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En conseil municipal, mercredi 17 décembre, l’opposition et la majorité ont débattu point par point la signature du compromis de vente avec le groupe Duval
Un conseil municipal en présence de l’avocat-conseil de la commune est toujours un bon signe. Celui d’une réunion importante autour d’un sujet qui fâche et la présence du public nombreux dans la salle du conseil de l’hôtel de ville, mercredi 17 décembre, l’ont confirmé. Une fois les chaises supplémentaires dégotées pour les curieux, les élus ont passé plus de la moitié du…
Un conseil municipal en présence de l’avocat-conseil de la commune est toujours un bon signe. Celui d’une réunion importante autour d’un sujet qui fâche et la présence du public nombreux dans la salle du conseil de l’hôtel de ville, mercredi 17 décembre, l’ont confirmé. Une fois les chaises supplémentaires dégotées pour les curieux, les élus ont passé plus de la moitié du conseil autour de la signature du compromis de vente du projet d’hôtel de standing porté par le groupe Duval en lieu et place du centre d’hébergement, de la maison des associations, de la gare routière et des espaces contigus.
La municipalité justifie cette vente par la nécessité de valoriser cet ensemble immobilier « sans aucun avenir économique, ni intérêt patrimonial ». Les bâtiments actuels, datant des années 70-80, sont jugés vétustes et coûteux en tant que « passoires énergétiques ». Le complexe projeté promet un restaurant gastronomique, une piscine, un spa et des salles de réunion, le tout intégré à l’architecture locale.
L’opposition, menée par Yann Berret et Jean-François Harlet, a soulevé des « fragilités juridiques majeures » et une méthode « démocratiquement contestable ». Le cœur de leur critique réside dans la nature du bien. Pour Yann Berret, la vente de ces bâtiments, relevant du domaine public car affectés au service public d’hébergement et à la vie associative, nécessiterait un déclassement. Il dénonce aussi l’absence de procédure de publicité et de mise en concurrence comme un manquement au principe de « bonne gestion des données publiques » et un risque de « libéralité déguisée ». L’opposition a passé au crible la cinquantaine de pages du contrat, relevant coquilles ou imprécisions, du travail du notaire et de l’avocat Thomas Drouineau.
Face aux critiques et aux craintes de l’opposition de voir un autre projet immobilier spéculatif s’installer, le maire Daniel Coirier et sa première adjointe Florence Chartier-Loman ont insisté sur le contrôle dont dispose la collectivité : le droit de l’urbanisme. Si un opérateur se substitue au groupe Duval, le nouveau zonage validé par la modification du PLU oblige la construction d’un hôtel et seulement d’un hôtel. Au final, c’est le maire qui délivrera le permis de construire et, si le projet n’est pas conforme, la Ville pourra dire non et conserver le devenir du site. Maître Drouineau insiste : « Il s’agit d’une transaction immobilière et pas d’une commande de la collectivité. La commune est dans une approche patrimoniale. »
Le débat a aussi permis d’apprendre que la surface exacte des biens cédés n’est pas déterminée, elle sera fixée après le dépôt du permis de construire. Le prix de vente (2,3 millions d’euros) serait alors réduit jusqu’à 200 000 euros maximum si la surface consommée s’avérait inférieure à l’estimation initiale de 8 239 m².
Malgré ces assurances, l’opposition a voté contre la signature et rappelé que « ce pas une simple vente immobilière, c’est un choix politique lourd » en regrettant la perte « irréversible » d’un outil de politique publique locale envers les défavorisés.

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