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La place Degeyter attend toujours son second souffle. Inauguré en 2007, cet espace se voulait le symbole du renouveau de tout le quartier populaire de Lille-Fives. Aujourd’hui, les commerçants installés dans une partie des cellules commerciales font grise mine. Selon une étude de la chambre de métiers et de l’artisanat auprès de quinze commerçants de la rue Pierre-Legrand, neuf gérants annoncent vouloir mettre prochainement la clé sous la porte.
En cause, les loyers excessifs, l’insécurité grandissante et le manque de propreté et de places de stationnement. « Contrairement aux promesses, le quartier n’a pas évolué dans le bon sens, témoigne une salariée du salon de coiffure Jean-Louis David, qui fermera l’année prochaine. On a tenté l’aventure, mais là ce n’est plus possible. En plus, avec les loyers élevés, on ne gagne pas d’argent. »
Les loyers, un problème

Pour Claude Sohet, le président de la Fédération lilloise du commerce, à la tête d’une boulangerie sur la place, les loyers sont trop chers par rapport au secteur. « Je paie 3 000 euros par mois, nous confie-t-il. Le problème, c’est que le propriétaire ne veut pas les baisser. Il préfère avoir des locaux commerciaux vides, mais pouvoir continuer à spéculer sur de l’immobilier. »
Consciente que le renouveau urbain promis est au point mort, Martine Aubry, maire de Lille, a décidé de s’appuyer sur l’occupation du domaine public pour redynamiser cette zone. « Nous allons multiplier les animations sur la place et lancer, dès le printemps, un marché chaque mardi, indique à metronews Sébastien Duhem, président du conseil de quartier et conseiller municipal à la propreté. Pour lutter contre les trafics, des brigades automobiles ou à pied patrouillent régulièrement, la lumière va être améliorée en soirée et un traitement quotidien de la propreté est désormais réalisé. »
Quid des loyers ? Si les commerçants plaident pour le rachat des bâtiments par un bailleur social, la mairie se veut incitative. Une table ronde entre le propriétaire et les commerçants sera organisée dans les jours à venir. « Les prix sont effectivement exorbitants, concède Sébastien Duhem. Il faut trouver un accord pour rendre cette place attractive ». Le futur quartier de Fives-Cail devrait aussi y contribuer, avec la livraison d’un premier lot de 450 logements en 2017. De quoi attirer une nouvelle classe moyenne.
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