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Une arnaque bien rodée sur Le Bon Coin a conduit trois prévenus devant le tribunal de Cahors, ce jeudi. En jeu : une voiture vendue sans jamais être payée, puis remise en vente à un prix supérieur et de faux certificats.
Les arnaques sont Le Bon Coin sont monnaie courante. Et c’est un piège bien ficelé que le tribunal de Cahors a jugé, ce jeudi matin. Trois personnes étaient renvoyées devant la juridiction pour une escroquerie, commise le 3 décembre 2023 : Alicia* et Nikolai*, un couple, ainsi que Benjamin*, qui vit en caravane sur le terrain des deux premiers.
Tout commence avec César*, la victime de ce dossier. Ce dernier, non présent à l’audience, met une annonce en ligne sur le site Le Bon Coin pour vendre sa voiture. Prix établi : 2 500 euros pour cette Renault. Très vite, Alicia le contacte et se montre très intéressée. Le rendez-vous est donné, à Cahors, vers 22 h 30, en plein mois de décembre, pour la transaction. La prévenue vient accompagnée de Nikolai et Benjamin. « Madame dit qu’elle achète ce véhicule pour son père. Elle signe le certificat de cession au nom de cet homme. Cela ne surprend pas la victime, qui ne demande pas de pièce d’identité », détaille la présidente de l’audience. Avant de partir, la prévenue montre sur son téléphone qu’elle a bien fait le virement. Les trois Lotois ne repartent pas au volant de la voiture, car ils ne sont pas assurés pour la conduire, mais la charge sur un plateau remorque.
Cependant, quelques jours après, César ne reçoit pas de virement. « Il finit par comprendre qu’il a été trompé », affirme la présidente. L’homme dépose plainte. Dans son audition, il déclare : « J’ai tenté de rentrer en contact téléphonique mais je tombais sur la messagerie. Après, je ne pouvais même plus laisser de message car la boîte vocale était saturée. Je ne me suis pas méfié, je n’avais aucun soupçon ». Quelques jours plus tard, il se connecte sur Le Bon Coin. Surprise : il y trouve sa voiture de nouveau en vente. Et à une somme plus élevée : 2 600 euros. Alors qu’il avait accepté de laisser partir le véhicule à moins de 1 500 euros.
Les trois prévenus sont identifiés grâce à cette nouvelle annonce. Au domicile du couple, un faux certificat est trouvé. En effet, lors de la signature, Alicia avait donné un faux nom avant de refaire un certificat avec son vrai patronyme. Elle reconnaît l’arnaque : « On savait tous les trois ce qu’on allait faire. On a choisi la facilité. C’était immature et non responsable ». Son compagnon, Nikolai, aidé d’une interprète, et Benjamin affirment tous les deux que c’était son idée à elle. « Oui, je savais que l’argent ne serait pas versé. Comme on a rendu le véhicule, je ne pensais pas que c’était une infraction. On avait besoin d’argent ». À cette époque, Alicia était enceinte de leur première petite fille. Devant la juridiction cadurcienne, elle porte de nouveau un bébé.
Les trois prévenus ont des mentions sur leur casier judiciaire. Ni Alicia ni Nikolai ne travaillent. Cependant, la Lotoise compte reprendre des études pour devenir infirmière en septembre 2026. Une rentrée qui devait se faire un an plus tôt, mais repoussée à cause de la grossesse. De son côté, la procureure de la République affirme que « la victime a fait confiance, qui a été écorchée. Tout a été mis en place pour lui faire croire qu’elle allait être réglée. Les trois ont bien monté cette affaire ». Concernant Benjamin, elle requiert cinq mois de prison, n’ayant « même pas daigné venir à l’audience ». À l’encontre de Nikolai, cinq mois de prison assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans et à l’encontre d’Alicia, « l’instigatrice de toute cette affaire », six mois de prison assortis d’un sursis probatoire pendant deux ans. Elle demande qu’ils fassent tous deux un stage de citoyenneté à leur frais.
L’avocate des prévenus insiste : « C’est une décision qui s’est prise à trois. Les responsabilités sont partagées. Depuis la naissance de leur fille, ils ont arrêté tous ces comportements basés sur une immaturité et une impulsivité ». Après délibération, Benjamin est condamné à douze mois de prison avec mandat d’arrêt, Nikolai à douze mois de prison et Alicia à 125 jours-amendes à 25 euros par jour.
*prénoms modifiés