulsé Premier ministre ce lundi. Il devrait présenter la composition de son gouvernement ce mercredi. Dans sa ville portuaire, l’opposition observe, sur la défensive, le parcours de cet adepte de la boxe.
En 2010, Edouard Philippe avait pris la succession du chiraquien Antoine Rufenacht comme maire, avant d’être élu en 2014 dans cette ville qui fut communiste jusqu’en 1995, et où la protestation contre la loi Travail a été l’une des plus fortes.
Pour sa principale opposante à la mairie, la conseillère municipale PCF Nathalie Nail, le nouveau locataire de Matignon «a su soigner son image, mais, derrière la vitrine, la vie des gens n’a pas vraiment changé, voire s’est empirée», pointe-t-elle, évoquant notamment un taux de chômage qui y demeure supérieur à la moyenne nationale, «le délaissement des quartiers, un prix de l’immobilier inaccessible en centre-ville, et la casse du service public».
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«Sa politique n’est pas pour tous les habitants. Il y a la politique pour le centre-ville, et la politique pour les quartiers populaires. Il a augmenté les tarifs de cantine, des loisirs, des transports en commun. Il a fait une très belle bibliothèque en centre-ville, mais n’a pas voulu faire une ludothèque dans les quartiers par exemple. Il ne va d’ailleurs pas dans les quartiers, où il a fermé des maisons de quartier», déplore-t-elle.
Hasard du calendrier, un conseil municipal était programmé ce lundi soir au Havre. L’occasion pour Nathalie Nail de déplorer publiquement le fait qu’Edouard Philippe «mette en œuvre une politique au service de la finance, et l’austérité budgétaire.»
Nathalie Nail affirme voir des similitudes «criantes» entre le maire du Havre et le nouveau président de la République, Emmanuel Macron, critiquant un «louvoiement entre la droite et la gauche». «Ils ont une formation Sciences po-ENA et après, ils choisissent en fonction des opportunités», résume-t-elle, évoquant «son militantisme pour Michel Rocard dans sa jeunesse, puis son passage chiraquien, puis juppéiste et aujourd’hui macroniste. Edouard Philippe est évidemment très macron-compatible, très libéral».
Reconnaissant néanmoins «l’intelligence» de monsieur le maire, la communiste pointe aussi «une majorité municipale qu’il pouvait manipuler comme il voulait». Le dialogue ? «C’est un beau parleur, il perd ses adversaires dans des méandres oratoires, avec de longues diatribes. Il change de sujet, joue la dérision, noie le poisson. Il garde le micro pendant une heure, et puis conclut sans qu’on puisse lui répondre», résume-t-elle. «Edouard Philippe aime les pirouettes», répète Nathalie Nail.
«Pour le stationnement payant, par exemple, les tarifs ont augmenté de 100%, mais il a pris soin d’expliquer, avec des autocollants sur les horodateurs, que la ville offrait le stationnement entre midi et deux. Mais ça a toujours été comme ça !». Edouard Philippe a toujours été, conclut Nathalie Nail, «un maire de la baisse du pouvoir d’achat»
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