C’est le printemps. Les jonquilles fleurissent, les jours rallongent, les températures grimpent… et les impôts se rappellent à notre bon souvenir. Le service de déclaration des revenus en ligne a été ouvert le 9 avril et restera accessible jusqu’au 21 mai ou 4 juin 2026 selon les départements (voir ci-dessous). Comment remplir sa déclaration ? Doit-on communiquer les revenus issus des ventes Vinted ou Leboncoin ? Que faire avec ses cryptomonnaies ? On vous explique tout avec la Direction départementale des finances publiques (DDFiP) de la Marne.

Cette année entre en vigueur la taxe Barnier ou contribution différentielle sur les hauts revenus (CDHR). Visant à garantir une imposition minimale de 20 % pour les plus aisés, elle s’applique aux foyers dont le revenu fiscal de référence dépasse 250 000 euros pour une personne seule et 500 000 euros pour un couple et dont le taux d’imposition est inférieur à ce seuil. Les ménages concernés avaient versé un acompte sur la base du volontariat l’an passé, qui doit être déduit du montant total calculé cette année.
Les réductions et crédits d’impôts font aussi l’objet de changement. Le plafond sur les dons en faveur des organismes d’aide aux plus démunis est passé de 1 000 à 2 000 euros. Le taux de la réduction d’impôts est lui passé de 66 à 75 %. Cette réduction est un avantage fiscal qui s’applique au moment de payer l’impôt (attention, si vous n’êtes pas imposable, impossible d’en bénéficier). Un don de 1 000 euros à une association de victimes de violences conjugales, par exemple, représente une réduction d’impôts de 750 euros. Pour un montant à payer de 1 500 euros, vous ne paierez que 750 euros.
Enfin, en 2026, un nouveau barème d’imposition (voir ci-dessous) a été mis en place. Il a été revalorisé de 0,9 % pour chacune des tranches dans l’objectif de « neutraliser les effets de l’inflation sur l’imposition des ménages », précise l’administration.

Aujourd’hui, 90 % des ménages déclarent leurs revenus en ligne, sur le site impots.gouv.fr. « Nous recommandons à tout le monde de le faire, c’est plus simple et plus sécurisé », appuie Bruno Soulié, directeur de la DDFIP de la Marne.
Pour la plupart des foyers fiscaux, ceux dont les informations sont déjà connues de l’administration, les déclarations sont dites automatiques donc déjà préremplies. Employeurs, caisses de retraite ou caisses primaires d’assurance maladie transmettent leurs données aux finances publiques, qui les inscrivent dans la déclaration.
Le contribuable doit vérifier leur justesse et leur exhaustivité et signaler les changements intervenus durant l’année (déménagement, mariage…). En cas de revenus qui n’ont pas été signalés à l’administration ou de régimes spécifiques, il est nécessaire de reporter soi-même les renseignements. « On est acteur de sa déclaration dans tous les cas, rappelle Bruno Soulié, il est important d’être attentif et de bien vérifier. »

Il existe plusieurs possibilités distinctes pour diminuer le montant de l’impôt à payer : la déduction, la réduction et le crédit d’impôt.
La déduction est une somme retirée du revenu imposable. Pension alimentaire versée aux enfants ou frais professionnels peuvent ainsi être ôtés de la somme imposée. La réduction est une somme déduite du montant de l’impôt à payer, elle est ôtée du montant total que vous devez verser. Le crédit d’impôts concerne certains dispositifs comme la garde d’enfants ou l’emploi à domicile. Il s’agit d’une somme remboursée ou soustraite du montant de l’impôt.
Certaines réductions et certains crédits d’impôt peuvent donner droit à une avance. C’est le cas pour l’emploi à domicile ou les frais de garde d’enfants par exemple. En janvier, plus de 9 millions de foyers fiscaux ont bénéficié du versement d’un acompte de 60 % pour un montant moyen de 638 euros. Attention, dans le cadre des services à la personne, il est désormais nécessaire de préciser la nature et la modalité d’intervention de l’activité concernée.

Dans le Grand Est, près de 40 000 annonces ont été publiées sur Airbnb en 2025. Ces locations courtes de meublés génèrent des revenus imposables dès le premier euro. Il faut déclarer à l’administration fiscale le total des sommes perçues, loyers et charges locatives incluses.
Si les locations de tourisme classées (démarche facultative qui permet de valoriser le logement via des organismes évaluateurs accrédités) conservent leur abattement de 50 %, ce n’est plus le cas des locations non classées.
La mise en application de la loi Le Meur prévoit une réduction de leur abattement à 30 % pour un plafond maximal de 15 000 euros. Au-delà de ce seuil, les revenus devront être déclarés comme des bénéfices industriels et commerciaux (BIC). Le législateur espère ainsi maîtriser le parc des locations saisonnières pour améliorer l’accès au logement.

Bitcoin, Ethereum, ou Tether ont un temps flotté dans les angles morts de la réglementation. Ce n’est plus le cas, les cryptomonnaies sont maintenant déclarables et imposables. Plus exactement, les plus-values réalisées lors de la cession des actifs contre une monnaie fiat le sont, si elles dépassent 305 euros au cours de l’année.
Toutes les opérations, même en cas de moins-value, doivent être communiquées à l’administration. Il est déconseillé de tenter de soustraire un portefeuille néerlandais ou estonien du regard des agents : une directive entrant en vigueur en 2027 permet aux États européens d’échanger des informations directement auprès des prestataires de services sur cryptoactifs. « La DGFIP pourra identifier ceux qui n’ont pas déclaré et en tirer les conséquences fiscales », prévient l’administration.
Avec les plateformes de l’économie dite collaborative, on peut facilement brader les vêtements de son dressing ou brocanter les assiettes de grand-mère pour mettre un peu de parmesan dans les tagliatelles. Ces revenus accessoires doivent être déclarés mais ne sont généralement pas imposables. Si le total des recettes est supérieur à 2 000 euros ou que plus de 30 transactions ont été réalisées, sites et applications doivent fournir un récapitulatif des revenus des opérations effectuées en 2025. Ces informations sont normalement préremplies sur votre déclaration.
La vente de biens qui n’ont pas été achetés dans l’intention de faire un profit n’est pas imposable, sauf cas particuliers où la valeur de cession dépasse de 5 000 euros. Soyez attentifs si vous vendez par exemple des bijoux que vous avez fabriqués ou des objets achetés à un prix inférieur à celui de la revente ; ces revenus sont considérés comme des bénéfices industriels et commerciaux, donc soumis à l’impôt.
Dès qu’il n’y a plus de rattachement au foyer fiscal des parents, un jeune majeur est tenu de faire sa déclaration de revenus individuelle. Un courrier contenant vos identifiants de création d’un espace sur le site des Finances publiques est automatiquement envoyé pour la première déclaration.
L’âge n’offre pas d’exception : l’ensemble des revenus de l’année précédant la déclaration doit être déclaré, y compris les indemnités de stage, salaires de petits boulots ou bourses d’études (hors critères sociaux). La déclaration doit être faite même si aucun revenu n’a été touché ; dans ce cas, un avis de non-imposition sera édité, permettant de bénéficier des aides et prestations attribuées sous condition de ressources.

Si Cécile Pecheux, inspectrice dela DDFIP de la Marne, a une fabuleuse capacité à dégainer les acronymes et articles de loi, le commun des mortels est moins talentueux. Les finances publiques en sont conscientes. Depuis 2018 et la loi pour un État au service d’une société de confiance (Esoc), vous avez droit à l’erreur. Les déclarations peuvent être corrigées en ligne autant de fois que désiré jusqu’à la date limite de dépôt et sans pénalité.
En cas de doute lors du remplissage ou de la vérification de votre déclaration, vous pouvez l’indiquer dans un message ; les équipes de la DDFIP apporteront une réponse et les indications nécessaires. Et après l’avis d’imposition, un service de correction est ouvert jusqu’à la mi-décembre. « La relation de confiance entre les usagers et l’administration est importante, nous sommes là pour guider les ménages dans leur déclaration », explique l’experte.
Avant même l’erreur, tout est mis en œuvre pour qu’elle ne se produise pas. Bruno Soulié détaille : « À chaque étape, des informations accompagnent le déclarant, un moteur de recherche enrichi par l’IA est à disposition, de nombreuses fiches explicatives sont proposées… Nous conseillons vraiment de passer par la déclaration en ligne. C’est simple, sécurisé, et ça permet de bénéficier de tous ces outils. »
En complément de l’accompagnement disponible sur le site internet et l’application, les contribuables peuvent être aidés en personne. Les espaces France services (une trentaine rien que dans la Marne) reçoivent le public pour accompagner les usagers ou les orienter vers le service de la direction générale des finances publiques approprié.
Les antennes des services des impôts des particuliers proposent aussi des accueils sans rendez-vous ainsi que des permanences hebdomadaires avec un agent.
Enfin, le numéro national 0 809 401 401 permet de joindre un agent de l’administration fiscale du lundi au vendredi de 8 h 30 à 19 heures.
Le nombre de déclarations faites via l’application dédiée est passé de 500 000 à près d’un million en un an. « C’est simplifié avec une déclaration en quatre étapes et vous avez cette année la possibilité de poser vos questions sur une messagerie sécurisée », précise Cécile Pecheux, inspectrice des finances publiques. L’application peut être téléchargée sur l’App store et le Play store.
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