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Accueil / Info locale / Politique / Gros projet au Wacken, avenir du commerce et budget 2026 : ce que Strasbourg a décidé hier
Alors qu’il ne restait que trois conseils municipaux à Strasbourg avant les prochaines élections, nos élu(e)s se sont retrouvé(e)s au sein de leur arène préférée pour une nouvelle session ce 3 novembre. S’il y a eu peu de points saillants à se mettre sous la dent, la douceur automnale ne s’est pas vraiment transposée dans la teneur des débats. C’est l’heure du récap’ d’un peu plus de 9h de politique strasbourgeoise.
Alors que la campagne des municipales continue de s’accélérer, le conseil municipal de ce 3 novembre a réuni nos élu(e)s pour l’antépénultième fois dans l’hémicycle strasbourgeois. Alors que celui de septembre avait été majoritairement technique, celui de novembre a principalement tourné autour du budget [pour le plus grand plaisir de l’auteur de cet article, ndlr].
Et puisque la période de réserve électorale met le holà sur les grands projets, l’ordre du jour a de nouveau été plus réduit qu’à l’accoutumée, avec 15 points retenus, plus 11 textes additionnels qui auront animé la séance. Petite anecdote amusante : ce 3 novembre est la Journée mondiale de la gentillesse. Si Syamak Agha Babaei a demandé à nos élu(e)s de s’en inspirer, cela a été plutôt un voeu pieux, comme à chaque conseil municipal.
Selon un article de Rue89 Strasbourg datant d’il y a quelques jours, le mercredi 30 juillet dernier, le parquet de Strasbourg a classé sans suite le signalement de l’ancien adjoint et maître de conférences Hervé Polesi par la Ville, « faute de plaintes et de l’insuffisance d’éléments à charge ». Une fin après quasiment deux ans d’une affaire qui aura fragilisé Jeanne Barseghian, critiquée dans sa gestion du dossier.
Pour rappel, à l’automne 2023, la CFDT de la collectivité informait le cabinet de la maire du malaise de quelques agentes par rapport à certains propos tenus par Hervé Polesi. Très vite, la maire prend un arrêté municipal pour lui retirer la délégation de coordination des élu(e)s référent(e)s de quartier.
Un an plus tard, il perd sa fonction d’adjoint en charge de l’accueil du public et de l’accessibilité. Mais problème : il reste dans l’exécutif, alors que Jeanne Barseghian justifie ce choix par la volonté d’alléger sa charge de travail pour des raisons professionnelles et personnelles. Finalement, en mars 2025, il perd sa dernière délégation, et est exclu du groupe écologiste et démissionne le mois d’après.
C’est Carole Santamaria (non-inscrite), ayant intégré le conseil municipal après l’exclusion d’Hervé Polesi, qui aborde le sujet ce 3 novembre. Dans une plaidoirie contre un système qui demande à avoir constamment des « victimes idéales », la conseillère municipale rappelle que ce « classement sans suite n’est pas un cas isolé, représentant 86% des plaintes déposées et 94% des procédures de viols ». Elle critique également l’opacité qui règne depuis deux ans dans la collectivité, ainsi que les choix de la maire de maintenir sa confiance à Hervé Polesi en 2024, un an après lui avoir retiré des délégations.
Dénonçant une « opportunité manquée de porter le débat sur les violences faites aux femmes dans les milieux de pouvoir », elle demande des excuses au nom de l’institution de la part de Jeanne Barseghian. La maire lui répond, en lisant un texte préparé en amont. Elle y réitère son soutien aux victimes et explique avoir décidé de faire accompagner la collectivité pour qu’elle « s’attaque aux violences physiques et sexuelles d’une meilleure façon ». Elle se défend également, déclarant avoir pris ses responsabilités, en ayant retiré les délégations de son ex-adjoint.
Dans les prises de parole, toutes réalisées par des femmes, la maire n’est pas épargnée. Rebecca Breitman (Modem) l’accuse de réécrire l’histoire, et déplore que « depuis mars dernier, il ne s’est rien passé », reproche également fait par Soraya Ouldji (non-inscrite). Céline Geissmann (PS) lui reproche de s’être « rangée du côté de l’invisible, d’avoir minimisé cette affaire et de s’être exprimée sous pression des médias ».
Visiblement très touchée dans sa seconde réponse, faite cette fois-ci sans texte préparé, la maire explique qu’il y a eu des alertes, des rumeurs mais qu’il était nécessaire de clarifier les choses, la cellule d’écoute de la collectivité n’ayant pas été saisie. Elle affirme que, dès que les faits lui ont été signalés en mars 2025, elle a saisi la procureure de la République. Elle précise enfin qu’elle aurait aimé rencontrer les agentes « pour pouvoir s’excuser au nom de la collectivité », mais que celles-ci n’en ont pas exprimé l’envie. Fin d’une histoire amère.
Si de nouveaux grands projets ne sont plus annoncés, il y en a qui font encore débat. Le dernier en date : celui sur les 11 000 m2 du site de l’ex-Mercure, place de Bordeaux, avec 5 bâtiments dont une tour à 50 mètres de hauteur et 17 étages. Si la plus grande tour sera réservée aux logements, deux autres immeubles accueilleront, eux, plusieurs commerces en rez-de-chaussée.
Dans les deux derniers bâtiments, on trouvera dans l’un une résidence étudiante avec 187 places, dont 60 résidences sociales, et dans l’autre un hôtel capable d’accueillir 177 chambres. Le projet comprend aussi la construction d’un parking souterrain de 196 places pour les voitures avec accès depuis la rue Richard-Strauss, en face du Palais de la musique et des congrès (PMC), et de 620 places pour les vélos.
Le sujet, polémique et politique, est revenu dans le débat municipal par la voix de Catherine Trautmann (PS). Pour sa première (et seule) prise de parole de la journée, elle regrette de la part de la maire un « manque de cohérence avec les objectifs que vous avez affirmés de dédensification du Wacken ». Elle annonce que l’arrivée de nouvelles activités va « densifier la circulation, va changer le mode d’accès à l’ensemble du site, sans que soit pour autant prévu un véritable parvis devant le PMC ». Elle termine en disant que « nous avons perdu la main ».
L’intervention réveille ensuite les appétits des autres candidats municipaux, avec Pierre Jakubowicz (Horizons) et Jean-Philippe Vetter (LR) prenant également la parole. Le premier dénonce « un éléphant dans un magasin de porcelaine » et accuse « d’asphyxier tout un quartier », tandis que le second critique « une situation qui sera encore plus complexe demain dans le secteur ». Les deux s’accordent également sur le manque de concertation avec les habitant(e)s.
Côté municipalité, Suzanne Brolly reste « dubitative » concernant la méthode de Catherine Trautmann et dénonce une « inversion de responsabilité indécente misant sur une amnésie généralisée ». Elle précise : « Nous avons hérité de cette situation et nous avons fait de ce coup parti une opportunité pour le quartier, en améliorant les espaces de nature, avec plusieurs usages pour les bâtiments et des logements sociaux. » De son côté, Syamak Agha Babaei s’insurge contre ce qu’il estime être un manque de cohérence des groupes de droite et du centre.
Pour conclure, Jeanne Barseghian déclare : « On a fait en sorte que ce projet soit le meilleur possible dans tous les aspects. » La maire annonce qu’il va préfigurer un aménagement plus global de la place de Bordeaux, notamment avec un vrai parvis pour le lycée Kléber, de la végétalisation et un plan de circulation renouvelé. Elle se réjouit que l’on construise quelque chose de nouveau sur une friche, qui va valoriser le quartier et apporter des commerces et des services. Il n’y a plus qu’à attendre la réalisation pour s’en convaincre.
La situation du commerce strasbourgeois s’est immiscée dans le conseil municipal de novembre, via une résolution de Pierre Jakubowicz. Le conseiller municipal veut instaurer un « plan Marshall » en soutien aux commerçant(e)s strasbourgeois(es), « en grande difficulté ». Il énonce plusieurs raisons, comme des « chantiers démultipliés, non anticipés et anarchiques, un tarif de stationnement prohibitif, des plans de circulation ubuesques et des accès à la ville entravés, des problèmes de sécurité et de propreté ».
Récitant ce qui ressemble à s’y méprendre à un programme de campagne, il a ensuite énuméré plusieurs propositions. Avec notamment la création d’un forfait de stationnement universel à 15 €/mois pour les professionnel(le)s et salarié(e)s, un forfait à 2 € les 2 heures entre 12h et 14h, l’étude de la gratuité dans les parkings en ouvrage du centre-ville les mardis et jeudis de 14h à 18h, le renforcement de la vidéoprotection et des effectifs de police municipale, la création d’un commissariat au centre-ville et d’une brigade de propreté dédiée.
Forcément, côté municipalité, le son de cloche est tout autre. Rappelant le contexte national et international avec l’essor de l’e-commerce, un contexte d’anxiété et les coûts explosifs des locaux, Joël Steffen s’inscrit en faux du « diagnostic partiel et partial » du candidat aux municipales : « Strasbourg résiste et rayonne quoi que vous puissiez en penser. » Il explique également que l’insécurité est « en baisse significative », citant notamment le Faubourg National et la place Saint-Pierre-le-Vieux.
Pierre Jakubowicz persiste et signe que la municipalité est « responsable d’aggraver les difficultés avec les chantiers mal coordonnés et complètement erratiques ». Une prise de parole qui irrite Benjamin Soulet, qui évoque les projets menés dans les quartiers populaires comme l’Elsau, Hautepierre et Cronenbourg, dénonçant « des fantasmes qui sont incroyables à entendre ».
La résolution est finalement rejetée à 44 voix contre et 8 voix pour. Mais nul doute que l’on retrouvera ces propositions de Pierre Jakubowicz dans sa campagne des municipales.
Laissé aujourd’hui complètement à l’abandon, le site de la plaine Élan au Neuhof attend sa future reconversion. Avec ses 6 hectares situés en limite de la réserve naturelle nationale Neuhof-Illkirch, il va bientôt accueillir un tout nouvel espace pour les habitant(e)s du quartier populaire, autour de la création d’un nouveau parc urbain d’1,3 hectare.
Celui-ci accueillera une offre de sport-loisirs et de terrains sportifs, qu’il faut encore définir, et doit également permettre le développement de l’agriculture urbaine, avec les Jardins de la Montagne Verte menant le projet, ainsi que l’accueil d’événements et de sorties autour de l’éducation à l’environnement, en rénovant un ancien club house. Le tout, en créant une nouvelle entrée à la réserve naturelle, pour permettre aux Neuhofois(es) du nord d’accéder à la plaine. Précédée de nombreux travaux annexes, celle-ci démarrera son chantier en 2027, si tout va bien.
Un projet qui ne convainc pas Pernelle Richardot (PS). L’élue dénonce une « occasion loupée de relier le Neuhof Nord et le Neuhof Sud » et un « concentré de mauvaises idées ». Elle reste pourtant esseulée dans ses critiques, Joris Castiglione se réjouissant d’un « projet attendu de longue date » et Lucette Tisserand, élue du quartier, assurant que « l’endroit va devenir un endroit où on ira ».
Benjamin Soulet monte au créneau contre l’intervention de l’élue socialiste : « Ce qui est éphémère, c’est votre rapport au réel ; ce que vous dites ne tient pas la route, c’est détestable. » Il met ensuite en avant « un magnifique projet, comme un trait d’union entre le nord et le sud du Neuhof ». Le point est ensuite voté à l’unanimité.
Dans ces quelques 9h de débats parasitées par les discussions sur le budget, le conseil municipal a également pu traiter quelques autres points. Dans le détail :
Les élections municipales se tenant en mars 2026 (si tout va bien, sauf dissolution de dernière minute), il faut avancer l’examen du budget de la Ville de Strasbourg, traditionnellement en mars. L’occasion d’assister au dernier débat d’orientation budgétaire (DOB) du mandat, discuté alors que la France n’a toujours pas de budget, lui-même en débat actuellement à l’Assemblée nationale.
On ne va pas se mentir, c’est un grand ouf de soulagement. Il faut dire que les discussions sont les mêmes depuis 2020, jusqu’à la caricature entre une opposition qui critique la dette et la municipalité vantant l’investissement pour éviter la dette écologique. Pas de changements durant ces débats [apparemment, on ne modifie pas une équipe qui perd, ndlr], donc on se concentre davantage sur les projets permis par ce budget, ainsi que quelques chiffres.
Un budget, ce ne sont pas que des chiffres, mais ceux-ci sont tout de même importants. Concrètement, la dette de Strasbourg devrait être de 419 millions d’euros en 2025, soit une augmentation de 11 % en un an [et 73,9 % depuis 2020, soit moins qu’entre 2008 et 2014, ndlr]. Ensuite, alors que l’an dernier, Strasbourg avait une dette de 1 129 €/habitant(e), la Ville a cette fois-ci un endettement de 1 282 €/habitant(e).
La comparaison étant souvent réalisée, il est tout de même bon de rappeler que la dette pour une collectivité n’est pas du tout la même que celle d’un(e) Strasbourgeois(e) lambda ou même d’une entreprise ; selon la Banque de France, un État a une durée de vie a priori infinie et n’a pas vocation à dégager des profits, et ses dépenses et ses recettes ont une influence directe sur la performance de l’économie.
Par ailleurs, si Syamak Agha Babaei met en avant un « autofinancement solide », c’est pourtant l’un des plus faibles des plus grandes communes françaises. Enfin, la capacité de désendettement a augmenté, étant à 8,9 années, alors que la prédiction pour 2024 était de 9 années. Signe d’un budget tenu, et ce même si les prédictions se dégradent fortement en 2025.
À ce sujet, loin de la litanie de critiques d’un Pierre Jakubowicz en campagne, Caroline Barrière (PS) relève de manière intéressante l’évolution des éléments de langage de la municipalité concernant son budget : « Il était question d’urgence climatique et sociale, puis d’un bouclier qu’il fallait construire avec les habitants. En 2024, je note un infléchissement de langage : une transformation sociale et écologique. En 2025 : la maîtrise des finances passe au premier plan. Enfin, le DOB 2026 sort vos slogans de campagne : protéger, préserver et préparer. »
Concernant les projets, la municipalité met en avant la programmation de 13 cours d’école végétalisées supplémentaires, avec désimperméabilisation et ombrage, la création du parc du Petit Rhin et l’inauguration de celui des Romains, le développement des réseaux de chaleur pour l’autonomie énergétique, l’arrivée du Ring Vélo, ainsi que la reconfiguration des abords du stade de la Meinau.
Côté culture, elle évoque l’abonnement gratuit dans 8 médiathèques à partir de janvier 2026, mais aussi la réfection de son patrimoine avec la Laiterie, la Librairie Kléber, le cinéma Star, le Musée alsacien, le Palais des Fêtes et bientôt l’Opéra. Elle est également fière de la rénovation de ses cours d’école, « une anomalie que nous avons voulu réparer », selon Syamak Agha Babaei.
Face aux critiques de l’opposition, le premier adjoint ne retient pas ses coups : « Vous nous direz où couper, car cette austérité que vous appelez de vos voeux, fragilise tout ce qui fait ville ensemble. Et deux heures de critiques sans la moindre vision, je trouve ça désolant. » Jeanne Barseghian termine les débats en regrettant que son opposition soit « incapable de vous réjouir de bonnes nouvelles pour notre ville ». Cela fait pourtant cinq années entières que ce petit jeu dure. Heureusement, il est bientôt terminé.
Il est 20h07 quand ce conseil municipal se termine. L’antépénultième de la mandature de Jeanne Barseghian a forcément beaucoup tourné autour du budget, tout en permettant de revenir sur quelques sujets chauds qui agitent la politique locale. Mais sans grands projets à annoncer, les débats ont manqué d’intérêt. Rendez-vous en décembre pour l’avant-dernier épisode de notre série politique locale préférée.
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