Depuis plus de 10 ans, la mairie PS de Rennes dirigée par Nathalie Appéré se targue d’avoir fait de la ville un modèle d’attractivité et d’innovation. Derrière ce récit se cache pourtant une autre réalité : explosion des loyers, gentrification des quartiers populaires, criminalisation des exilés et renforcement de l’appareil sécuritaire. Retour sur les politiques social-libérales qui ont transformé Rennes en vitrine du capitalisme urbain.
Révolution Permanente Rennes
10 mars
À moins d’une semaine du premier tour des élections municipales, les sondages indiquent que la maire PS sortante pourrait être réélue pour un troisième mandat à la tête de la capitale bretonne. Nathalie Appéré, élue sous l’étiquette PS à l’époque du mandat de François Hollande, est maire de Rennes depuis avril 2014. Elle a été réélue en 2020 et cumule depuis la même année la présidence de Rennes Métropole. Arrivée au pouvoir à la faveur d’une alliance rassemblant le Parti socialiste, les écologistes et le Front de gauche dès 2014, cette politicienne professionnelle incarne depuis plus d’une décennie une gestion social-démocrate de la ville. Ses politiques locales ont profondément transformé Rennes, faisant de la 11ᵉ ville la plus peuplée de France un véritable havre de paix pour les classes dominantes.
Nathalie Appéré gouverne en réalité une ville qui s’est imposée comme « métropole attractive », « pôle d’innovation », « territoire de compétitivité » — autrement dit comme espace de valorisation du capital. Des dizaines d’articles de la presse régionale mettent en avant le palmarès rennais : « 5ᵉ ville où on vit le mieux en France en 2025 », « première ville où vivre quand on travaille à Paris en 2026 », « première ville où investir dans l’immobilier locatif en 2026 », « 2ᵉ ville la plus féministe de France en 2024 »…
Derrière ces statistiques, les politiques menées sur la question du prix des loyers, de l’hébergement d’urgence des sans-papiers et de la criminalisation des mobilisations populaires dans les quartiers témoignent du projet de la gauche institutionnelle pour Rennes : une ville pour les riches et les promoteurs immobiliers, une ville à deux vitesses.
Car se loger à Rennes quand on est étudiant, travailleur ou privé d’emploi, est aujourd’hui un véritable parcours du combattant. En 10 ans, le prix des loyers a augmenté de 20 % sur la ville. Selon le blog LocServices.fr, Rennes est aujourd’hui la deuxième ville de France avec le marché immobilier le plus tendu, juste derrière Lyon : « le loyer au mètre carré augmente de +7,25 % par rapport à la moyenne relevée en début d’année dernière (18,06 €/m²) ».
Cette situation est le résultat d’une politique consciente des promoteurs immobiliers, des multipropriétaires et des bailleurs sociaux qui spéculent sur le logement et organisent une fausse pénurie. La coalition de gauche sociale libérale n’a fait qu’accompagner cette dynamique, en proposant des mesures cosmétiques de régulation. Par exemple, le « programme local de l’habitat (PLH) » adopté par la Métropole pour la période 2023-2028 prévoit la construction de 5 000 logements par an, dont près de 1 250 logements HLM. Or, selon Médiapart, « 30 000 personnes attendent un logement social dans la métropole (le double d’il y a dix ans), quand les bailleurs n’en attribuent que 4 000 par an ».
Dans la même logique, la promotion par la mairie du dispositif foncier « BRS » (Bail réel solidaire), qui vise à dissocier le foncier du bâti en permettant à l’acheteur de posséder son logement mais pas le terrain sur lequel il est construit, ne résout en rien les problématiques structurelles de l’immobilier à Rennes. Ce mécanisme révèle surtout les limites d’une politique qui refuse d’affronter la racine du problème : la propriété privée du sol. Le BRS se contente d’atténuer marginalement les effets inégalitaires du marché pour une fraction des classes moyennes. La collectivité organise ainsi une forme de subvention publique indirecte à l’accès à la propriété, sans remettre en cause la rente foncière ni le pouvoir des promoteurs et des grands propriétaires. Autrement dit, au lieu d’exproprier le foncier et de planifier démocratiquement la production de logements, la municipalité met en place des dispositifs techniques qui permettent au marché de continuer à fonctionner tout en donnant l’image d’une politique sociale.
Dans le programme de 76 pages de la liste « Rennes solidaire » que conduit Nathalie Appéré pour briguer un troisième mandat, on retrouve aussi des mesures totalement en deçà de l’urgence sociale : plafonnement des loyers privés après obtention d’une autorisation de l’État, création d’un « permis de louer pour garantir un logement digne », réquisition des immeubles « durablement vacants ».
Cette revendication de réquisition s’inscrit dans le cadre de la loi de 1945, reste temporaire et prévoit le versement d’indemnités aux propriétaires. Or, pour s’attaquer véritablement à la grande propriété foncière, une telle revendication devrait permettre de réquisitionner sans indemnités ni compensations, s’attaquant ainsi à la rente des grands propriétaires ou marchands de sommeils qui laissent volontairement, notamment à des fins de spéculation, leurs logements inoccupés. D’autant plus qu’en douze ans de mandature, Nathalie Appéré n’a jamais mis en œuvre cette mesure !
De même pour le plafonnement des loyers privés : sur quelles bases ce plafonnement sera-t-il mis en œuvre  ? Car si le plafonnement se cantonne à un alignement sur les prix exorbitants qui sont actuellement en vigueur, il est inévitable que l’accès au logement pour les plus précaires restera inchangé !
Selon Médiapart, la récente proposition de loi sur l’encadrement des loyers « va autoriser les villes qui le souhaitent (dès lors qu’elles sont situées en zone tendue) à mettre en place un plafonnement des loyers. Calculé sur le prix du marché, il ne fera pas baisser les prix mais endiguera, comme dans les soixante-dix villes qui l’expérimentent déjà, les hausses extravagantes ». Attendre une autorisation de l’État pour mettre en œuvre cette mesurette est donc totalement inconséquent : comment croire qu’un État dirigé par la droite, aux mains du patronat et des intérêts capitalistes, en période d’austérité et de réarmement, voudra mettre en place des autorisations de réquisition à la hauteur des besoins ? Médiapart rappelait ainsi que « l’ex-ministre du logement, Guillaume Kasbarian, s’est récemment vanté à l’Assemblée nationale de n’avoir accordé aucune autorisation aux villes qui le demandaient pendant qu’il était aux manettes ».
Ces démarches électoralistes et hypocrites sont insupportables quand on connaît la situation des personnes à la rue dans la ville de Rennes.
À Rennes, de plus en plus de personnes se retrouvent à la rue soit parce qu’elles se retrouvent expulsées de leur logement, soit parce que le 115 est saturé et qu’il n’y a plus de places dans les hébergements d’urgence. En février 2025, 72 demandes de mise à l’abri ont été faites dans la Métropole, et seulement 3 ont été prises en charge.
La situation est encore plus catastrophique pour les personnes exilées. Désormais, la mairie PS de Nathalie Appéré refuse d’ouvrir des gymnases en plein hiver. Alors que les personnes à la rue se sont regroupées au sein du CIAMIR (Collectif des Immigrés Abandonnés et des Mineurs Isolés de Rennes), Nathalie Appéré n’a pas hésité à envoyer la police municipale pour accompagner la police nationale et déloger l’occupation de l’Espace Social Commun (ESC) Simone Iff en décembre 2025.
Comme l’expliquaient début février les militant.es d’Utopia 56 : « Si l’occupation de gymnases municipaux en période hivernale a été tolérée par la mairie depuis 2019, elle a été refusée cette année et une expulsion a été demandée par la maire à la préfecture deux heures après l’ouverture d’un gymnase ».
Au campement de Maurepas, pour les exilés, et en particulier les familles, ces conditions étaient indignes : logement en tente dans la météo bretonne (dont une tempête), des enfants qui font leurs devoirs à la lumière de lampes torches, un accès très précaire à des douches communes. L’expulsion violente du campement, par la police, est source de traumatismes, qui plus est pour des enfants et mineurs non accompagnés.
Alors que dans son programme pour les municipales 2026, la maire sortante propose un « accompagnement du schéma d’accueil rennais des gens du voyage » pour redorer son image, les politiques racistes et anti-étrangers de la mairie PS de Rennes continuent et marchent de fait main dans la main avec les idées nauséabondes de Retailleau, Nunez et le préfet d’Ille-et-Vilaine Franck Robine. Ces politiques ne font que criminaliser les exilés et leur font vivre un enfer dans la ville et partout ailleurs en France.
Nathalie Appéré est par ailleurs la secrétaire générale de France urbaine, une association « transpartisane » des grandes villes, métropoles, communautés et agglomérations urbaines. Sur le site internet officiel de l’association, on retrouve l’idéologie dominante du capitalisme territorial : « les territoires urbains constituent un moteur essentiel du développement, de l’innovation et de la cohésion nationale ». Johanna Rolland, maire socialiste de Nantes, en est la présidente, et Jean-Luc Moudenc, maire LR de Toulouse, le premier vice-président.
Ce capitalisme urbain vise à transformer l’image des centre-villes pour en faire des lieux socialement homogènes au service des classes supérieures et des entreprises. À Rennes, des grands travaux urbains ont ainsi été menés durant les deux mandats de Nathalie Appéré. Ils ont conduit à un véritable phénomène de gentrification, et se présentent comme des « rénovations » de quartiers, comme au Blosne, à Villejean ou encore à Cleunay.
Ces projets n’ont pas été conçus pour les personnes qui habitent ces quartiers, mais pour les exclure. Une étude montre qu’au Blosne, des logements pavillonnaires vendus à 350 000€ ont été construits pour favoriser l’installation de cadres, pendant que le nombre d’ouvriers et d’employés qui habitent dans le quartier a diminué années après années. Comme le rappelait Erell Duclos lors d’une réunion publique sur le logement, « on rénove les places, on installe des nouveaux commerces pour accueillir une nouvelle population, celle qui a les moyens d’acheter des logements neufs, et on chasse les plus précaires en périphérie ! ».
Depuis les années 2010, les promoteurs immobiliers fonctionnent main dans la main avec les institutions municipales, avec un seul objectif : mettre un terme au Rennes populaire et faire du centre-ville un havre de paix pour les plus riches et les touristes. Cela s’est traduit dans l’augmentation des loyers commerciaux pour faire fermer les commerces populaires, mais aussi l’inauguration de lieux comme le Couvent des Jacobins, qui accueille des conférences d’entreprises tout en étant inaccessible aux classes populaires la majorité du temps, ou encore dans des projets de construction d’hôtels de luxe comme le Mama Shelter Place des Lices ou la vente du Palais du Commerce à République.
Et pour imposer ce projet de gentrification XXL de la ville, les lieux qui permettaient aux habitants de se réunir, de s’organiser, et de faire vivre une culture populaire ont été fermés. Le Bâtiment à Modeler (BAM) est condamné à la démolition, les bars populaires du centre-ville subissent des fermetures administratives pour des motifs fallacieux.
Le collectif Déjà Demain, qui œuvre pour l’accès à la culture pour tous et toutes à Rennes, témoigne de l’hostilité croissante de la mairie vis-à-vis des pratiques artistiques populaires et indépendantes dans le champ culturel. Alexandre, membre du collectif, s’interrogeait au micro de Révolution permanente : « Rennes a une identité culturelle forte, notamment en matière de musiques actuelles, on pense évidemment aux Transmusicales, mais si cette identité devient seulement un argument d’attractivité, ça peut pas marcher. Si les conditions d’existence des scènes locales ne sont pas garanties, là y a un gros décalage ».
Sous les mandats de Nathalie Appéré, la stratégie de développement de Rennes s’est largement inscrite dans la logique de métropolisation promue par l’État : attirer investissements, centres de recherche et entreprises stratégiques. Les partenariats publics-privés et les délégations de services publics ont été renforcés, comme c’est le cas du réseau de transport métropolitain de la STAR qui a été confié à Keolis jusqu’en 2032.
Mais derrière ces politiques pro-patronat se dessine aussi une orientation beaucoup plus préoccupante : le renforcement du rôle de Rennes comme pôle de cybersécurité et de technologies militaires. Par exemple, Rennes métropole propose chaque année un événement public appelé « Cybermois », visant à participer à une « campagne nationale de sensibilisation à la cybersécurité ». Sur le site institutionnel de la métropole, on peut également lire : « Rennes accueille chaque année la European Cyber Week, une semaine dédiée à la cybersécurité organisé par le Pôle d’excellence cyber et ses membres. Forum de recrutement, pitches de jeunes entreprises en présence d’investisseurs, débats, conférences, challenges IA & cyber… L’événement organisé au centre des congrès de Rennes Métropole propose une trentaine de rendez-vous différents et compte 35 intervenants, 140 exposants et plus de 8 000 participants* venus de 23 pays (*chiffres 2024) ».
En s’appuyant sur la présence d’acteurs publics et privés liés au secteur de la défense, et en soutenant l’installation ou le développement d’entreprises travaillant pour l’armement ou la sécurité numérique comme Thalès, la municipalité contribue à inscrire le territoire dans l’économie de guerre et la militarisation croissante de la recherche et de l’innovation. L’entreprise leader mondiale des technologies de défense, affichait en mars 2025 sa fierté d’inaugurer à Rennes « son nouveau centre de cyberdéfense, implanté au cœur de l’écosystème cyber breton », d’une valeur d’investissement de dix millions d’euros. L’entreprise possède aussi un deuxième site rennais, La Ruche, autre centre créé en 2019 et spécialisé dans les opérations de cyberdéfense en collaboration avec le ministère des Armées. Thalès, complice de milliers de morts par sa participation à l’armement d’Israël contre les Palestiniens, fait aussi partie du « Pôle d’excellence CYBER », soutenu et financé en partie par Rennes métropole.
Cette orientation illustre une contradiction profonde : alors que les besoins sociaux explosent – logement, services publics, infrastructures collectives – la municipalité préfère mettre les ressources publiques, l’aménagement urbain et les politiques de formation au service des secteurs directement liés aux intérêts de l’industrie de défense et de la sécurité, renforçant l’intégration de la ville aux priorités stratégiques de l’État et du capital.
Depuis plusieurs années, les tensions et violences liées au trafic de stupéfiants font la une des journaux et participent à une forte répression à l’encontre des habitants des quartiers populaires. Récemment, en décembre 2025, plusieurs coups de feu ont été tirés dans le quartier de Villejean, et un homme de 25 ans a été tué par balle dans le quartier du Blosne. La préfecture a alors déployé la CRS 82 pour quadriller la zone, dans une logique de surenchère policière.
Pour Nathalie Appéré le problème est que la police subit « un manque de moyens et d’effectif » et envisage « une présence policière visible et durable ». Elle appelait encore récemment à maintenir à Rennes la CRS 82 et à renforcer la collaboration avec le préfet Robine, ancien chef de cabinet de Bruno Retailleau. Dans son programme pour les municipales 2026, elle propose le « renforcement de la présence humaine sur le terrain avec 60 policiers municipaux supplémentaires », la création d’un second poste mobile de proximité, la création d’une police métropolitaine des transports – qui conduira encore plus à transformer les usagers du réseau en clients – et l’installation de 80 nouvelles caméras de vidéoprotection. La mairie socialiste, loin d’être un rempart face à la droite et à l’extrême droite, applique donc elle-même l’agenda répressif de la droite.
Par ailleurs, la maire sortante Nathalie Appéré ne mentionne jamais les violences policières, dans une ville où ces violences sont allées jusqu’à la mort d’un de ses habitants. En 2015 à Maurepas, des policiers de la BAC ont tué par balles Babacar Gueye, un jeune immigré sénégalais qui attendait un titre de séjour. Et en 2019 à Rennes, pendant le mouvement des Gilets Jaunes, une grenade de désencerclement tirée par la police a blessé à l’œil Gwendal Leroy, ouvrier dans l’agro-alimentaire, qui a définitivement perdu l’usage de son œil gauche.
Les violences causées par les trafics, dont les premières victimes sont principalement des jeunes personnes racisées qui vivent dans les quartiers populaires, ne peuvent servir à justifier un agenda répressif. Le commerce de stupéfiants apparaît pour certains comme une alternative au chômage, particulièrement quand l’accès aux études est difficile voire impossible. Par exemple, dans le quartier du Blosne, on comptait en 2024 49 % de taux de pauvreté, et près de 2 200 demandeurs d’emploi. Comme nous le rappelions dans un précédent article, la misère favorise les violences et la répression les aggrave. Il faut donc s’attaquer aux racines du problème.
Malgré une communication officielle faisant la promotion d’une ville « du vivre ensemble », de la solidarité et de l’accueil, le rôle de la coalition municipale de gauche sociale-démocrate a été d’organiser la régulation du capitalisme urbain et de rendre socialement acceptables les mesures antisociales prises à l’échelle nationale et locale.
Derrière un discours teinté d’ « écologie » et de « justice sociale », cette coalition municipale s’est surtout traduite par une gouvernance en faveur des riches, cherchant à concilier transition écologique bourgeoise, attractivité métropolitaine et maintien de l’ordre social, sans remettre en cause les logiques économiques qui structurent le capitalisme et ses inégalités.
Sur la question urgente du logement, à l’inverse des mesures proposées par Nathalie Appéré et ses colistiers, une politique qui rompe avec les logiques de profit doit poser la question de la socialisation du foncier, de la réquisition des logements vides et de la construction massive de logements publics, sous contrôle des habitants et des travailleurs du secteur, afin de sortir le logement de la logique du profit.
C’est pourquoi nous exigeons la réquisition immédiate et sans indemnité des 9 000 logements vides et des 13 800 logements vacants à Rennes, mis sous contrôle des locataires, et la baisse immédiate des loyers et des charges, pour qu’un loyer dans un logement privé ne dépasse pas le prix d’un logement social. Nous défendons également la gratuité des crèches et des cantines, ainsi que des restaurants municipaux servant un repas gratuit quotidien pour les étudiants et les personnes précaires.
Ce combat ne se mènera pas avec l’État, mais contre lui, contre le grand patronat et contre les promoteurs immobiliers. C’est seulement par la mobilisation de la jeunesse, des quartiers populaires, du monde associatif et surtout du monde du travail que l’on pourra arracher ces revendications.
Pour défendre ce programme et envoyer des élus de combat au conseil municipal de Rennes, votez le 15 mars prochain pour la liste portée par Erell Duclos, étudiante à Rennes 2 et travailleuse dans l’éducation, soutenue par Révolution permanente !
Site de la campagne : https://erellduclos.municipales-rp.fr/
Élections municipales 2026
Municipales
Gentrification
Rennes
PS
Politique
Marine Rammard
Le Poing Levé Paris 1
Ellana Santini
Axel Garozzo
Pierre McRae
Margot Lemel
Révolution Permanente Rennes
Jocelin Amuin
Facebook
Instagram
Twitter
Telegram
YouTube
Tik Tok
RSS
Spotify

source

Catégorisé: