Votre carte bancaire arrive à expiration. Cliquez ici pour la mettre à jour et continuer à profiter de votre abonnement.
Votre carte bancaire a expiré. Sans action de votre part, votre abonnement risque d’être interrompu et vous perdrez tous vos avantages.
Le dossier est bouclé. Le propriétaire de cette bâtisse si particulière de la ville, située le long de la rue de la Roqueturière, à Aiguelongue, demande à la Drac le label Architecture contemporaine remarquable dans le but de la préserver. Histoire singulière.

Un mini-château posé là, le long de la rue de la Roqueturière, à quelques mètres des passants et des voitures. La villa des Cent regards interpelle avec ses colonnes, ses échauguettes, ses tours, ses hauts de murs en créneaux à la manière de dessins d’enfants… Montpellier a son palais idéal du Facteur Cheval. Elle aussi est l’œuvre d’un homme, de son imaginaire, de sa créativité, de son obsession. Ce qui valut à ce lieu le surnom de « maison du fada », trop péjoratif selon la famille. Et la différence entre les deux bâtisses, c’est qu’à Aiguelongue, Vittorio Grazi l’a non seulement entièrement construite de ses mains… mais il l’a aussi habitée. En famille, avec son épouse Ilda, qui a également et largement mis la main à la pâte et dans le ciment, et sa fille Esmeralda. Louis, l’aîné, engagé à 17 ans dans la marine, n’y a pas résidé.
Une résidence familiale donc. Et pourtant, vu de l’extérieur, difficile d’imaginer que ce château aux airs miniatures est habitable alors qu’elle compte environ 150 m2 habitables : deux pièces à l’étage, dont la chambre de Vittorio, mais l’essentiel est en bas des escaliers en colimaçon, quasiment en sous-sol, avec ce qui était la cuisine et la chambre que partageaient Ilda et Electra et qui bénéficiait de la chaleur du poêle.
« Cette maison, elle n’était jamais finie », se rappelle Electra, qui y a vécu jusqu’à ses 21 ans. Vittorio, l’Italien né en Lombardie et qui est venu en France pour fuir le fascisme, a passé plus de trois décennies à la construire : de 1937 quand ils ont acheté le terrain, jusqu’à sa mort en 1970.
« L’originalité, c’est qu’elle est entièrement fabriquée en béton armé, même les portes et les volets, explique Alain Viricel, membre de l’association “Villa des Cent regards”, et qui a passé la période Covid a rénové le lieu. Vittorio avait fait les Beaux-arts à Rome, en cimenterie. Et même après son arrivée en France, il avait continué à se perfectionner, par correspondance. Et puis il maîtrisait parfaitement le coffrage. »

L’homme était maçon de profession et de passion, avec un savoir-faire reconnu puisqu’il est notamment intervenu dans l’église Sainte-Bernadette, voisine. Dans son jardin, on retrouve ainsi la Babotte, la tour de la Reine d’Aigues-Mortes, la cathédrale de Montpellier ou l’arc de triomphe. « La tour est peut-être l’élément le plus remarquable de la villa, confie Alain Viricel. De là-haut, on voyait la mer, c’était ce qui lui restait de son autre passion : il voulait être marin. On reconnaît aussi ces bandes, typiques de l’architecture mussolinienne. »
Depuis 1970, l’édifice a connu plusieurs vies. Un temps promise à la destruction, elle a également été squattée. Alors ouverte aux quatre vents, nombre de jeunes Montpelliérains y ont fumé leurs premières cigarettes en cachette. Jusqu’à ce qu’un voisin ne la rachète (lire ci-contre). Sa motivation ? Préserver ce patrimoine exceptionnel. « On crève d’uniformité », souligne-t-il. Alors prenons-en soin.

À sa retraite, Michel Fressoz, ancien directeur régional du centre national de la fonction publique territoriale, avait monté une galerie d’art : la galerie Saint-Jaumes. Alors quand ce voisin immédiat de la villa des Cent regards a su que la municipalité de l’époque, propriétaire du lieu, pensait raser la bâtisse, il s’en est ému.
"Cela aurait été dommage de la détruire. J’en avais parlé à l’adjoint au maire en charge de la culture à l’époque, Henri Talvat. Il m’avait dit : si vous ne voulez pas qu’elle soit démolie, rachetez-la." C’était en 2004. Michel Fressoz l’acquiert alors un peu plus de 100 000 € et en fait son nouveau lieu d’expositions et de culture.
Dans le contrat, il est stipulé que la villa ne doit pas être démolie dans les vingt ans qui suivent. La clause a pris fin en 2024. D’où la demande du propriétaire d’un label d’Architecture contemporaine remarquable. Pour la préserver. "La mairie aussi a en pris conscience. Sur le nouveau PLU, il est noté que c’était un exemple d’architecture brut. C’est plus difficile de la détruire aujourd’hui qu’il y a vingt ans."
Michel Fressoz a une pensée plus lointaine à l’esprit. Il sait que ce sera encore plus compliqué mais il espère ensuite déposer une demande de reconnaissance de monument historique auprès des Bâtiments de France. Si tel était le cas, la villa des Cent regards serait alors définitivement sanctuarisée.
619000 €
MTP AIGUELONGUE. Lot de 3 appartements vendus loués de type 2 pièces avec p[…]
69000 €
MONTPELLIER – PLACE CARNOT Dans un petit immeuble de 13 lots, l'agence Immo[…]
94000 €
Au pied du Tramway Garcia Lorca, proche Gare, Mairie, Accès Aéroport, Spaci[…]
J’ai déjà un compte
Je n’ai pas de compte
Vous souhaitez suivre ce fil de discussion ?
Souhaitez-vous recevoir une notification lors de la réponse d’un(e) internaute à votre commentaire ?
C'est laid, un espèce de blockhaus qui se prend pour un château.
Mais tellement plus intéressant que le « beau » officiel !
« On c… d'uniformité » : il a bien raison! Encore plus de s'adresser à la DRAC plutôt qu'aux services municipaux qui, au mieux, exigeraient un ravalement bien blanc et des volets bien « gris de Montpellier », et au pire l'exproprieraient pour que la SA3M puisse bétonner la parcelle…
Au fait la maison a été faite en béton par le premier propriétaire, peu être a t'il donné l'idée à la municipalité pour la suite