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Condamné à 4 ans de prison dont deux ferme, à Béziers, en 2023, Christian Arnaud, pêcheur professionnel, conteste les manquements à la sécurité qui ont provoqué la mort tragique de deux marins en novembre 2020 au large d’Agde (Hérault), lors d’un naufrage dont il est le seul survivant.
Christian Arnaud n’en démord pas. Ce patron pêcheur de 66 ans, cheveux poivre et sel, conteste toujours sa culpabilité dans le tragique naufrage de son bateau le Romain Luca, au large d’Agde (Hérault), dans la nuit du 29 au 30 novembre 2020, dont il est le seul rescapé. Le bilan est terrible : ses deux marins, Sébastien et Christophe Gil, deux frères de 23 et 33 ans, ont péri, leurs corps n’étant retrouvés que quatre jours plus tard, à 10 et 25 m près de l’épave. Lui a été secouru la nuit même, réfugié sur une bouée et avec une balise de détresse en main. Condamné à quatre ans de prison dont deux avec sursis par le tribunal judiciaire de Béziers début 2023, pour travail dissimulé – Sébastien Gil n’était pas déclaré – et surtout homicides involontaires, suite à une invraisemblable série d’actes de secours manqués, il maintient à la barre de la cour d’appel de Montpellier, mardi 27 janvier, avoir fait ce qu’il a pu.
« Vous n’êtes pas coupable ? » attaque le président Pinarel, le soumettant à la question pendant quatre heures.
« Je regrette cette tragédie qui s’est passée, ces jeunes je les prenais pour mes propres enfants, j’étais très proche d’eux, on était très complices » assure le sexagénaire, suscitant les réprobations des parties civiles dans la salle.
« Vous êtes responsable mais pas coupable… Mais responsable de quoi ? » insiste le magistrat.
« En tant que capitaine, il faut être dans la vigilance totale. Peut-être que j’aurais dû voir le problème plus rapidement. J’ai une culpabilité qui me ronge depuis 5 ans, malheureusement je peux rien faire de plus, on ne va pas revenir en arrière. »
La cour d’appel est pourtant revenue en arrière pendant huit heures, s’étonnant du comportement du capitaine, seul témoin de ce huis clos en pleine mer. Les débats ne se sont pas éternisés sur le travail dissimulé reconnu aux forceps, Christian Arnaud ayant déjà été épinglé à trois reprises pour des marins non déclarés. Mais ils ont pointé le fait que réglementairement, le petit chalutier ne devait accueillir que deux personnes et non pas trois. Ce 29 novembre 2020 au soir, selon la version unique du prévenu, le trio était en train de manger quand le bateau a commencé à prendre l’eau et que des creux d’1,5 m se formaient en mer. Avec la panique et le Romain Luca qui tanguait, il aurait ordonné à ses marins de sauter à l’eau. Sébastien et Christophe se seraient accrochés à la coque avant de céder, de nager et de disparaître. Lui, rapporte n’avoir « pas eu le temps » de prévenir les secours, ni de mettre le canot de sauvetage à l’eau et encore moins de leur donner de gilet de sauvetage – pourtant dans la cabine – alors qu’ils n’avaient pas non plus d’équipement de protection individuel obligatoire surtout de nuit… Et ce, alors que l’épave a été retrouvée largement au-delà de la limite où il avait le droit de pêcher. Autant d’infractions supposées, contestées ou minimisées.
« Aucun marin ne met jamais le gilet de sauvetage pour travailler » se défend le pêcheur qui affirme aussi avoir tenté d’appeler un collègue sur les ondes, ce qui n’a jamais été établi. Et comme le rappellent ses avocats Me Dolez et Tarin, tout est allé très vite, trop vite, entre peur, stress et conditions météo, il n’a pu faire mieux et s’en veut.

« Vous avez eu 12 à 15 minutes entre la voie d’eau et le bateau qui chavire, a minima. Le temps n’est pas si rapide que cela » remarque le président Pinarel. Alors qu’une assesseure pique à son tour le prévenu : « Vous n’en avez rien à foutre de la réglementation ? », tempête-t-elle.
« On a du mal à comprendre comment vous pensez à appeler un collègue, mais pas à a appuyer sur le bouton de détresse ! » appuie encore la cour. Avec ce constat face aux dénégations de Christian Arnaud : « On est à la remorque de votre version, personne ne viendra vous contredire, mais on n’est pas obligé de vous croire. »
Mes Abratkiewicz et Simon, parties civiles, eux, ont une autre version qu’ils ont défendue en tirant à boulet rouge sur le marin. « C’est un bon pêcheur, mais un mauvais marin et un lâche, il a juste voulu sauver sa peau. Pourquoi cette catastrophe est arrivée ? Il est hors la loi en pêchant où il n’avait pas le droit : au lieu d’appeler les secours, il appelle un pêcheur pour bidouiller le sauvetage » dénoncent-ils, réfutant l’idée que le prévenu, une fois dans l’eau, soit tombé par hasard sur la bouée et la balise de détresse : « il les a pris au moment de sauter. »
Et puis il y a le comportement détestable du mis en cause. Juste après les faits, il demande à la famille des victimes de dire que Sébastien ne travaillait pas sur le Romain Luca mais était un simple « observateur », propose de payer les funérailles avant de se rétracter ou encore prépare son insolvabilité, « alors qu’il avait 400 000 euros sur ses comptes et roulait en Porsche » déplorent les parties civiles.
Le parquet général a demandé qu’il soit condamné 5 ans de prison dont 3 avec sursis et mandat de dépôt différé. La cour d’appel s’est donnée jusqu’au 2 avril pour trancher.
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"ces jeunes je les prenais pour mes propres enfants, j'étais très proche d'eux, on était très complices"
On croirai entendre les Moretti parler de Cyane, la serveuse sètoise !
Une affaire difficile à juger. Et puis 12 à 15 minutes pour prendre des décisions c'est court.
Il me rappelle le capitaine du Costa Concordia .