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Dans Grande Région Mis à jour le 02/06/26 12:25 | Publié le 02/06/26 8:00
Dans le secteur de Longwy, actuellement, vaut-il mieux acheter du neuf ou de l’ancien ?
Geoffrey Bonsignore : Ça dépend du profil des acquéreurs et de leurs attentes. Le neuf, c’est plus compliqué, car il y a de moins en moins de terrains. Le prix de l’are a augmenté. De moins en moins d’acheteurs ont la possibilité de construire. Et les banques sont plus frileuses pour l’achat de terrains nus. Le prix du neuf se situe entre 3 000 et 4 000 euros/m2 à Longwy et à 20 km à la ronde. Avec l’ancien, il y a plus de possibilités de trouver quelque chose d’abordable pour le rénover, malgré la montée des prix des matériaux. Des prix qui ont encore augmenté au 1er avril, de 7 à 20 %, en raison de l’actualité géopolitique.
Il vaudrait donc mieux racheter de l’ancien à rénover ?
C’est vraiment selon le profil. Pour l’ancien, les banques peuvent poser des problèmes selon la classe énergétique. Si le bien est classé E, F ou G, 90 à 100 % d’entre elles imposent qu’une part du crédit accordé soit destiné à des travaux permettant d’atteindre le B, C ou D.
Comment évoluent les prix ?
Mon ressenti est que les prix stagnent, dans le bassin, pour le moyen ou le bas de gamme. Sur les douze derniers mois, on est à +1,2 % concernant la commune de Longwy pour l’ancien. Je constate cette situation depuis fin 2022-début 2023, moment où les taux des crédits des banques sont repartis à 4,3 %, 4,5 % et que la montée folle des prix a commencé à se réguler. En revanche, je constate une augmentation des tarifs pour le haut de gamme, pour des offres atypiques qui ne peuvent pas être mises en concurrence : vue d’exception, sauna, jacuzzi, belles prestations… Pour un bien unique, il y a un prix unique.
Est-ce que les biens partent vite ?
Ça dépend. Un bien qui ne part pas, c’est souvent car il y a beaucoup de travaux à réaliser et que son prix est trop haut par rapport aux frais à engager. Il y a aussi d’autres faits… Certaines banques ont fait évoluer leur taux, jusqu’à +0,4 % en avril. Le budget des foyers prend une claque. Mais ce que je dis ne sera peut-être plus vrai passé le 1er juin. En 2025, un bien ancien, après diffusion de l’annonce, je le vendais en 3,8 mois. Après, c’est une moyenne : certains ont été achetés en 48 heures et pour d’autres, ça met six mois. En revanche, l’attractivité du secteur demeure.
À quoi le voyez-vous ?
Même si la majorité de mes clients sont des Français travaillant au Luxembourg, ça m’arrive de plus en plus de faire des visites en anglais, avec des gens venant d’autres pays parce qu’ils ne peuvent plus avoir accès à la propriété au Grand-Duché. Pour reprendre les termes de certains corps diplomatiques avec lesquels je travaille, pour les gros portefeuilles luxembourgeois, surtout depuis le Brexit : Luxembourg, c’est le Hong Kong de l’Europe. Et qui n’a pas envie d’habiter à trente minutes du Hong Kong de l’Europe ?
Les non-travailleurs frontaliers peuvent-ils encore acheter ici ?
C’est très compliqué. Tout le monde recule vers la Meuse ou d’autres villes plus éloignées de la frontière. C’est comme une onde : les gens se décalent car ils ne peuvent plus acheter au Luxembourg. Ou même louer, puisque le problème se pose aussi pour la location. À Luxembourg-Ville, une chambre se loue entre 1 000 et 1 200 euros.
Vous voulez dire un appartement T1 ?
Non, juste une chambre, avec tout en commun. Une coloc’ quoi ! C’est très courant. Et ce qui se fait depuis quinze ans au Luxembourg arrive chez nous. J’observe ce phénomène depuis quatre ans à Longwy et dans son bassin : les gens n’arrivent plus à se loger, même en location. Certains de mes clients investisseurs ne louent plus leurs appartements, mais les chambres de ces biens. La rentabilité est multipliée. Et comme les gens n’arrivent pas à se loger, ils les remplissent. Moi, je ne fais pas de location. Pourtant, les gens sont tellement désespérés, par rapport au petit nombre d’offres, qu’on me sollicite toutes les semaines.
Propos recueillis par Xavier Jacquillard
(Le Républicain lorrain)
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