Introduction en bourse, opérations de croissance externe et positionnement sur de nouveaux segments, le site référent de petites annonces vit une année faste et s’affirme comme l’un des fleurons de la web-économie française. Son Pdg, Antoine Jouteau, retrace son parcours et aborde l’actualité du groupe.
Publié le 27 juin 2019 à 14h00 · Modifié le 2 janvier 2026 à 11h54
J’ai étudié la finance à SKEMA (ex-Ceram), à Sophia Antipolis. Je me souviens d’une école ouverte sur l’entreprise, très informatisée pour l’époque, tournée vers l’épanouissement des étudiants…
…Et aussi avant-gardiste sur l’international. Cela m’a permis d’élargir mes horizons. J’ai passé ma dernière année d’étude à Mexico. J’ai ensuite effectué un an à Paris-Dauphine pour me spécialiser en étude de marché, avant de rejoindre une filiale de France Telecom, TDF. J’ai travaillé ensuite pour les Pages Jaunes. Une période de sept ans très formatrice. J’ai pu aborder toutes les problématiques business développement et vivre ma première expérience de management.
Ils cherchaient quelqu’un issu d’un grand groupe, qui avait déjà travaillé sur des problématiques liées à la monétisation et qui voulait intégrer une startup. A l’époque,Le Bon Coin, c’était cinq personnes, aucunbusiness model, quelques millions de visiteurs sur le site. On devait passer nous-mêmes l’aspirateur dans la cuisine ! Mais j’avais envie de mettre les mains dans le cambouis et d’entreprendre.
Après avoir trouvé un business model, on a atteint le rentabilité et la profitabilité en moins d’un an. On a misé sur le« freemium »: l’utilisation gratuite de nos services et des options payantes, comme de la visibilité supplémentaire. On a aussi décidé que les pros étaient les bienvenus sur la plateforme avec la création de services ad hoc. Enfin, nos millions de visiteurs mensuels intéressaient forcément les annonceurs…
10 avril 2019, Le Bon Coin entre en bourse. Ou plutôt sa maison mère, le groupe norvégien Adevinta, propriétaire de la plateforme française et de quinze autres de ses avatars répartis à travers le Globe. Mais c’est bien en France que le concept s’est envolé, grâce notamment au travail d’Olivier Aizac, fondateur, et d’Antoine Jouteau, son bras droit, devenubig bossen 2015.« On n’est jamais seul maître à bord, il y a une équipe autour de soi, relativise-t-il. Cependant, mon niveau d’implication est très élevé et parfois il y a un peu de solitude. J’ai aussi un devoir de représentation, je suis un ambassadeur de la marque. »Un rôle qu’Antoine Jouteau assume, même s’il se montre plus à l’aise côté business. De ce côté justement,Le Bon Coinaffole les compteurs : 28 millions de visiteurs mensuels, 1 million d’annonces déposées chaque jour, 100 millions de transactions par an, 257 M€ de CA. Le sixième site internet le plus consulté en France a su épouser de nouveaux créneaux. L’immobilier, l’emploi (870.000 jobs pourvus en 2017) et depuis peu la location de vacances.« C’est une catégorie très populaire, où l’on peut réserver et payer en ligne, expose le PDG. On se positionne aussi clairement sur la mode et les services, deux domaines porteurs. »Antoine Jouteau a coutume de dire qu’une entreprise ressemble à son produit. Quel serait le profil de la sienne?« Une entreprise jeune, une équipe pragmatique, créative, engagée et proche de ses clients. »Innovante également, avec l’apparition d’intelligence artificielle sur la plateforme.« Notamment sur le contrôle des annonces et pour nos algorithmes de recommandations. Mais nous travaillons actuellement sur de nouvelles idées pour des services encore plus innovants. »
Les Français veulent mieux consommer, donner une seconde vie aux produits et bien sûr gagner de l’argent.Le Bon Coin, c’est un modèle vertueux qui permet tout cela. L’autre raison, c’est la facilité d’usage. La plateforme est accessible à tous, pas de barrière d’utilisation d’un point de vue technique.
Il n’y a pas de recette magique. Nous avons défini une vision ­— faciliter les échanges au quotidien avec les utilisateurs ­— et fédéré nos collaborateurs autour de ça. Avec une culture d’organisation apprenante. Nous sommes obsédés par le fait de corriger nos erreurs. L’entreprise s’est construite sur cesreviewsde projets. Il y a aussi des valeurs fortes. Tout le monde est soudé, nous sommes l’une desGreat Places To Worken France.
On a fait pas mal de croissance externe. Vide Dressing, A vendre à louer… Nous voulons nous déployer sur tous nos univers en privilégiant le mobile qui représente 80 % de l’usage. Bientôt, nous incluerons la possibilité de payer en ligne et la livraison. C’est une demande de nos utilisateurs.
Il faut relativiser, car cela reste une minorité. Sur 110 millions de transactions annuelles, on ne dénombre que quelques cas. Notre priorité, c’est la sécurité de la transaction. 800.000 annonces sont contrôlées chaque jour, à parution, par nos algorithmes. Il y a aussi la possibilité de signaler les annonces douteuses. Le paiement en ligne et la livraison fiabiliseront encore plus les transactions.
J’apprends beaucoup, je m’éclate, c’est excitant de se dire queLe Bon Coinchange tout le temps, grandit et embauche de nouveaux collaborateurs. Je n’ai pas l’impression de faire le même métier qu’il y a un an et tant que je ressentirai ça, je continuerai.
Propos recueillis par P-O BURDIN,pour RésoHebdoEcowww.facebook.com/resohebdoeco
• 1995, originaire d’Angers, il intègre le CERAM à Sophia Antipolis (PACA). Des études en marketing bouclées en 1998,
• 1999, premier poste chez TDF, filiale de France Telecom. Il travaille notamment sur la création d’un réseau de franchises autour de la TNT,
• 2001, entrée au sein du groupe SoLocal (Pages Jaunes) où il occupe successivement les fonctions de chef de produits, chef de marchés et responsable du développement UX,
• 2009,Le Bon Coin, valeur montante du numérique en France et propriété du groupe norvégien Schibsted, le débauche en tant que directeur de développement business,
•2015, il devient président du Bon Coin et poursuit le développement de la plateforme avec plusieurs rachats de sites internet, une introduction en bourse et l’incursion sur de nouveaux marchés.

Publié le 10 mars 2026 à 17h50
Publié le 9 mars 2026 à 13h00
Publié le 4 mars 2026 à 07h31
Publié le 20 février 2026 à 18h00
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J’ai étudié la finance à SKEMA (ex-Ceram), à Sophia Antipolis. Je me souviens d’une école ouverte sur l’entreprise, très informatisée pour l’époque, tournée vers l’épanouissement des étudiants…
…Et aussi avant-gardiste sur l’international. Cela m’a permis d’élargir mes horizons. J’ai passé ma dernière année d’étude à Mexico. J’ai ensuite effectué un an à Paris-Dauphine pour me spécialiser en étude de marché, avant de rejoindre une filiale de France Telecom, TDF. J’ai travaillé ensuite pour les Pages Jaunes. Une période de sept ans très formatrice. J’ai pu aborder toutes les problématiques business développement et vivre ma première expérience de management.
Ils cherchaient quelqu’un issu d’un grand groupe, qui avait déjà travaillé sur des problématiques liées à la monétisation et qui voulait intégrer une startup. A l’époque,Le Bon Coin, c’était cinq personnes, aucunbusiness model, quelques millions de visiteurs sur le site. On devait passer nous-mêmes l’aspirateur dans la cuisine ! Mais j’avais envie de mettre les mains dans le cambouis et d’entreprendre.
Après avoir trouvé un business model, on a atteint le rentabilité et la profitabilité en moins d’un an. On a misé sur le« freemium »: l’utilisation gratuite de nos services et des options payantes, comme de la visibilité supplémentaire. On a aussi décidé que les pros étaient les bienvenus sur la plateforme avec la création de services ad hoc. Enfin, nos millions de visiteurs mensuels intéressaient forcément les annonceurs…
10 avril 2019, Le Bon Coin entre en bourse. Ou plutôt sa maison mère, le groupe norvégien Adevinta, propriétaire de la plateforme française et de quinze autres de ses avatars répartis à travers le Globe. Mais c’est bien en France que le concept s’est envolé, grâce notamment au travail d’Olivier Aizac, fondateur, et d’Antoine Jouteau, son bras droit, devenubig bossen 2015.« On n’est jamais seul maître à bord, il y a une équipe autour de soi, relativise-t-il. Cependant, mon niveau d’implication est très élevé et parfois il y a un peu de solitude. J’ai aussi un devoir de représentation, je suis un ambassadeur de la marque. »Un rôle qu’Antoine Jouteau assume, même s’il se montre plus à l’aise côté business. De ce côté justement,Le Bon Coinaffole les compteurs : 28 millions de visiteurs mensuels, 1 million d’annonces déposées chaque jour, 100 millions de transactions par an, 257 M€ de CA. Le sixième site internet le plus consulté en France a su épouser de nouveaux créneaux. L’immobilier, l’emploi (870.000 jobs pourvus en 2017) et depuis peu la location de vacances.« C’est une catégorie très populaire, où l’on peut réserver et payer en ligne, expose le PDG. On se positionne aussi clairement sur la mode et les services, deux domaines porteurs. »Antoine Jouteau a coutume de dire qu’une entreprise ressemble à son produit. Quel serait le profil de la sienne?« Une entreprise jeune, une équipe pragmatique, créative, engagée et proche de ses clients. »Innovante également, avec l’apparition d’intelligence artificielle sur la plateforme.« Notamment sur le contrôle des annonces et pour nos algorithmes de recommandations. Mais nous travaillons actuellement sur de nouvelles idées pour des services encore plus innovants. »
Les Français veulent mieux consommer, donner une seconde vie aux produits et bien sûr gagner de l’argent.Le Bon Coin, c’est un modèle vertueux qui permet tout cela. L’autre raison, c’est la facilité d’usage. La plateforme est accessible à tous, pas de barrière d’utilisation d’un point de vue technique.
Il n’y a pas de recette magique. Nous avons défini une vision ­— faciliter les échanges au quotidien avec les utilisateurs ­— et fédéré nos collaborateurs autour de ça. Avec une culture d’organisation apprenante. Nous sommes obsédés par le fait de corriger nos erreurs. L’entreprise s’est construite sur cesreviewsde projets. Il y a aussi des valeurs fortes. Tout le monde est soudé, nous sommes l’une desGreat Places To Worken France.
On a fait pas mal de croissance externe. Vide Dressing, A vendre à louer… Nous voulons nous déployer sur tous nos univers en privilégiant le mobile qui représente 80 % de l’usage. Bientôt, nous incluerons la possibilité de payer en ligne et la livraison. C’est une demande de nos utilisateurs.
Il faut relativiser, car cela reste une minorité. Sur 110 millions de transactions annuelles, on ne dénombre que quelques cas. Notre priorité, c’est la sécurité de la transaction. 800.000 annonces sont contrôlées chaque jour, à parution, par nos algorithmes. Il y a aussi la possibilité de signaler les annonces douteuses. Le paiement en ligne et la livraison fiabiliseront encore plus les transactions.
J’apprends beaucoup, je m’éclate, c’est excitant de se dire queLe Bon Coinchange tout le temps, grandit et embauche de nouveaux collaborateurs. Je n’ai pas l’impression de faire le même métier qu’il y a un an et tant que je ressentirai ça, je continuerai.
Propos recueillis par P-O BURDIN,pour RésoHebdoEcowww.facebook.com/resohebdoeco
• 1995, originaire d’Angers, il intègre le CERAM à Sophia Antipolis (PACA). Des études en marketing bouclées en 1998,
• 1999, premier poste chez TDF, filiale de France Telecom. Il travaille notamment sur la création d’un réseau de franchises autour de la TNT,
• 2001, entrée au sein du groupe SoLocal (Pages Jaunes) où il occupe successivement les fonctions de chef de produits, chef de marchés et responsable du développement UX,
• 2009,Le Bon Coin, valeur montante du numérique en France et propriété du groupe norvégien Schibsted, le débauche en tant que directeur de développement business,
•2015, il devient président du Bon Coin et poursuit le développement de la plateforme avec plusieurs rachats de sites internet, une introduction en bourse et l’incursion sur de nouveaux marchés.

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